La crise sociale se profile

Le malheur des uns ne fait pas forcément le bonheur des autres. A droite on se délecte ouvertement de la cacophonie du PS, tout en reconnaissant comme Patrick Devedjian que, « Les Français ont besoin d’une opposition crédible ». Après la crise financière et la crise économique les clignotants passent au rouge et laissent présager l’émergence d’une crise sociale. Faute d’une courroie de transmission structurée le gouvernement a tout à craindre de mouvements autonomes, difficilement prévisibles et contrôlables.
Les rebondissements du parti socialiste éclipsent opportunément une semaine ponctuée de conflits sociaux. Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, a rappelé, dimanche sur France Info, qu’ ”il y a une urgence à se pencher sur la situation sociale” de la France.
Après Air France la semaine passée, ce sont les services publics qui vont se mettre en grève cette semaine. Les syndicats de la Poste, de la SNCF et de l’Education nationale, contestant des réformes annoncées par leur direction, appellent à des journées de mobilisation durant la semaine.
Ces mouvements sont à rapprocher de la note de conjoncture publiée le 7 octobre par une association professionnelle (Entreprise et personnel) qui regroupe plus de 150 responsables de ressources humaines de grandes entreprises. Ce document intitulé « La déchirure », évoqué dans Le Monde 2 du 18 octobre, dresse un constat alarmiste de la situation sociale. Selon les auteurs, tous les ingrédients d’une crise sociale sont réunis ; faible adhésion au pouvoir, absence d’alternative politique crédible, multiplication probable des situations personnelles difficiles et des frustrations et, montée de la conflictualité dans nombre d’entreprises contraintes à la rigueur voire aux réductions d’effectifs.
Et pourtant le quotidien Les Echos dans son édition électronique du 18 novembre reprend les conclusions d’un autre baromètre de DRH (CSC) qui relève à l’inverse que les indicateurs classiques de grogne sociale sont en baisse. A l’appui de ce constat, la chute de 84% du nombre de jours de grève mais aussi des litiges aux conseils des prud’hommes (-64 %) tandis que les licenciements pour faute et les affaires de harcèlement moral ont décliné, respectivement de 67 % et 74 %.
Pas de conclusions hâtives pour autant. Les DRH reconnaissent que les conflits, de plus en plus individuels, sont désormais plus difficilement perceptibles. Le gouvernement se trouve donc contraint à naviguer à vue, alors que l’hostilité à son égard est croissante.
Les candidats du PS au poste de Premier secrétaire ne s’y sont pas trompés. Tous sans exception ont tenu un discours résolument à gauche alors qu’il y a quelques mois encore, la droitisation du PS semblait un phénomène inexorable. Et tous ont promis que le Parti socialiste allait « redescendre dans la rue sur la question sociale ».
Bernard Thibault ex interlocuteur syndical préféré de Nicolas Sarkozy a de son côté appelé lundi à plus de mobilisation sociale « moi je souhaite qu’il y en ait encore davantage, sinon les salariés risquent d’être les vrais sacrifiés de cette période ». Le secrétaire général de la CGT a demandé au président de la république lui-même d’avoir une réunion en urgence sur la situation sociale.
Selon Le Figaro qui reprend une source gouvernementale, ce qui inquiète en fait le gouvernement, c’est la propagation du mécontentement social en dehors de la sphère publique au printemps : « Si la crise économique s’installe et que le chômage augmente, la contestation peut très vite se propager à l’ensemble de l’économie et devenir difficile à gérer, avoue une source gouvernementale. On sera alors à la merci d’une erreur sur une mesure anodine ou d’une réforme mal expliquée. »
38 réactions à cet article
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90.000 supressions d’emploi en 2009, annonce le Gvt.
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Bonjour,
Patrick Devedjian dit que, « Les Français ont besoin d’une opposition crédible ». Devedjan en conseillé d’opposition, a mourir de rire y doute de rien ce con ! Le Devedjian ose tous et c’est à ça qu’on le reconnaît !-
ça va mal en ce moment ,et dans tous les secteurs ...
ce matin ,je suis allé faire faire ma vidange chez Midas ,il n’y a plus que 3 salariés plus la gérante ,il ont débauché 5 personnes dans l’agence où je vais habituellement ,pour chômage économique !-
Le taux de participation aux élections prud’homales sera un bon indicateur de la température sociale (3/12/08) et bien entendu les scores des différents syndicats..
La crise est devant nous. Certains pensent qu’il ne se passera rien, que les gens baisseront la tête et subiront. Je pense qu’ils ont tort de penser cela et qu’un mouvement dur peut démarrer du jour au lendemain à partir d’une simple péccadille. Le risque c’est qu’on bascule dans l’émeute et l’affrontement physique dur, dans la jacquerie car certaines professions sont le dos au mur.
L’argent utilisé à milliards pour renflouer le système financier dont on explique aux gens qu’il ne savait même pas ce qu’il achetait (Cf subprimes et autres dérivés), les centaines de millions évaporés en quelques clics de souris, et tout le reste ... la coupe est pleine. La plus petite vibration risque de la renverser. Ce gouvernement veut pratiquer la stratégie du choc. Il s’en mordra les doigts.
Beaucoup ont oublié qu’il n’y a en France que 24 millions de personnes qui travaillent (salariés, artisans, agriculteurs, ....) et que ce sont elles qui peuvent ou non paralyser le pays. Donc, les sondages d’opinion sont souvent sans valeur si on n’examine pas le détail : que valent les opinions des inactifs quand il s’agit de répondre au bien fondé de la retraite à 70 ans ou du travail le dimanche ? Ils ne peuvent faire entendre leur voix que lors des élections. Les actifs, eux, peuvent le faire quand ils le désirent car eux seuls ont un moyen de pression hors les élections.
Si en plus une bonne proportion d’inactifs, inquiets de leur avenir, fait cause commune avec les actifs, la note risque d’être lourde pour l’UMP.
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Je voudrai ajouter que le PS ne pouvait pas rêver mieux que de ne pas être aux affaires ! La droite doit gérer une crise de droite et qui plus est une crise mondiale.
Vous avez remarqué l’assourdissant silence du ’’meilleur d’entre nous’’, bien planqué dans sa mairie de Bordeaux !!!!! -
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Non, Garibaldi, je crains fort que le taux de participation aux élections prud’hommales ne soit guère représentatif tant les salariés se méfient de tout et se replient sur eux-mêmes.
Cela dit, il est indiscutable que le feu couve, mais bien malin qui peut dire quand l’incendie éclatera... s’il se déclare un jour. Mais si tel est le cas, alors il est probable qu’il sera d’autant plus violent que les organisations syndicales seront probablement débordées par l’émergence de coordinations incontrôlables. -
sans vouloir minimiser la portée de votre propos, j’ai souvenir du Général de Gaulle, qui disait : les français sont des veaux...comme la résistance au changement est très forte, rien n’a guère changé depuis cette remarque , de sorte qu’il n’y aura guère de manif ni révolution.. !
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Vous oubliez mai 68, et aussi 1789, 1848, 1870, les veaux ont souvent tendance à se rebiffer par rapport aux autres peuples ! Il suffit juste que la coupe soit pleine !
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de toute évidence, s’il y a quelqu’un qui prendra cher dans cette crise, ce sera le pekin moyen, au pouvoir d’achat déjà limité, qui s’en sort encore pour le moment et qui risque de se retrouver sur la paille au printemps, suite à un plan social dans çà petite entreprise qui ne connaissait pas la crise pour le moment...
Sarko et son gouvernement resteront le cul bien au chaud et se retrouveront au pire victime d"un remaniement ministerielpour les uns, une cohabitation pour l’autre donc rien de grave en prévision pour eux.
Ils se trouveront une planque dans une administration lambda a repenser à leur gloire passée un nespresso dans une main, et une souris dans l’autre à chercher une destination sur lastminute.com pour les congés qu’approchent....
la communication du gouvernement c’est de la poudre jettée au yeux de la plèbe. Tout le monde s’en contrefout des Français et de leurs inquiètude. Ne compte que leur carrière... qu’ils aillent au diable.-
Même pas besoin de se trouver une planque quand on voit les rémunérations des ministres/parlementaires/hauts fonctionnaires. Les députés ne se sont-ils pas encore voté récemment des augmentations en montant et en durée de leurs indemnités ? La transparence est si parfaite que je trouve peu d’info sur le sujet. Ca plus les éventuels pots de vin que 2/3 d’entre eux ne doivent pas manquer de toucher régulièrement, je vois pas comment le sort des citoyens lambda les préoccuperait pour la plupart .
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Et j’oubliais bien sûr le cumul de plusieurs mandats
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Si toi tu le sais, d’autres le savent et c’est comme ça qu’une information censurée se répand ! Je crois que les signaux se multiplient (voir le sujet sur le "Risque d’opinion" sur cette même page), ils sont aux aguets. Ils ne savent pas plus que nous d’où partira le clash, peut-être d’ailleurs n’y aura-t-il pas de clash selon l’idée qu’on s’en fait, ce pourrait être plus sournois, d’ordre souterrain, mais ce j’en pense c’est qu’il est déjà en train de se passer quelque chose.
Moi c’est l’ensuite qui m’intéresse. Virer le gang en place est une chose. Mais pour le remplacer par quoi ? Le gang en face ? Un ramassis d’escrocs.
Voyez ce qu’il s’est passé ces jours-ci à Levallois. Deux ados accusés d’avoir mis le boxon au conseil municipal de Balkany. Emmenés manu militari par les flics et toujours en garde à vue à l’heure qu’il est. Ces ados sont fils de coco et militants de gauche tous azimuts. Ils ont groupés en effet tous les courants de la gauche au sein de leur assos en faveur du logement, qui dénonce entre autres l’attribution d’un logement social à M. Henri Leconte, ami perso de Balkany et de qui-vous-savez.
Et vous croyez que Besancenot, Buffet, Aubry, Hamon, Royal, Hollande and co se sont déplacés pour réclamer la libération des deux ados (qui soit dit en passant ont été passablement abimés par la milice municipale de Balkany lors de leur arrestation), la démission de Balkany ?
Que dalle ! Des clous ! Juste une déclaration collective à l’AFP, paraît-il. Des mots. On a l’habitude.
Comme quoi, les deux jeunes auraient mieux faits de s’intéresser à leur Playstation, comme les autres de leur âge que l’on accuse de se foutre de tout, à commencer par la politique.
Quoi donc, après le clash ? Si survient un clash ?
Chépô !
Pour moi, la classe politique de ce pays, dans sa quasi intégralité, ne vaut pas l’étron sur quoi on pose le pied par mégarde. Faudra peut-être se prendre par la main, tous tant qu’on y est, pour se refaire une démocratie. Sans quoi nos tombeaux seront zébrés des mollards de nos lardons, et ils n’auront pas tort... -
En effet, l’exemple que vous citez est emblématique. Je suis entièrement de votre avis.
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@ Absurde : Voila ce que disait (extrait) un jeune à propos de ce collectif dans une interview donnée à Rouge en mars 2008... Comme vous pouvez le voir il s’agit d’un collectif qui se bouge, va sur les marchés de la ville, se réunit etc. et dans lequel se trouvent des militants d’organisations (pas toutes !) que vous conspuez dans votre post. Le collectif réagira soyez en sûr et fera face à la répression sur Levallois... J’espère que vous viendrez les soutenir à la prochaine manif et ne cracherez alors que dans les gueules qui le méritent...
B. Anglade – C’est un collectif qui rassemble des gens rencontrant des problèmes de logement, mais aussi des lycéens de Léonard-de-Vinci, des habitants de la ville et différentes organisations (LCR, JCR, PCF, CGT, FSU, CNL, SUD, les Verts, etc.). Nous nous réunissons tous les mardis pour discuter et suivre les dossiers. En temps normal, nous distribuons des tracts tous les dimanches au marché. Depuis que ce collectif est créé, et grâce à la mobilisation que nous avons impulsée, nous avons obtenu de petites victoires. À la suite de plusieurs manifestations et d’un envahissement du conseil municipal, nous avons obtenu d’avoir des rencontres régulières avec la mairie, afin de lui présenter les problèmes que nous avons recensés. Nous avons aussi réussi à empêcher une nouvelle expulsion, celle de Denise et de ses trois enfants. Avec le collectif, on se bat sur des cas concrets mais, plus largement, on se bat pour un vrai droit au logement pour tous. On se bat pour l’application de la loi SRU1 et pour la construction de logements sociaux, pour que la loi sur la réquisition des logements vides soit appliquée. On se bat aussi pour qu’il y ait une transparence dans l’attribution des logements sociaux à Levallois. Nous sommes devenus la bête noire de Balkany. Lors du dernier conseil municipal précédant les élections, nous avons organisé un rassemblement de près de 100 personnes. Aux cris de « Expulser Balkany, reloger les sans-logis », nous avons un peu perturbé leurs réjouissances de fin de mandat… -
Bon, on se bat, on se bat, on se bat, il y a quelques résultats mais Balkany est toujours en place et il continue à sévir, soutenu par son petit électorat de braves gens ordinaires. Or le lourd passif de Balkany offre largement matière à son éviction, les dossiers ne manquent pas et la gauche ne manque pas non plus d’avocats de renom qui pourraient ressortir quelques dossiers susceptibles de débarrasser Levallois de cet individu. S’il existait une solidarité à gauche, Balkany serait à l’heure qu’il est promis aux Assises, les menottes aux poignets, cuisiné par les flics de la République. Mais il n’y a pas de solidarité à gauche et Balkany va continuer de s’appuyer sur sa légitimité électorale pour se servir de sa police municipale comme d’une milice. Et c’est pour ça qu’on n’y arrivera pas, vois-tu ? Des Balkany, on en a une collection dans ce pays, à droite comme à gauche, ils sont là et bien là à régner sans partage sur leur fief et ils le doivent au suffrage universel. Ils peuvent commettre les pires impairs, ce sera toujours une poignée d’individus qui les dénonceront et qui en prendront plein la gueule dans l’indifférence de ceux dont ils se réclament. La petite gauche française me donne envie de vomir. C’est bien de se battre, de se battre, de se battre et de dire dans Rouge ou dans l’Huma qu’on se bat, mais ça serait tellement mieux d’être devant le commissariat de Levallois quand on s’appelle Buffet, Besancenot, Laguiller ou Thibaut, quand deux ados y ont été emmenés comme des malfrats, après avoir été molestés, pour s’être opposés aux manigances d’une canaille, fusse-t-elle élue "démocratiquement".
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Pas de quoi s’énerver....
Bertrand envisage de fortes baisses de salaires
"Le risque est réel pour des milliers de salariés de perdre 15 à 20% de leur rémunération" en raison de la crise, indique le ministre du Travail Xavier Bertrand, qui justifie ainsi l’assouplissement de la réglementation sur le travail le dimanche.
Travailler plus, même le dimanche, jusqu’à 70 ans, pour des salaires de misère, pour arriver à survivre ; bienvenue dans l’économie de marché, la plus propice à "l’épanouissement personnel".
Qu’on relance les banques, qu’on laisse les entreprises licencier, délocaliser, baisser les salaires ; c’est ça, la "refondation du capitalisme" !
Alors ? Heureux ?
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Ce n’est qu’un lâcher de ballon-sonde, histoire de nous tester. L’étape suivante sera marquée par l’indignation ordinaire des syndicos. Je te mets mon ticket que le camarade Thibaut nous assurera que "ça bout dans la marmite". Enfin ce seront les négociations "où chacun sera appelé à prendre ses responsabilités"... et les prendra avec force poignées de mains devant les caméras.
La suite, pas besoin de vous faire un dessin. -
par Absurde 							 														 (IP:xxx.x14.165.107) le 19 novembre 2008 à 20H20 							 							
																																					
La suite, pas besoin de vous faire un dessin.
Si, si ; moi, je ne suis pas voyant : j’aime bien qu’on m’explique...
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Je ne suis pas voyant non plus, rassurez-vous !
La suite, ce sera quelque chose du genre baisse de salaires dans une fourchette de 7 à 10% (parce qu’il ne faut pas non plus exagérer) tout ça bien empaqueté, expliqué, et assorti d’éventuelle contrepartie sous forme de miettes, primes à ceci ou à cela, baisse microscopique de la TVA, bref, du vent... L’important sur ce coup-là étant de nous fourguer le travail le dimanche sans volontariat pour nous préparer à la suite de la suite, à savoir le travail de nuit au prix du jour y compris pour les mères de famille (c’est déjà un peu le cas avec les caissières de la grande distribution), l’abolition du Smic, la généralisation du RSA, et sous un an maximum une réforme des congés-payés où nous serons invités à ouvrir un compte avec une organisation de vacances partenaire de notre entreprise, voire à devenir actionnaire, ceci pour pouvoir bénéficier de séjours tout confort à n’importe quel moment de l’année où le patron jugera opportun que nous prenions nos deux semaines annuelles de vacances, et de préférence où il aura décidé que nous partions en vacances.
Mais comme vous le dites si bien, y’a pas vraiment de quoi s’énerver, hein ?
Une dernière, pour la route ?
L’ouverture de camps de rééducation dans quelque DOM-TOM tropicale, à l’intention des délinquants de mon genre.
Mais d’ici là, je serai passé à l’Ouest.
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Oui ; scénario très possible...
Ca va serrer les boulons de tous les côtés, pour permettre aux banques et aux spéculateurs de pouvoir reprendre leur traficotage de "l’économie de marché", tellement irremplaçable...
C’est beau, le progrès, hein ?
Moi aussi, je serai passé ailleurs, dans pas longtemps...
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Attention tout de même de ne pas prendre nos désirs pour des réalités. On est en train de s’échauffer, là, mais il suffit de regarder dehors pour voir le monde tourner comme à l’ordinaire. Il y a loin entre le râlage courant, qui est tout de même le propre des franchouilles, et le passage à l’acte que certains d’entre nous espèreraient apocalyptique. Le neuroleptique du crédit à la consommation va continuer d’agir un certain temps sur les comportements, les braves gens ne vont pas tourner le dos au petit confort auquel ils ont accédé par la magie des traites, et c’est pourquoi je ne crois pas que les patrons prendront le risque d’une baisse des salaires alors que les gens sont engagés dans des crédits, et que cela contribue à ce qu’ils se tiennent à carreau.
N’oublions pas, par ailleurs, que ce que nous appelons la "casse sociale" n’est rien d’autre qu’un train de mesures allant dans le sens des intérêts des multinationales et qui nous est imposé, comme aux voisins, par l’OMC via Bruxelles ; que Sarko et sa clique sont chargés de mettre en place ce train de mesures, que la gauche ferait la même chose si elle était au pouvoir, et que les syndicats jadis ouvriers ont leur rôle à jouer dans la mise en place de ce programme.
Ce que j’entends par là c’est que le malaise que nous connaissons est aussi patent dans les autres pays européens. Même si on ne nous en parle guère. Ici et là naissent des mouvements (je pense à la manif de Rome, le mois dernier) dont on est bien forcés de constater que s’ils peuvent rassembler, ils ne tiennent pas sur la durée, ils restent des épiphénomènes.
On est loin du compte. Il y a un mécontentement, il y a une impopularité du gouvernement actuel, il y a une défiance de plus en plus massive à l’endroit des partis politiques d’opposition et des syndicats, mais cela forme un ensemble désordonné qui n’a pas d’objet fédérateur, et qui jusqu’à présent ne se solde guère que par des mots. En face, je vous promets qu’ils sont tous parfaitement d’accord, soudés, organisés, solidaires et conscients de ce qui se passe et de ce qu’il pourrait se passer... et qu’ils vont faire en sorte que cela ne se passe pas, du moins à une grande échelle. Il serait naïf de les prendre pour les imbéciles qu’ils ne sont pas. Les imbéciles c’est nous, qui sommes là à défaire le monde comme autour d’un rade de bistrot pendant qu’eux se sont donné les moyens non seulement d’agir mais en outre, de se garantir une impunité quasi totale en cas de grabuge. Le pouvoir ils le détiennent, et ils le détiendront tant que nous nous contenterons de nous masturber en groupe sur ces pages web mises à notre disposition.
Il y a des activistes qui, probablement, sont en train de préparer un gros coup. Tout porte à croire, d’ailleurs, que quelque chose est en train de se passer. Mais c’est sous notre nez, rien à voir avec nos attentes de pères de familles trouillards d’un avenir qu’à loisir on nous promet sinistre pour achever de nous casser le moral.
Je suis extrêmement pessimiste quant à la réactivité de nos "concitoyens" quoi qu’il arrive. Je ne crois pas du tout à la survenue d’une lame de fond. Je crois par contre à un effondrement de la nation, lent processus entamé de longue date, et qui est en oeuvre, et dont l’élection de Sarkozy était l’un des symptômes majeurs, une espèce de pourrissement sans fin dans quoi nous allons continuer de nous enfoncer, et dans trois ans d’ici nous en serons encore à nous faire croire, dans les pages des forums, que ça pètera un jour, peut-être, que les gens vont enfin se réveiller.
Perso, je n’ai jamais vu de morts se réveiller. -
Analyse très juste, hélas...
Je crains qu’au delà des indignations et des sentiments de révolte personnelles, la machine verrouille suffisamment les choses pour empêcher toute rébellion concertée et organisée.
Du coup, il est à craindre, de plus en plus, des actions extrèmes, dont l’appareil profitera pour enclencher le cycle de répression d’un état de plus en plus policier.
Le web ne servirait plus que de défouloir, sans trop de danger pour ceux qui le mettront de plus en plus sous contrôle.
C’est pourtant, encore (jusqu’à quand ?) le rare moyen d’essayer d’éveiller les consciences, et de mobiliser les citoyens.
Le pire n’est jamais sûr, pour peu que les structures d’une solidarité se mettent en place.
On va continuer à pousser le rocher... -
Serait-ce le calme avant la tempête ? L’oeil du cyclone ? J’en accepte l’augure en m’étonnant un peu, car j’avoue que je désespère encore de voir les français se réveiller enfin
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Cet article est excellent, j’ai apprécié
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Fergus, je suis persuadé que les prudhomales seront un bon test et que les syndicats ’tièdes’ ne vont pas faire recette.
Les syndicats ’durs’, comme la CGT, laisseront la base démarrer le mouvement et pourront ainsi placer le gouvernement face à un dilemme : soit vous négociez avec nous pour une sortie par le haut, soit vous vous démerdez avec la rue.
Mai 68 tenait plus du grand happening que de la ’révolution’ : quelques voitures brûlées rue Gay-Lussac, heureusement seulement 2 ou 3 morts (hélas) et plus par maladresse des forces de l’ordre que par tabassage. Le préfet de police de Paris, Monsieur Grimaud, salué par tous pour son sang froid, venait même discuter avec les représentants des manifestants pour éviter les affrontements. La fin de la récré a été vite sifflée et la France a connu un boom économique et une grande libération des moeurs. Les gens ont eu un espoir de lendemains meilleurs. Les syndicats ont tenu leurs troupes. Le PCF était légitimiste, ce qui lui fut reproché à l’époque par des Serge July et autres ! Les gaullistes c’était la droite ’sociale’.
La situation actuelle est très différente. Beaucoup de gens sont le dos au mur. On risque réellement l’émeute. Jamais en 68 on n’aurait imaginé détruire l’outil de travail en menaçant : ’on veut 20.000 euros, sinon boum’ ! Ce qui a changé aussi beaucoup, c’est les moyens de communication. Tout va très vite et donc tout peut dégénérer très rapidement.
C’est pourquoi je pense que la situation actuelle ne peut être comparée à aucune autre auparavant. Sarkozy n’a pas les épaules ni le prestige d’un De Gaulle. Il ne lui suffira pas de venir parler à la télé pour passer toute la France au karsher !
Le pays est fragilisé. Le moindre problème risque d’accélérer la crise. Les licenciements vont aller crescendo. Effet boule de neige, domino, ... les 10 faits divers du jour claironnés par les médias ne pourront pas éternellement détourner l’attention des gens. Je pensais que ça serait rude, mais aujourd’hui, après avoir écouté les gens dans les transports en commun, je pense que ce sera sanglant car le ras le bol est encore plus fort que je ne l’imaginais.
Un signe qui ne trompe pas : il y a toujours des gens pour râler contre la grève annoncé à la SNCF mais aussitôt tempéré par un ’ils ont bien raison de ne pas se laisser faire, on n’a qu’à faire comme eux, on nous prend trop pour des cons’. D’ailleurs, l’éternel :’on nous prend en otage’ commence à se faire très rare dans les micros trottoir, surtout quand il y a du monde autour !
Voilà c’est ma vision de la situation sociale actuelle.-
Il est 1 heure du mat ce jeudi. Le Dow plonge de 5,07% et le Nasdaq Composite de 6,53%. La glissade est sans fin car c’est le système qui s’écroule. Au fond je me demande si les émeutes ne vont pas d’abord commencer aux USA !
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Dans quel secteur où tout va bien ? Celui de nos élus à l’assemblée qui se sont votés des rallonges, et ceux qui nous gouvernent. Pour eux pas de problème de fin de mois.
Pour les autres la situation s’aggrave et de quelque coté que l’on se tourne, il n’y a pas de porte de sortie. Ce que je crains le plus, c’est qu’une explosion violente éclate quelque part.
Notre gouvernement n’y va pas dans la dentelle. Malgré cette "dépression économique", la casse sociale continue. Ils y vont d’autant plus fort qu’en face, c’est le vide, le néant. Le programme du MEDEF (indépassable pour le P.S jusqu’à il y a peu) doit être appliqué de toute urgence.
Chérèque est prêt à négocier tout et n’importe quoi avec Sarko, son égo est flatté, Thibault ne sert plus à grand chose pour Sarko.
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Concernant >Chérèque, ce n’est plus d’actualité. Après avoir, comme Notat naguère, brossé le pouvoir dans le sens du poil pour donner à la CFDT l’image DU syndicat responsable et réformateur, il a mis beaucoup d’eau dans son vin quand il s’être rendu compte qu’il s’était beaucoup trop précipité sur les retraites et, plus récemment, qu’il avait été roulé dans la farine par Sarkozy et Bertrand.
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Perso, je me réjouis à chaque nouvelle mauvaise nouvelle. Autant dire que je me réjouis plusieurs fois par jour : licenciements, écroulement des bourses, mesures anti-sociales, mesures anti-pauvres, anti-chomeurs, les exemples ne manquent pas...
J’ai décidé de ne plus donner aux assocs caritatives : empêcher les exploités de gueuler en leur clouant le bec avec quelques paquets de nouilles ? Y’en a assez dela résignation des pauvres
J’attends avec curiosité de voir quelle sera LA goutte d’eau, la fameuse goutte d’eau qui met enfin le feu aux poudres...
Au point oû on en est, il n’y a pas d’autre solution que de mettre à bas le royaume et tous ces inutiles entretenus ;
M’est avis qu’il y a la poudre,il y a la mèche et l’allumette est en cours de frottement...
Le capitalisme et ses suppôts sont au bord du gouffre, qu’ils fassent un grand pas en avant !
Ne vous demandez pas qui sera calife à la place du nabot. Les talents émergeront naturellement. Mais il faudra retenir la leçon de 1789 qui a vu les bourgeois prendre la place des aristocrates. Bonnet blanc et blanc bonnet. C’était une révolution pour rien.
Tiens au fait, il est passé oû notre tsarkoléon ? Depuis le G20 on ne l’entend plus... Les petites aiguilles en sont venues à bout ?-
Une piste : il paraît que le yacht de Bolloré vest prêt à appareiller pour Ste Hélène.
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Autisme ou provoc ?
Je pense qu’ils ne mesurent pas le ras le bol !
Après tout, Louis XVI avait écrit dans son journal à la date du 14-07-1789 : ’Rien’.
Associated Press le 20/11/2008 08h23Xavier Darcos : les suppressions de postes "se poursuivront" dans l’Education nationale
Xavier Darcos a annoncé jeudi que les suppressions de postes d’enseignants "se poursuivront", alors qu’une centaine de manifestations sont prévues ce jour dans toute la France, contre la politique éducative du gouvernement.
"Mais oui, (...) elles se poursuivront, parce que ce qui compte (...) c’est la manière dont nous nous organisons, et pas simplement le nombre de professeurs", a lancé le ministre de l’Education sur RTL, interrogé sur les suppressions de postes.
"Je suis tout à fait déterminé, je pense qu’il faut continuer la réforme", a-t-il ajouté, dénonçant la "culture de la grève" des enseignants, et "des syndicats dont la fonction principale est d’organiser la résistance au changement".
"Ce soir, vous aurez moins d’un gréviste sur deux", a-t-il par ailleurs prédit. AP
cf/maCopyright 2006 The Associated Press. All rights reserved. This material may not be published, broadcast, rewritten or redistributed
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La casse a déjà commencé, et ce n’est pas fini, car en dehors des effets de la crise proprement dite, certains patrons, vont en profiter pour virer les indésirables.
http://eco.rue89.com/2008/11/19/avec-vous-eco89-tient-a-jour-la-carte-de-la-crise-sociale-
Ce qui me navre, c’est de voir, que nos 150 organisations syndicales, sont une fois de plus incapabvles, de se concerter, pour appeler à une manif interprofessionnelle.
Ce ne sont que grèves corporatistes, un jour telle organisation, le lendemlain une autre ect...
Sarko & C° peuvent dormir tranquilles. -
Ce que craignent le plus les autorités des pays occidentaux qui sont frappés par la crise , ce sont les émeutes des sans voix que sont les chomeurs , les travailleurs précaires , les exclus du système , qui sont entrain de devenir de véritables légions et qui pourraient provoquer de véritables émeutes .
Après avoir perdu le controle de la bête financière , ils ne seront plus maitriser la machine économique qui se pourrait se traduire par un véritable chaos social .
Comment faire confiance pour réformer le système à ceux qui sont responsables du gachis actuel . La solution n’émergera que de la base et souhaitons que cela ne se fasse pas dans la violence . Nous allons vivre peut-etre des moments difficiles mais cela sera l’occasion de construire un monde où chacun aura sa place et non pas comme maintenant où des millions d’exclus du système vivent au ban de la société . Sans cela point de salut .-
Je vois que tout le monde attend la révolte.
J’éspère seulement que les gens rejoindrons la prochaine révolte des banlieues...-
Quel interet de se limiter à la banlieue ???La crise elle sevit partout, maintenant qu’on est passe du virtuel au reel.
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Juste pour info concernant les mouvements sociaux :
- grève reconductible à la SNCF, à compter du 23 Novembre
- grève et manifestation nationale dans l’audio visuel public, le 25 novembre
- grève dans les caisses d’épargne, le 28 novembre
- grève des salarié-e-s de l’ANPE, le 1er décembre
- grève de travailleurs/ses "Sans papiers" qui se poursuivent eu Ile de France...
et aussi de très nombreuses grèves locales ou sectorielles dans bien des secteurs : commerces, industries, nettoyage, etc...
Le silence des médias sur les luttes des salariés (privés et publics) qui se propagent dans le pays en dise long sur l’état de notre démocratie.
Si, les gens réagissent mais tout ce qui ne passe pas par la boîte à images n’existe pas. Alors méfions-nous, en cherchant un peu autour de nous, vous constaterez que des gens luttent mais ils sont invisibles.(pour le moment)
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