Réforme bancaire : le lobbying dans l’appareil de l’Etat !
Certains doutaient alors qu'il puisse être à gauche. Et c'est là qu'il eut une idée de génie. Avec ses conseillers pour grande partie venus de la banque d'affaires Rothschild, il n'hésita pas à désigner la finance comme nouvel ennemi de la France ! Il fallait oser. Le 22 janvier 2012 au Bourget, François Hollande déclarait : "Mon véritable adversaire n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti. Il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu, et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance". L'applaudimètre battait alors son plein. Deux jours plus tard, à Toulon, cette fois, il en remettait une couche en s'adressant plus particulièrement aux banques : "La première décision à prendre, c’est de séparer ce qui relève du crédit, du dépôt, bref du service à l’économie, de ce qui appartient aux opérations de spéculation, pour que les dépôts des épargnants ne soient pas utilisés à d’autres fins que le prêt à l’économie. Ce sera terminé ! Cette séparation sera faite." L'objectif était atteint.
Du projet socialiste aux 60 engagements pour la France !

Au Bourget et à Toulon, le candidat du Parti Socialiste ne faisait là que de reprendre le projet validé par plus de 95% des militants : "Il faut revenir à une stricte distinction des métiers bancaires et séparer activités de dépôt et activités financières. Les banques traditionnelles ne doivent plus prêter l’argent des épargnants et des clients aux banques d’affaires, ni acheter des titres structurés par ces banques d’affaires." Les choses avaient le mérite d'être claires. Or, dans les 60 engagements pour la France, la formulation de François Hollande avait déjà changé la nature profonde de l'engagement des socialistes français : "Je séparerai les activités des banques qui sont utiles à l’investissement et à l’emploi, de leurs opérations spéculatives." Le candidat avait déjà cocufié les militants ! Il lui restait à cocufier les électeurs.
Un lobbying au cœur de l’État !
Dans la proposition de loi qui sera présentée au Parlement, il n'est même plus question aujourd'hui de séparer les activités bancaires. Seules les activités de trading haute-fréquence inférieures à 0.51 seconde seront interdites. De qui se moque-t-on ? Dès la fin de la primaire socialiste, les banques - qui ont fait de François Hollande leur candidat - ont entrepris un lobbying très actif auprès des dirigeants socialistes ! Sans doute, ont-elles pris peur que leur champion de 2007 élabore une loi bien plus restrictive à l'image de la réforme Vickers qui devrait être adopté en Angleterre en 2019. Il y a tout de même un paradoxe à voir le gouvernement français en recul sur cette question par rapport au gouvernement conservateur de David Cameron !!!
Emmanuel Macron, hier associé-gérant de la banque de Rothschild, est aujourd'hui secrétaire adjoint de l'Elysée. Avec cette réformette, de qui, de quoi François Hollande peut-il bien aujourd'hui être le nom et le visage ?
Source : Voie Militante / Credit photo : l'Humanité
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