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Accueil du site > Actualités > Société > L’hôpital public menacé par les cléricaux et leurs affidés (...)

L’hôpital public menacé par les cléricaux et leurs affidés !

La laïcité à l'hôpital : un code de déontologie et une obligation ….

Des médecins ont déjà alerté les pouvoirs publics devant l'offensive menée par les « religions », des familles de toutes origines ont dénoncé des dysfonctionnements importants et des patients ont été les « otages » et les victimes de pressions communautaires...

Rien n'y a fait pour l'instant et même des textes officiels et légaux comme la charte de la laïcité dans les services publics, datée du 13 avril 2007 ne sont pas appliqués....

Face à une telle situation, Isabelle Lévy, écrivain, conférencière et formatrice en milieu hospitalier a voulu non seulement témoigner mais apporter une contribution et des pistes de transformation.

« Menaces religieuses sur l'hôpital » L'enquête d'Isabelle Lévy aux éditions ; les presses de la renaissance, février 2011, 267 pages, 19 €

 IL EST TEMPS DE NE PLUS ATTENDRE !

Le lecteur s'attend à un réquisitoire argumenté et impitoyable contre les pressions « cléricales » qui s'exercent dans le milieu hospitalier sur le personnel et les patients.

Ce réquisitoire est là, bien présent, étayé par de nombreuses anecdotes donnant à ce livre une force de dénonciation et de conviction peu commune....

Mais on y trouve aussi des propositions permettant aux personnes hospitalisées de voir leurs convictions religieuses intimes mieux prises en compte...

Il n'y a pas là de contradiction, bien au contraire.

Si effectivement il est intolérable et inadmissible que des religieux puissent exiger que des femmes ne soient soignées que par des femmes, si effectivement il est inacceptable que des professionnels de la santé mettent en avant leur religion pour s'opposer à des interruptions de grossesses, il est important que le personnel hospitalier tienne compte des choix alimentaires des patients et des demandes particulières en ce qui concerne l'accompagnement des mourants dans le respect de la laïcité.

La présence d'aumôniers de différentes confessions, comme cela est prévue dans la loi peut contribuer à éviter de nombreux accidents causés par l'ignorance et l'obscurantisme.

L'auteur montre comment l'intervention d'un imam ou d'un rabbin a pu éviter le pire.

Une musulmane hospitalisée acceptera de ne pas jeûner durant le ramadan et un juif permettra qu'on le transporte en salle d'opération le jour du sabbat !

Il aura suffi qu'un aumônier appelé explique aux personnes concernées que face aux nécessités vitales, il existe quelques accommodements prévus d'ailleurs par les textes « sacrés ».

Le personnel soignant ne respecte pas toujours la neutralité que lui impose sa fonction et c'est ainsi qu'une infirmière ose s'absenter un dimanche matin de service pour aller à la messe et un aide soignant masque dans un plat donné à un musulman la présence de la viande de porc...

L'intérêt de ce livre est de lier une écoute de l'autre et le maintien de principes.

Certaines anecdotes relatées par l'auteur font froid dans le dos :

comme l'histoire de cette femme subsaharienne qui est infibulée :

après un accouchement qui s'est déroulé le mieux possible, cette femme demande à la sage femme de la recoudre comme cela se fait dans son pays après chaque fin d' accouchement.

Alors que la sage-femme explique son refus, au nom de la législation française, le médecin se propose, lui, d'obtempérer : « « Pourquoi s'opposer à des traditions venues d'ailleurs ? »Sur ce, il prend du fil et une aiguille, il recoud les chairs avec application en prenant soin de laisser un petit espace entre elles pour permettre rapports sexuels et écoulement du flux menstruel « !

Dans quel pays est-on ? Au pays des droits de l'Homme où dans celui où le communautarisme le plus réactionnaire peut dicter sa loi ?

Rien n'est laissé dans l'ombre et l'auteur aborde toutes les questions avant d'émettre dix propositions pour contrer la menace religieuse dans les hôpitaux ....afin que les patients puissent recevoir « les soins adéquats à leur état de santé, sans discrimination, sans négociation, sans violence. »

Jean-François Chalot


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24 réactions à cet article    


  • BOBW BOBW 23 février 2011 09:57

    Avec leurs dogmes obtus et intransigeants, les religions nous ramènent au Moyen Age et ses chasses aux hérétiques et aux sorcières.

    Libérons nous de leurs carcans.

    • TSS 23 février 2011 10:33

      Elizabeth Levy ! n’est ce point cette harpie dechainée qui officie de temps à autre chez Taddei ?


      • CHALOT CHALOT 23 février 2011 11:28

        Je n’en sais rien, ce qui est sûr c’est que son livre est un document exemplaire où est absent l’anti religion primaire et où est présent la laïcité.


        • TSS 23 février 2011 17:35

          je vous informe puisque vous ne la connaissez pas que dans toutes les emissions où elle est

          invitée ,dès que l’on frôle Israël et sa religion c’est le dechainement approchant parfois le

          « delirium tremens »...alors pour la laïcité... !!


        • french_car 23 février 2011 23:27

          Oui mais là il s’agit d’Isabelle Lévy ! rien à voir avec la folle !!


        • Cocasse cocasse 23 février 2011 12:03

          Encore impensable, il y a à peine 30 ans.
          Il y a urgence à appliquer une politique résolument anti-communautaire, que ce soit à l’hôpital, ou dans les écoles avec du porc à la cantine régulièrement, et zéro hallal.
          Et ceux que cela mécontentera connaissent la porte de la sortie.


          • french_car 23 février 2011 18:09

            La Narine Nationale sent mauvais !


          • Volusian Volusian 23 février 2011 12:42

            Je suis un peu perplexe sur une phrase de l’article, travaillant dans le milieu hospitalier en tant qu’aide-soignant, je trouve la phrase "Si effectivement il est intolérable et inadmissible que des religieux puissent exiger que des femmes ne soient soignées que par des femmes« déplacée.

            En effet prenons le cas d’une jeune femme dans la vingtaine, elle est alitée suite à une opération et ne peut pas faire sa toilette seule, arrive un homme de la même tranche d’âge qu’elle pour faire sa toilette, pudique elle demandera une femme plutôt qu’un homme et on acceptera en raison du »respect de sa dignité" alors que si c’est une demande pour raison religieux c’est intolérable, pourquoi ? Pour de nombreuses personnes religion = dignité, je ne vois pas pourquoi cela devrait leur être refusé.

            Par contre en ce qui concerne une simple prise de sang, on essayera de négocier l’acte effectivement mais on ne bafouera pas une conviction religieuse pour autant.

            Je pense que le problème des religions à l’hôpital sont dû surtout au manque de tolérance, et qu’en tant que professionnel de la santé nous n’avons pas à donner de conseil d’un point de vue religieux à des patients, il faut savoir se cantonner au médical uniquement.


            • CHALOT CHALOT 23 février 2011 17:22

              S’il est possible de répondre favorablement à une demande on le fera mais si ce n’est pas possible, ce qui compte c’est le soin aux malades .
              En ce qui concerne la prise de sang, il y a d’un côté la négociation possible et de l’autre l’assistance à la personne en danger...Oui à la négociation mais elle ne doit pas risquer de compromettre la santé du malade. 


              • Volusian Volusian 23 février 2011 20:30

                Il ne faut pas oublier que le patient à le droit de refuser les soins, et peut même décider de quitter l’hôpital contre avis-médical, l’assistance à personne en danger ne compte que lorsqu’il y a un diagnostique vital d’engager, une prise de sang n’est grosso modo qu’un état des lieux, le patient a parfaitement le droit de le refuser (je le sais pour avoir connu un tel cas dans mon service).

                Après lorsque le patient refuse un soin que l’on considère important cela soulève un problème éthique, mais quoiqu’il arrive tant que le patient reste conscient et coérant, on ne peut pas lui imposer l’acte médical. De même dans le cas de Témoin de Jéhovah, on ne peut pas leur imposé de transfusions sanguine.

                De plus imaginons une personne âgée, qui a le cœur qui fatigue, on lui propose un pace-maker pour qu’elle est encore des années devant elle, sinon il ne lui reste que quelque mois, on ne peut pas lui imposer alors que sa vie est en jeu, si elle refuse le stimulateur on se doit de respecter son choix.

                Plus que pour la vie, on se bat chaque jour à l’hôpital pour le bien être des patients on préfèrent qu’ils partent en paix plutôt qu’ils restent en souffrance, on est humains avant d’être statisticiens et voir « tiens on les a tous sauvés ».


              • french_car 23 février 2011 18:00

                Isabelle Lévy n’est pas Elizabeth Lévy fort heureusement. Bien plus crédible apparemment que la folle de l’émission de Taddeï.
                Pour ma part je trouve sain qu’un médecin accède à la demande d’une femme de la remettre « dans l’état » afin qu’elle évite de se déconsidérer auprès de sa communauté voire pire de se faire sauvagement réinfibuler par je ne sais quelle charlatane si tant est que le féminin de charlatan existe. L’infibulation et l’excision doivent être combattus par l’information et non la contrainte.
                Suzanne Moubarak ironie du sort était à la pointe du combat en Egypte où 90 % des femmes sont excisées.
                Effectivement le bon sens doit guider les soignants : lorsque le religieux peut « aider » on l’associe, lorsqu’il est contre-productif on l’éloigne. Foin de dogme laïcard mais une laïcité sommes toutes responsable.


                • philoxera philoxera 23 février 2011 18:18

                  Les croyants n’ont pas vraiment besoin de soin, puisqu’ils sont assurés d’une vie éternelle ! Qu’on soigne d’abord ceux qui risquent réellement de mourir smiley


                  • dawei dawei 23 février 2011 22:41

                    oui mais bon, l’eternité c’est long, surtout vers la fin smiley


                  • JACOB 23 février 2011 19:54

                    Encore une info de qualité.

                    Le débat sur les religions au mois d’avril devra intégrer cette donnée.


                    • dawei dawei 23 février 2011 22:34

                      oui, et j’espère qu’il règlementera les signes ostentatoire de religion dans les débats laiques et citoyens tels que les forums de discutions.


                    • Massaliote 24 février 2011 09:26

                      Ironie de l’histoire ? Ne pas oublier que les tous premiers hôpitaux publics ont été religieux et que jusqu’au début du XXème siècle il y avait des soeurs-infirmières dans les hôpitaux publics sans que la qualité des soins en pâtissent de même que la sécurité des patients et des soignants. S’interroger sur les dérives actuelles ne peut être que salutaire mais mettre toutes les religions en question comme le fait l’auteur est une tartufferie laïcarde qui déconsidère les tenants de la laïcité.


                      • CHALOT CHALOT 24 février 2011 10:52

                        Lisez ce livre et vous apprendrez que dans des hôpitaux les seuls aumôniers sont catholiques et que l’on trouve des fléchages cathos partout....
                        Ce n’est pas de la tartufferie mais une réalité.


                        • Massaliote 24 février 2011 13:53

                          CHALOT, pendant des siècles les soins dispensés aux pauvres l’ont été par les religieux catholiques alors il est parfaitement NORMAL qu’il y ait des aumôniers catholiques dans les hôpitaux parce que la majorité des Français est encore catholique et que le réconfort moral est appréciable pour les malades et leurs proches. Là où je vois un amalgame inacceptable, c’est lorsque vous signalez que cela nuit aux soins. Citez moi un seul exemple où un aumônier est intervenu pour empêcher un médecin-homme d’examiner ou de soigner une femme ? Quand donc un aumônier a t’il été en désaccord sur un protocole de soins ? Vous savez très bien qu’ils ne se mêlent pas de donner leur avis en la matière.


                        • french_car 24 février 2011 16:16

                          Hopital Bon Secours dans les années 1980, femeture du centre d’orthogénie du Professeur Fernad Daffos sur injonction des autorités religieuses - après qu’un certain cardinal Ratzinger ait condamné le diagnostic prénatal qu’il fut un des premiers à pratiquer.


                        • Massaliote 25 février 2011 09:43
                          La main du pape dans le budget de la Santé ? smiley
                          Sur www.parisXIV.com, le 29.06.2006 "Tensions à l’Institut de Puériculture de Paris : 
                          Depuis plusieurs semaines, l’Institut de puériculture et de périnatalité de Paris (IPP installé au 26 boulevard Brune dans le 14eme) est en proie a de nombreuses tensions dont l’origine est le licenciement soudain de 2 personnes ; le chef de service de médecine foetale et de son assistant.

                          L’Institut de Puériculture de Paris est un établissement reconnu pour la qualité de sa prise en charge des grossesses à risques et son expertise dans les domaines des malformations foetales. Dans le cadre d’une rationalisation des services hospitaliers, un regroupement des activités périnatales de l’IPP est prévu à l’horizon 2010 sur le site de Necker. Sans toutefois remettre en cause ce regroupement organisé de concert entre l’IPP, l’AP-HP et l’ARH (Agence Régionale de l’Hospitalisation), les licenciements surviennent alors que des inquiétudes plannent sur l’avenir des certaines unités de l’hopital. Certains salariés annoncent qu’au delà de ces 2 suppressions de poste ce pourrait être un plan social touchant jusqu’à 27 personnes qui menacerait l’unité de médecine foetale.

                          Alerté sur ce sujet, le Ministre de la Santé Xavier Bertrand s’est montré très préoccupé par la situation actuelle de l’IPP, affirmant qu’il n’est pas question de réduire l’offre de soin périnatal en Ile de France puisque on y compte chaque année 171 000 naissances et 11 500 prématurés. Ce dernier chiffre étant en constante augmentation *. Cette décision du directeur de L’IPP va ainsi à l’encontre des plans actuellement mis en oeuvre visant à développer et à consolider l’offre de soin autour de la naissance.

                          Le licenciement de ces personnes se fait au vu du déficit de l’hôpital qui se chiffre à 2,3 millions d’euros. Si les personnes licenciées sont parmi celles ayant la plus forte rémunération, bon nombre de personnels exprime le caractère indispensable du chef de service et de son assistant à la survie du service de médecine foetale. "

                          * Ce chiffre de prématurés croissant est peut être à rapprocher avec celui des amniocentèses pratiquées fréquemment. La faute au Vatican ? smiley

                        • Massaliote 25 février 2011 13:37

                          J’ai oublié de préciser que le chef du service est le Pr. Daffos. Restrictions budgétaires. Donc l’alibi religieux tombe à l’eau.


                        • Volusian Volusian 25 février 2011 10:19

                          J’ai déjà vu un hôpital avec une aumônerie, ainsi que représentants religieux de différentes confessions, il ne faut pas non plus généralisé et dire que tout les hôpitaux sont avec seulement une aumônerie catholique, peut-être sont-ils majoritaires, je ne sais pas, je n’ai pas le recul nécessaire pour le dire, mais en tout cas certains établissements respect les différentes religions, mais le fait que pendant des siècles c’étaient des sœurs qui soignaient les gens mettra du temps à converger vers un système avec une pérennité des différentes convictions.

                          Maintenant je trouve que c’est bien beau de se dire laïc, de faire un article intéressant comme celui-là qui remet en question certaines valeurs morales de nos institutions fondamentales, je suis même pour, mais d’en arriver à une conclusion ou la religion passe après le soin, non je ne suis pas d’accord, une religion est comme une culture à part entière, on ne demandera pas un athée de comprendre un juif ou un bouddhiste, de même quelqu’un d’une religion monothéiste aura du mal à comprendre un croyant polythéiste, il est important de garder en tête le respect des cultures et croyances des autres, car après tout la science est une culture aussi, et se dire « ma culture scientifique l’emporte sur votre culture religieuse » est pour moi un manque total de respect envers autrui.

                          La différence des gens, tant sur le physique que les origines ou bien les convictions comme les statuts intellectuels ou sociaux, ne devrait engendrer de supériorité ou infériorité entre personnes, on vous parlez du pays des droits de l’Homme qui dit, je le rappelle « Tous les hommes naissent libres et égaux en droits » refuser de respecter les croyances religieuse pour nos croyances scientifiques reviens à bafouer ce droit fondamental, marquant un manque cruel de tolérance. Laïc oui, chauvin non.


                          • CHALOT CHALOT 25 février 2011 10:52

                            Les croyances doivent être respectées et prises en compte, encore plus qu’elles ne le sont actuellement mais si la sécurité sanitaire et la vie d’une personne est en danger il faut passer outre.
                            L’auteur de ce livre montre avec de nombreux exemples comment un rabbin ou un imam consulté par un médecin ont su convaincre le malade d’accepter de déroger à des interdits..
                            Cette vision m’a beaucoup plu


                            • Volusian Volusian 26 février 2011 11:26

                              "Les croyances doivent être respectées et prises en compte, encore plus qu’elles ne le sont actuellement mais si la sécurité sanitaire et la vie d’une personne est en danger il faut passer outre.«  point de vue que la religion au bout d’un moment »on s’en fout« .

                               »L’auteur de ce livre montre avec de nombreux exemples comment un rabbin ou un imam consulté par un médecin ont su convaincre le malade d’accepter de déroger à des interdits..
                              Cette vision m’a beaucoup plu" tout à fait contradictoire avec la première partie, je ne comprend pas comment un livre où on dit qu’ils faut aider les religieux dans leurs avec d’autres religieux puisse vous plaire alors que vous dites clairement qu’on peut passer outre.

                              En ce qui concerne le respect, soit il est là soit il n’est pas là mais il n’y pas d’entre deux.

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