Article effectivement porteur de conséquences lourdes lorsqu’il s’agit de se pencher sur les mécanismes d’apprentissage. Cette découverte plaiderait pour le renouveau de la "pédagogie du modèle", très décriée tant du point de vu philosophique (le prof doit t il apprendre à l’élève à être son double ?), que du point de vue expérimental (il suffirait de voir faire pour apprendre à faire).
En effet, si l’on considère qu’apprendre, c’est bien se donner ses propres outils, en terme de compétences (cognitives, motrices, affectives, sociales) afin d’être autonome pour décider, agir, se projeter vers... et donc être dans la possibilité de dépasser le maître (rêve de tout professeur intègre), apprendre n’est donc surtout pas imiter mais bien dépasser l’existant (sinon, nous serions encore à l’âge de pierre !). Sur le plan philosophique, l’apprentissage mimétique n’a donc un intérêt nul, si ce n’est pour asservir l’autre à soi.
De même, en tant que prof d’EPS, nombre de chercheurs de cette corporation ont montré et redémontré l’efficacité très limité (voire inhibitrice !) de la démonstration gestuelle en matière d’apprentissage moteur. La reconnaissance visuelle n’a intérêt que pour identifier un mouvement inconnu que le langage ne saurait résumer en termes simples. C’est donc avant tout un gain de temps en terme de reconnaissance du but à atteindre et non des moyens pour y parvenir (sans quoi, regardez les JO et vous serez champion olympique !)
Il y a sans doute quelques nuances à apporter dans cette analyse (but et contexte d’apprentissage, niveau d’expertise des élèves etc..), mais cette analyse se veut avant tout ... pédagogique.
Parfois grossir le trait apporte plus à la compréhension qu’un trait fin à reproduire sur un tableau, n’est ce pas ?
Oui, il y aura des insuffisances, des abus, des noyauteurs, des manques, mais il y existera, ici, les vraies conditions d’un espace d’information démocratique.
Disons le tout net : cet article a un vrai fond mais s’est trompé d’exemple pour illustrer son propos.
Le fond : le sport a une dimension injuste récupérée par les médias et les politiques pour vendre leur sauce. On peut le juger comme allant de l’habile à l’immoral mais sport n’est plus un simple jeu, c’est une valeur économique et sociale qui reflète notre société. Le rugby n’y échappe pas malgré ses valeurs intrinsèques.
La forme ici, c’est le match France-Nzélande érigé comme un exemple de mauvaise foi guidé par des intérêts multiples : patriotisme, audimat, politique etc...
Mais la réalité en rugby (surtout) comme dans bien d’autres sports (aussi), c’est que les erreurs d’arbitrage sont inévitables (vidéo ou non) même si l’arbitre s’avère totalement intègre.
Dans ce match, le rugbyman et l’éducateur confirmé que je suis m’autorise à dire que la victoire n’a aucunement été usurpée. S’il y a peut-être en avant sur l’essai français, rien n’est moins sur (et dans le doute au rugby, on laisse profiter l’avantage), il y aussi un essai de pénalité peu avant sur le coup pied dans l’en-but dont l’auteur fut plaqué sans ballon. On pourrait égrener à loisir l’ensemble des fautes commises par les uns ou les autres mais sur ce match, ce fut équilibré.
Lors d’un stage d’arbitrage de Rugby (l’auteur a t il même arbitré ?), le formateur national a bien démontré la difficulté de prise de décision de l’arbitre en Rugby : Il ne s’agit pas de siffler toutes les fautes (le match se résumerait à un duel de pénalités) mais de siffler celles qui sont significatives dans l’esprit des règles du jeu.
La loi, c’est la lettre et l’esprit...heureusement.
Les français repliés en défense, profitant habilement des rares opportunités mais commettant aussi des erreurs en conquête, n’ont pas été géniaux, mais simplement combatifs à en mourir. Les Blacks, d’abord déstabilisés par les blessés, moins perçant qu’à l’habitude, se sont mis à douter. Se révoltant en fin de match, ils ont pêché par orgueil en voulant marquer l’essai au lieu de taper un simple drop qui leur donnait la victoire.
Un manque d’esprit (ou trop, je ne sais pas) d’un côté, le french-flair de l’autre...