@ l’auteur Juste une remarque concernant votre décision d’aller vous installer à la Réunion. Il est illusoire de prétendre échapper aux effets d’une hypothétique conflagration nucléaire majeure en se réfugiant dans l’hémisphère sud (lisez « Le Dernier Rivage » de Nevil Shute). La séparation physique des deux hémisphères est un rêve et souvent (durant l’été austral), les îles de l’Océan Indien ou du Pacifique situées sous la même latitude que la Réunion se trouvent dans, voire au-dessus du fameux « pot-au-noir » (la zone de convergence inter-tropicale descend en effet très bas sous l’équateur depuis quelques années). Vivant moi même dans l’hémisphère sud, j’ai aussi naïvement imaginé que mon île perdue pouvait constituer un abri sûr face à la folie des hommes « d’en-haut ». Les retombées mortelles d’une catastrophe nucléaire généralisée mettraient seulement quelques jours à nous arriver... Sinon, la Réunion, c’est joli.
100% d’accord avec Den et Hyeronimus : le fond du problème n’est pas la position du pape et de l’église catholique sur le problème du sida et du préservatif (mais à quoi vous attendiez-vous ? Que le Ratzinger déclare la capote d’utilité publique ?), mais la formidable propension de nos "grands" médias à déformer et à désinformer dans des buts tantôt purement mercantiles, tantôt bassement politiques. Une fois de plus, nos merdias à l’affût ont débusqué une proie bien juteuse (une petite phrase du pape sur la capote dépouillée de son contexte, ça c’est vendeur, coco !). Et une fois de plus, les "moutons" ont suivi, alléchés par les mots "préservatif" ou "sida"... sans se rendre compte qu’ils se sont encore fait avoir.
Entièrement d’accord avec vous, ma1965. Il semble qu’une fois de plus, nos bons vieux "grands" médias nous aient fait prendre leurs vessies de porcs pour des lanternes magiques. Et tout le bon peuple scandalisé de s’y laisser prendre, tel un gentil troupeau de bovins. Il suffit de cinq petites minutes de recherche pour retrouver la phrase complète de Ratzinger (pour lequel je n’ai par ailleurs aucune estime, ni aucun respect autre que celui dévolu à son grand âge, je tiens à le préciser à l’intention de ceux qui voudraient me faire passer pour le calotin de base). Et effectivement, chacun peut lire qu’une fois replacés dans leur contexte, les mots incriminés n’ont pas vraiment le sens que nos reporters de choc voudraient leur donner. Moi, ce que je comprends, c’est que ce ne sont pas les préservatifs qui risquent d’aggraver le problème du sida en Afrique, mais plutôt le fait de se contenter d’en distribuer à pleins containers juste pour se donner bonne conscience. En d’autres termes, tout ce que Ratzinger XVI a voulu dire, c’est que le problème du sida, en Afrique comme ailleurs, ne se réglera pas à coups de capotes et de déclarations publiques, pour passer ensuite aux résultats sportifs... On peut être d’accord ou pas, mais ça n’a rien à voir avec l’énormité qu’on veut nous faire avaler.
Désinformation, déformation, on connaît le refrain.
Merde, si on m’avait dit qu’un jour je prendrai la défense d’un pape !
@ maxim
"nous en avons encore pour un bon siècle de pétrole"
Faux. Vous êtes mal informé. Il reste bien sûr des quantités énormes de pétrole, mais nous parlons ici de pétrole "bon marché", c’est-à-dire accessible, facile à extraire, donc rentable. Le pétrole bon marché, il n’y en a pas pour un siècle, mais pour quelques années tout au plus. Après, il deviendra coûteux, puis très vite hors de prix et son exploitation ne vaudra plus le coup, n’étant plus rentable.
C’est là que les ennuis vont vraiment commencer : rappelons que pour trouver du pétrole et le sortir de terre, il faut devinez quoi ? Du pétrole. Sur la photo d’une exploitation de lithium qui illustre l’article, on voit un joli camion. A quoi fonctionne ce camion ? Pour extraire du lithium, il faut donc... du pétrole. Pour fabriquer un véhicule électrique, il faut malheureusement du pétrole (énergie, fabrication des métaux, plastiques, composites, etc.). Pour fabriquer une éolienne et des panneaux solaires, il faut du pétrole aussi. Pour fabriquer un GSM, un ordinateur, un frigo ou même un stylo, il faut du pétrole bon marché. Pour nourrir les populations qui fabriquent tous ces produits (cultiver les denrées, les transporter, les stocker, les vendre...), mais aussi pour les soigner (99% de l’industrie pharmaceutique dérive du pétrole), il faut aussi du pétrole pas cher. Sinon, tout devient inabordable, les pauvres encore plus pauvres et les riches de plus en plus rares.
Ce ne sont là que des raccourcis, mais il serait grand temps de réaliser à quel point notre "civilisation" est dépendante du pétrole. Comme disait l’autre (désolé, j’ai oublié son nom), "le problème n’est pas dans le pétrole. Le problème EST le pétrole".
En cas de dépressurisation rapide, la procédure est simple : sans se poser de question, on met son masque à oxygène, on débranche l’autopilote, on pousse le manche en avant et on descend fissa à une altitude respirable, soit en dessous de 12000ft (vers 4000 mètres). Après seulement, on cause dans le micro et on s’explique. En l’occurrence, les pilotes de Ryan Air n’ont fait qu’appliquer ce qu’ils ont appris lors de leurs innombrables séances d’entraînement au simulateur. Après, que les passagers aient été ou non informés et rassurés après coup, c’est une autre histoire. Le principal est qu’ils n’aient pas subi le sort de ceux du vol Helios...
Une dépressurisation en croisière n’est pas anodine, mais ça reste un incident relativement fréquent et gérable, au même titre qu’une panne de moteur (c’est même pour ça que les avions de ligne en ont plusieurs), une accélération-arrêt au décollage ou une remise de gaz à l’atterrissage. Le problème, c’est qu’on entend bien plus souvent parler de ce type d’incidents « dans le poste » ou dans les journaux que de ce qui mine vraiment le transport aérien : la course au profit au détriment de la sécurité, les pilotes sous-payés et dont les décisions vitales sont influencées par les intérêts financiers de leurs compagnies (« tu décolles avec cette épave ou demain, tu pointes au chômedu »)... Des papiers bien documentés sur ce sujet seraient plus constructifs que ces compte-rendus d’incidents plus ou moins dramatisés et caressant le public dans le sens du poil.
Petite précision supplémentaire, les problèmes auditifs (mal aux oreilles) subis par les passagers n’ont rien à voir avec les masques à oxygène, défectueux ou non. Une dépressurisation rapide occasionne toujours ce type de douleurs ou de lésions, de même qu’une mise en descente un peu virile. Les masques à oxygène ne sont là que pour vous aider à respirer en atmosphère raréfiée.
Je suis régulièrement sidéré par les approximations et le manque de connaissances affichés par la presse dès lors qu’elle parle de sujets un tant soit peu spécialisés. En tant que pilote, je suis particulièrement sensible au domaine aéronautique. Je pense ne pas trop extrapoler en estimant qu’il n’y a aucune raison que les autres sujets soient traités autrement. C’est pourquoi ma télé sert depuis longtemps d’aquarium pour mes poissons rouges, ma radio n’a plus de piles et les journaux ont chez moi retrouvé leur fonction première : tapisser le fond de ma poubelle.
PS : aux Etats-Unis, les accidents de la route font quelque 40000 victimes par an, soit l’équivalent de 2 crashes de Jumbo par semaine. C’est pas un vrai sujet, ça ?