En quoi se trompent-ils spécifiquement ?
Le cadre de pensée de économistes autrichiens est pourtant très formel,
logique et empirique (historique).
Par exemple, il est
difficile de croire que l’inflation historique des prix à la
consommation n’est pas une conséquence directe de l’augmentation
systématique du pool monétaire par les banques centrales : l’injection
de liquidité continuellement dans le système ne créée aucune valeur en
soi mais contribue seulement à diluer celle existante.
Plus
globalement, l’augmentation du pool monétaire et la baisse volontaire
des taux d’intérêts (politique des États mise en œuvre par les banques
centrales et compétition entre les banques commerciales) conduisent
nécessairement :
1/ (comme écrit plus haut) à la baisse du pouvoir d’achat et donc à
l’inflation des prix, càd à
la confiscation partielle et continue de la valeur de l’argent des gens
qui travaillent, produisent et consomment ; une nationalisation de la
monnaie et des banques ne changera rien à ce point si l’expansion
monétaire perdure ;
2/ à la dislocation du tissu économique et la perte des ressources en capital : les
industries marginalement non rentables le deviennent mais les
préférences et les besoins des consommateurs n’ont pas changé alors que
leur pouvoir d’achat a diminué, ce qui fragilisent et ruinent à terme ces
industries (= bulles) et favorise le point 3/. Ce
capital (phagocyté en grande partie par le système financier sous
perfusion des banques centrales) et les ressources captées sont
indisponibles pour les
industries qui répondent aux besoins réels des consommateurs, ce qui les
fragilisent ;
3/ aux subventionnements massifs d’industries avec des modèles
économiques obsolètes (industries culturelles par ex.) ou non rentables
(énergies renouvelables par ex.) ; à la distorsion des prix et à une
concurrence déloyale vis à vis des industries naissantes ou en place
(dématérialisation des biens culturels, nouvelles énergies non
conventionnelles, etc) ; au soutien artificiel des prix (= bulle
immobilière) ; ce qui amplifie le point 2/ ;
4/ au saupoudrage social pour lutter contre la perte de valeur due à 1/ et les pertes d’emplois dû à 3/ ;
5/ aux dettes souveraines colossales (3/ + 4/) ;
6/ à la socialisation forcée (taxes, relèvement des impôts, etc) des
déficits (on en est là) ; à la régulation draconienne du bouc émissaire
bancaire et financier de toute manière déjà à la solde des États (futur
proche, votre analyse est un exemple) ;
7/ à la création de toujours plus d’argent pour 3/ et 4/, ce qui augmente fatalement 5/ et 6/ (c’est en cours) ;
Répéter le cycle 3/ à 7/ jusqu’au moment où la création de richesse par
l’économie réelle ne suffit plus à compenser la dilution de la valeur
fiduciaire et l’inflation (= appauvrissement généralisé à terme), et on
obtient l’effondrement de la monnaie papier par crise de
confiance et le retour à une monnaie physique (suivant en cela
l’Histoire chaotique et systématiquement désastreuse de la monnaie
fiduciaire).
(Les prévoyants auront depuis longtemps investis dans des actifs fiables.)
Vous n’avez pas non plus commenté le lien
donné plus haut qui critique méthodiquement et sévèrement le papier des
2 économistes du FMI (sur lequel est basé votre analyse). En résumé : - les arguments avancés par le papier sont essentiellement non économiques ; - les problèmes sont incorrectement identifiés ou incompris ; -
les justifications de la nationalisation complète du système monétaire
sont historiquement révisionnistes mais surtout inconséquentes ; - la
solution proposée n’est rien de moins que de la manipulation qui
consiste à créer des actifs (qu’on qualifierait de dettes partout
ailleurs) par un coup de baguette magique de réécriture comptable et
d’éponger du même coup les dettes historiques souveraines (votre "dette
publique actuelle qui pourrait être « gelée »").
Votre article reprend essentiellement la proposition monétariste du document du FMI paru cet été (et qui est mentionné à la fin de vos références).
Les économistes de l’école autrichienne ont déjà montré que même avec 100% de réserves bancaires, les crises économiques cycliques (booms-crashs) sont inévitables si le pool monétaire est en augmentation perpétuelle (taux d’intérêts quasi-nuls voire négatifs, inflation, perte du pouvoir d’achat, mauvaise allocation des ressources économiques à des businesses marginalement rentables, soutien et subventions du prix de certains actifs ou activités non rentables, etc, voir The Theory of Money and Credit par von Mises).
Que va changer le fait de nationaliser la monnaie (et de facto le système bancaire) si les États et leurs banques centrales continuent à gonfler ce pool indéfiniment ?
Selon cette analyse All power to the state ! – Money madness at the IMF, rien, si ce n’est que les crises seront plus fortes et plus rapprochées parce que le problème de l’inflation de la masse monétaire (par les États et leurs banques centrales) et de ses conséquences délétères sur l’économie réelle, celle qui crée la richesse, resteront non seulement entiers mais vont empirer.