Malgré les dons évidents de M. Sarkozy pour s’agiter devant les caméras, il fait face aux mêmes réalités que tout le monde. Qui a dit qu’il avait réglé quelque chose concernant
l’ordre public dans les banlieues ?
Avec Sarkozy, c’est facile pour tous de se reporter sur le Président pour penser et agir à notre place. C’est ce qu’il a proposé, d’ailleurs, et il s’est fait élire là-dessus. Napoléon avait déjà fait le coup !
On a bien vite oublié, dans la délicate et naturelle habitude qui consiste à déchaîner notre sadisme sur les vaincus, certaines des idées qui ont conduit une bonne majorité des actifs urbains à voter pour Royal.
Sa société plus participative, toute floue et maladroitement présentée qu’elle était, offrait une clé que la France n’a jamais encore essayé : mobiliser les français dans la réforme, à travers des processus encadrés.
Sans l’énergie du pays, on se limite à gesticuler. Tout politique qui sait ce qu’il faut faire devrait être recyclé aux archives. L’essentiel, c’est de donner aux gens les moyens et l’occasion de vraiment réfléchir et proposer des solutions.
Pas facile ! Bien sûr, les socialistes n’ont rien compris à cette idée et Ségolène elle-même n’a pas su la développer. Mais c’est bien là l’avenir - enfin, l’autre avenir que celui qui consistera à se rendormir ensemble au vu des patouillages du clown, ou encore celui d’abandonner une autorité de plus en plus absolue à un sauveur qui nous fera partager ses cauchemars.