Philippe D,
"Libre à vous d’éduquer vos enfants comme vous l’entendez."
Justement, non : je ne suis pas libre de mes choix sur l’éducation linguistique des enfants, puisque la notion même de choix des langues a quasiment disparu des esprits et des écoles ! Je ne cesse de m’étonner avec quelle passivité les médias et les enseignants ont accepté ces réformes - insidieuses il est vrai. L’anglais n’est en théorie pas obligatoire, il l’est dans les faits, mais pas tout le temps ni partout, seulement le plus souvent et presque partout, ce qui rend possible le déni de ces modifications pédagogiques…
En outre, vous ne donnez pas votre sentiment sur quelques point choquants : pourquoi en extrascolaire, pourquoi l’anglais mais pas d’autres langues, pourquoi de l’anglais et pas des stages de sciences ou autres puisqu’il paraît que le niveau en sciences est insuffisant ?
L’oral est certes indispensable, surtout dans une langue à la phonétique aussi irrationnelle, mais ce n’est pas la nouveauté pédagogique que d’aucuns présentent. L’apprentissage des langues a toujours nécessité à la fois des explications (alphabet, corespondance phonétique, prononciation, grammaire), de l’écrit et de l’oral.
On a dit autrefois que la révolution pédagogique, c’étaient les cabines de langues, maintenant c’est l’oral, demain les TICE (technologies informatiques de la communication, bref : des liaisons vidéos avec des natifs). On est toujours à la recherche de la méthode miracle pour apprendre une langue étrangère comme une langue "maternelle".
Il faudra un jour admettre, comme le dit Esperantulo que la seule méthode réellement performante, c’est l’immersion, et deuxièmement, que l’école ne peut être le lieu que d’une initiation, plus ou moins poussée ; le bilinguisme de bon niveau ne peut être un objectif scolaire.
Il n’y a là ni mauvaises méthodes, ni mauvais enseignants, juste la dure réalité : une langue seconde n’a rien àvoir avec une langue maternelle dans laquelle on baigne depuis la petite enfance, jour et nuit (on rêve dans cette langue). Le cas des enfants de familles bilingues qu’on met toujours en avant reste ce qu’il est, une exception, de même que Carole Merle la championne de ski que son père a miss sur des skis alors qu’elle savait tout juste marcher (je me rappelle du documentaire), de même qu’une famille de violonistes, de musiciens, du cirque, du cinéma, on ne peut standardiser l’éducation à ce point et faire faire tout à tous dès la prime enfance. Il ne faut pas demander l’impossible à lécole, même par démagogie politique.