Patrickk, le robot Akismet a bloqué mon message sur ABC. Comme ce rapport signalé par Esperantulo peut effectivement intéresser certaines personnes, j’en mets quelques extraits ici :
"Manifestement, l’enquête ne recense que les cas dans lesquels les entreprises ont eu conscience de leurs pertes commerciales véritables ou potentielles et il se pourrait que le chiffre réel soit
nettement supérieur. Si la proportion des entreprises subissant des pertes, faute de disposer de
compétences linguistiques suffisantes, était reprise sur l’ensemble des PME de l’UE du secteur de
l’exportation, un calcul prudent pourrait alors indiquer qu’au moins 945 000 d’entre elles subissent peut-être des pertes commerciales pour cette raison. Il ressort de l’enquête que, sur une période de trois ans, la perte moyenne par entreprise est de 325 000 euros. Si l’on multiplie ce chiffre par le nombre d’entreprises qui, selon l’estimation, subissent des pertes commerciales, les pertes totales pour l’économie communautaire, faute de disposer de compétences linguistiques suffisantes dans les PME, avoisinent 100 milliards d’euros par an. Dans leurs activités transfrontalières, les PME se heurtent à des barrières interculturelles et linguistiques. Dans tous les pays étudiés – à huit exceptions près –, plus de 10 % des personnes interrogées affirment avoir éprouvé des difficultés d’ordre interculturel. Pour l’ensemble de l’échantillon européen, 46 % des entreprises envisagent d’exporter vers de nouveaux marchés dans les trois années à venir. Des pourcentages très élevés sont notamment obtenus en Grèce, Turquie et Bulgarie, où les entreprises comptent commencer à négocier avec de nouveaux pays. Les besoins en compétences linguistiques iront en augmentant. Dans 13 des 29 pays étudiés, au moins 50 % des personnes interrogées pensent avoir besoin de compétences linguistiques supplémentaires au cours des trois prochaines années.
"Toutefois, les résultats de l’étude et les commentaires recueillis dans les entreprises donnent à penser que l’idée très répandue selon laquelle l’anglais est la langue universelle pèche par simplisme et que le tableau est bien plus complexe. L’aversion contre le russe, qui était nettement marquée dans les pays de l’ancien bloc soviétique à la fin du siècle dernier, a disparu et il est très utilisé en Europe de l’Est (avec l’allemand et le polonais) ; le français est la langue des négociations commerciales en Afrique et il en va de même pour l’espagnol en Amérique latine. Plusieurs personnes interrogées indiquent que si l’anglais est utilisé dans la prise de contact initiale, les partenariats commerciaux à plus long terme dépendent de l’instauration de relations et de la gestion de celles-ci, deux démarches qui exigent une connaissance de la culture et de la langue de l’« autre » pays. (Cette réaction fait écho à celle constatée par Feely et Winslow dans l’étude Talking Sense consacrée aux pratiques de la gestion linguistique dans les entreprises multinationales.) Cependant, des preuves existent également sur la complaisance anglophone, qui ne se limite pas aux pays anglophones."
http://ec.europa.eu/education/policies/lang/doc/elan_fr.pdf
Je signale aussi le tout récent rapport (hier) de l’UE sur sa stratégie en matière de multilinguisme
http://ec.europa.eu/education/languages/news/news2853_en.htm
Il rappelle lui aussi le besoin des entreprises en diverses langues, mais il entérine de fait l’anglais lingua franca sans le dire clairement, en axant le rapport sur la deuxième langue vivantes à étudier.
Il est en fait totalement calqué sur le rapport du "groupe d’intellectuels" sorti début 2008, que j’avais commenté sur AVox à l’époque.
http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=35493
Pour ceux qui ne souhaitent pas le lire en entier, je mets ici quelques morceaux choisis, avec mes commentaires, critiques et malveillants, of course !
"La présente communication est axée sur les personnes :"
Le problème est institutionnel, pas individuel ! On continue à culpabiliser les gens, alors que la plupart des Européens sont déjà polyglottes à des degrés divers (pays, région, famille, école, pays voisin, expatriés). On continue à prétendre que la solution doit venir d’eux, de leurs efforts en cours du soir linguistiques toute leur vie ! Le polyglottisme n’est pas un but à atteindre, c’est déjà une réalité, qu’on pourrait certes améliorer un peu mais sans changer fondamentalement les problèmes.
Le défi et le but, c’est un polyglottisme/plurilinguisme organisé qui permette à l’UE de fonctionner sans être totalement anglophone et aux Européens de se comprendre, le reste c’est du baratin. Malheureusement, c’est aussi le seul sujet qui est tabou.
"Bien que cette diversité linguistique accrue soit une source d’avantages et de richesse, elle pourrait également constituer un défi supplémentaire si elle n’est pas assortie de politiques appropriées. Elle peut creuser le déficit de communication entre des personnes de différentes cultures et accentuer les divisions sociales, en donnant aux personnes plurilingues un accès à de meilleures conditions de vie et de travail, tout en excluant les personnes monolingues."
Quelle façon compliquée de dire que si 2 personnes parlent des langues différentes, elles ne se comprennent pas !
"Dans certaines régions de l’Union européenne, les citoyens parviennent à combiner la connaissance d’une langue régionale ou minoritaire à celle de la langue nationale, tout en maîtrisant bien les langues étrangères."
Le paradis du plurilinguisme harmonieux n’est pas localisé avec précision, surtout depuis que la Belgique est en pleine crise et que la Suisse use de plus en plus de l’anglais comme langue à l’université. Donc, l’herbe est plus verte ailleurs, mais on ne nous dira pas où !
"Accorder de l’importance à toutes les langues"
Je ne détaille pas ce chapitre démago, la conclusion est que toutes les langues sont importantes, il faut apprendre la langue régionale, celle de son grand-père, celle du beau-frère, celle du pays voisin, plus une grande langue, le chinois, etc.
"il est désormais nécessaire de mettre davantage l’accent sur l’actualisation des compétences des adultes tout au long de leur vie. Dans le même temps, il convient d’offrir un plus large éventail de langues, afin de permettre aux individus d’apprendre les langues qui les intéressent le plus."
Tiens, là je plussoie : il faut cesser d’imposer l’anglais en France et modifier profondément l’enseignement des langues, au profit d’un large choix et d’une vraie liberté de choix. C’est possible, à coût constant ou presque, si l’on cesse de construire cette ligne Maginot linguistique autour de l’anglais.
Un chapitre rappelle l’importance de diverses langues pour les entreprises (export en Chine, en Amérique du sud), mais aucun, jamais ne conseille aux pays européens de cesser d’imposer l’anglais à l’école ! Paradoxe, ou lâcheté ? la critique existe néanmoins de façon voilée :
"(…) que la plupart des États membres aient augmenté l’offre linguistique dans l’enseignement primaire et secondaire entre 1999 et 2005, cette mesure a essentiellement concerné l’anglais."
Suit un petit couplet sur les technologies informatiques et la traduction automatique (nulle), sur la traduction des chefs d’œuvres, on rameute Umberto Eco pour montrer qu’on a des lettres, qu’on connaît ses classiques.
"La Commission étudiera les moyens d’optimaliser les synergies entre les initiatives et programmes de promotion de la traduction, en vue de faciliter l’accès à notre patrimoine culturel commun et de favoriser l’émergence d’une sphère publique européenne."
Mais dans quelle langue les Européens pourront-ils débattre entre eux ? Ché pas. Il faudrait déjà regrouper les forums "Europa debate" (séparés par langue) en un seul, ça fait 2 ans qu’on le leur a demandé !
"soutiendra le sous-titrage et la circulation des productions médiatiques européennes ;"
Quand ils auront les chiffres d’audimat, on en reparlera … Le doublage, c’est mille fois mieux.
"La Commission :
renforcera les partenariats et intensifiera la coopération en matière de multilinguisme avec les pays n’appartenant pas à l’Union européenne, en tenant compte des perspectives ouvertes par les langues européennes qui ont une diffusion mondiale ;
encouragera l’enseignement et l’apprentissage de toutes les langues de l’UE à l’étranger.
Les États membres sont invités :
à renforcer la mise en réseau et la coopération entre les établissements concernés en vue de mieux promouvoir les langues de l’UE à l’étranger."
Quelle hypocrisie ! La Commission, qui montre à la Chine depuis des années que l’Europe est anglophone et se conduit dans toute l’Asie comme un missionnaire de l’anglais, demande aux pays membres de soutenir les diverses langues ! On rêve.
Conclusion : on est contents de nous, rendez-vous en 2012 :
"La Commission procèdera à un réexamen global en 2012, en partenariat avec les États membres."
29/09 14:46 - Nicolas
http://teamdownload.com/2008/09/20/universal-translator-deluxe-vs.f.uc.html voici un (...)
19/09 11:10 - esperantulo
19/09 10:40 - Wlad
"Puisque vous le demandez, oui, j’apprécierais que toute la bande à Asp nous lâche (...)
19/09 10:17 - Krokodilo
Patrickk, le robot Akismet a bloqué mon message sur ABC. Comme ce rapport signalé par (...)
19/09 09:46 - Krokodilo
J’avais complètement oublié ce rapport, intéressant et pratique, sans propagande (...)
19/09 09:09 - esperantulo
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