C’est déplorable, mais cela ne fait que confirmer l’impasse dans laquelle se sont fourguées les sciences du vivant depuis plusieurs décennies en omettant systématiquement d’autoriser et de faciliter les directions de recherche en biologie théorique. Au lieu de cela, l’industrialisation grandissante et affairiste des techniques de génie génétique a vaudouifié pratiquement tous les laboratoires.
Il est intéressant également de constater que du point de vue agronomique, toutes les chaires de biologie des sols ont été supprimées depuis la fin des années 80 en France, et notamment au niveau international. Tout cela favorisant un modèle agricole complètement destructeur des sols et basés sur les intrants chimiques (engrais et pesticides).
Les universités ne se sentent pas concernées par la biologie théorique ni même par le vivant, mais par le développement de techniques et le développement de marchés industriels liés à ces techniques. Ce n’est plus de la science qui est produite dans de nombreux laboratoires, mais de la recherche-innovation, en partenariat avec des industries, et le mouvement de dégradation s’accélère avec des systèmes universitaires encourageant la compétition et notamment économique, poussant les directeurs d’université à orienter la recherche vers des objectifs de rentabilité.
Pourtant la biologie théorique est un domaine très large et important, et maintenant la science est obligée de se faire sous le manteau, et l’on retrouve même sur Agora Vox des essais de publications concernant la biologie théorique à défaut de trouver un autre espace pour pouvoir s’exprimer, et un auditoire intéressé.