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Commentaire de gdm

sur Il faut plus de libéralisme


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gdm gdm 19 novembre 2008 20:26

@quen_tin

Un Etat libertarien apparaîtrait comme une société commerciale qui conviendrait des contrats directement avec des Etats afin que ses clients puisse voyager et commercer avec d’autres pays. Imaginez une sorte de carte american express qui propose à ses clients une assurance-santé, une force armée d’intervention rapide contre les pirates, une assurance-juridique, et enfin convienne avec les autres Etats d’un droit de séjourner dans les pays avec une certaine taxe journalière de séjour. Les clients american express seraient perçus par les autres Etats comme appartenant à un autre pays. Dans de telles condition imaginaires, la société american express serait un Etat libertarien.

Vous évoquez la démocratie. Il n’est pas simple de définir ce qu’est la démocratie, ce qu’est une démocratie, ce que serait un Etat démocratique. Le mot "démocratie" est un mot-virus, c’est à dire un mot qui contient sournoisement un mensonge. Celui qui utilise un "mot-virus", colporte, malgré lui, ce mensonge destructeur. L’étymologie du mot "démocratie" est le "gouvernement par le peuple". Ce mot flatte chacun, flatte le peuple d’imaginer qu’il participerait au pouvoir. La réalité est tout autre. Arrow, prix Nobel d’économie, a démontré, en 1950, dans son "théorème d’impossibilité", dit encore "théorème de Arrow" qu’une décision collective était impossible. Depuis 1950, nul n’a infirmé ce théorème. En d’autres termes, si Pierre veut la chèvre et Paul veut le choux, la décision collective de Pierre et de Paul n’existera jamais.

Lorsque vous dites que la démocratie serait une garantie pour chacun de participer à la politique, il faudrait préalablement définir la démocratie. Plus précisément, intéressons nous à la nature exacte d’un bulletin de vote, à la nature exacte d’une votation. Un bulletin de vote n’est pas un mandat donné par l’électeur. Aucun juriste ne se ridiculiserait à affirmer une telle bêtise. Et pourtant beaucoup croient à cette fable magique. Le Code électoral précise qu’un mandat électif est donné par l’Etat à un élu. Ce mandat électif ne provient pas du peuple, mais de l’Etat. Un élu est un fonctionnaire de l’Etat. Un élus n’est pas un représentant d’un électeur, et encore mois un représentant du peuple.

Que vaut un droit de vote ? pas grand chose. Si le droit de vote pouvait se vendre, son prix ne dépasserait sûrement pas un euro par an. Et les vendeurs, plein de bon sens, ont raison d’attribuer aussi peu de valeur au droit de vote. L’Etat glorifie le droit de vote en prétendant que ce droit de vote aurait une grande valeur pour chacun. L’Etat interdit la vente du droit de vote afin de camoufler que ce droit de vote a une réelle valeur presque nulle.

Une votation est un sondage d’opinion. pas plus. Il est utile que l’Etat tienne compte de l’opinion pour diriger un pays. Le mythe de la représentation du peuple par les élus est utile pour conforter l’autorité de l’Etat, pour la paix civile.

Vous revenez à l’exemple de la rivière. Oui, il est possible d’imaginer que la rentabilité d’une rivière provienne d’être utilisée comme un égout plutôt que comme un lieu de ressources pures et fécondes. Transformer une rivière en égout serait alors une démarche rationnelle. Cela signifie qu’elle crée alors plus de valeur, qu’elle rend plus de services en devenant un égout. Une rivière-égout amoindrirait la valeur des milliers d’hectares de terres sur les berges de la rivière sur des dizaines ou des centaines de km. Le coût serait énorme, voire prohibitif. L’installation d’une usine de traitement préalable des eaux usées sera plus rentable.

Vous parlez de la valeur de l’ "espace privé", de l’ "espace public". Je suppose que "espace public" signifie pour vous espace possédé par un Etat. Je sais définir la valeur d’un terrain privé, c’est la valeur moyenne de l’offre et de la demande. Mais définir un "espace public", non vendable, serait plus délicat, plus arbitraire.

J’ai relu plusieurs fois votre paragraphe sur l’espace public, son comptabilisation, son pillage sans en rien comprendre. Le pillage est une violation du droit de propriété. Je ne vois pas quel pillage et par qui.

Dans votre dernier paragraphe, vous évoquez le capital. oui, le capital a une valeur. Non, le capital ne crée aucun rapport de force. L’Etat est le seul qui dispose d’une force armée, contraignante. les autres agents économiques n’exercent aucune contrainte, aucune force sur les autres. Les vendeurs proposent pacifiquement de vendre. Les acheteurs proposent pacifiquement d’acheter.

Dans un échange commercial entre un riche et un pauvre, les deux s’enrichissent.
 


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