Je suis DRH d’un hôpital public et je trouve cette garde à vue scandaleuse et inutile ; certes l’infirmière a avoué à chaud, mais que valent ses aveux. Elle dit certes s’être trompée, mais n’y a t’il pas aussi derrière un défaut d’organisation de l’hôpital. Exemple ; produit non rangé dans le bon casier, emballage inversé, effectif insuffisant.... Par contre le procureur a peut être des éléments que nous ne connaissons pas, par exemple un taux de décès élevé dans ce service, et nous sommes peut être face à un cas de serial killer, mais je dois trop regarder NCIS. Seule l’enquête permettra de vérifier ces éléments ; Je trouve par ailleurs qu’il existe une inégalité de traîtement entre le personnel médical et non médical, qui lui n’est jamais mis en gade à vue immédiatemet en cas de suscpicion d’erreur médicale.
Par ailleurs je vois dans les commentaires qu’il n’y avait pas de sous effectif....En tant que DRH d’un hôpital je suis très dubitatif sur cette affirmation, surtout en période de fêtes de fin d’année ; on peut imaginer que l’effectif devait être au moins égal à l’effectif minimum, c’est à dire l’effectif en dessous duquel on ne peut descendre pour respecter la sécurité des patients. Mais depuis combien de jours l’effectif était il à son seuil minimum...
Enfin je vois dans les commentaires une personne, dont un parent serait décédé du fait d’une infection nosocomiale à l’hôpital. Si je respecte sa douleur, je ne peux permettre qu’elle jette le discrédit sur le personnel hospitalier. Les infections nosocomiales existent dans les hôpitaux, à un taux toujours trop élevé, et c’est pourquoi nous formons depuis des années le personnel au respect des protocoles, notamment en terme de lavage des mains. Cette remarque est donc complètement déplacée dans ce contexte.
Enfin pour conclure sur la médiatisation et la recherche de responsabilité à chaud dont sont l’objet les hôpitaux publics depuis quelques mois, orchestrée par le gouvernement, je pense que l’idée de mise en exament des ministres en cas de défaut d’organisation due à une insuffisance budgétaire ou à un mauvais choix de politique nationale est une idée intéressante.
C’est un peu comme si les familles des soldats morts ou blessés en Afghanistan portaient plainte contre la ministre de tutelle, pour accident du travail, parce que leur matériel militaire était obsolète par rapport aux standards du marché...
En conclusion ce malheureux accident ne doit pas servir de prétexte pour jeter l’opprobe sur toute une profession, Mais peut être cette médiatisation du gouvernement s’inscrit t’elle dans un plan de coimmunication plus large, pour essayer de montrer que les hôpitaux publics fonctionnent mal, ce qui justifie les importantes réformes en cours...Dans ce cas dommage pour notre petite infirmière qui a servi de bouc émissaire.