c’est que lorsqu’il n’existait qu’un seul canal de diffusion (radio, tv), ça pouvait se calculer en terme de rentabilité ; mais la multiplication anarchique des moyens à permis ceci ; que l’on ne place plus en tant qu’acteur économique ses sous dans les mêmes paniers ; ce qui chagrine fort les non pas ayant-droits mais surtout les filières industrielles ; c’est embêtant, pour elles, et on peut bien le comprendre ; c’est un monopole qui s’affaisse ... et leur rentabilité (du genre ; 75% de bénéfices ...) elles voudraient bien les conserver ... voir les augmenter ou plus machiavéliquement les installer comme rentes (avec nos sous).... de fait, avec les taxes sur les supports d’une main gauche et de la droite taper sur les gens en annulant le "manque à gagner" du piratage. C’est pour le moment sa tactique cousue de fil blanc.
Je ne prendrais en exemple que cette constatation ; ça coûte combien pour produire 1 CD ... et combien nous est-il vendu ? (ce CD indestructible dont le prix devait baisser il y a de cela une vingtaine d’années ... du fait de sa démocratisation) ; on est passé ce jour-là de 50 fr le vinyle à 120 fr le cd.
Donc leur embarras ne vient pas de la vente elle-même, mais de leur taux de rentabilité (comme toute entreprise qui veut garantir son monopole), les filières veulent le conserver tel quel. Leur taux de rentabilité ; pas le coût réel des Cds (ou des artistes). Si le taux de rentabilité est mensonger, surévalué à la base, cela n’entre pas du tout dans leur point de vue. Et ils ne s’imaginent même pas qu’il puisse en être autrement ... euh... enfin si, ils en sont parfaitement conscients...
AD ; ils ne posent pas la question, tout comme d’autres ne se posent pas la question des (non) augmentations de salaires depuis 30 ans ... et ce n’est pas amalgamer, parce que c’est le même processus.
Comment s’étonner alors que les "gens " estiment payer suffisamment et que trop c’est trop ...
Alors les artistes ; là je ne comprends pas.
si vous voulez que les artistes soient rémunérés ; qu’ils se produisent eux-mêmes, qu’ils aient la main mise sur leur production (ou création) ; et au lieu des 2 ou 3 de pourcentage, qu’ils récupèrent 10 ou 25. Sans doute il se développe (développera) des mini marchés, et non plus un seul marché monolithique ; et en quantité ceux qui vendent beaucoup vendront moins ... (du fait des moyens de diffusions démultipliés, de même que la TNT réduit les parts des généralistes habituels pour la TV)
mais si ils récupèrent plus sur leurs propres diffusions, non seulement cela répartit la même somme de dépense (des gens) mais autrement, mais de plus c’est beaucoup plus juste et beaucoup plus prolifique en terme de créativités.
Et donc si l’on veut promouvoir les individus plutôt que les sociétés de production, comme moyen terme (entre l’auto diffusion et le monopole vieux de 70 ans, rock and roll et tout ça), vous devriez être davantage intéressé par la licence globale ...
ce qui impose évidemment de se passer des intermédiaires (et non je n’oublie pas les simples salariés de ces entreprises). Le but n’est pas de subventionner une industrie privée, mais de favoriser la création.
Et quant au fond ; la multiplication des moyens de diffusions et en ce cas, sa « gratuité », dont je comprends bien qu’elle pose problème quelque part .
Ce que cela impose c’est un changement des goûts et des couleurs. Cad ; une multiplication des marchés possibles ; ce qui fâchent les monopoles donc. Mais cela provoque un appel d’air pour le culturel en général ; c’est simple pourtant …
Ceux qui n’avaient pas le gout de ceci ou cela, le télécharge : ceci ou cela qu’ils ne connaissaient ni d’Eve ni d’Adam : et élargissent ainsi leur propension à se « cultiver ».
Qui va nier que la « gratuité » a enrichi l’envie d’écouter, regarder, etc, d’un nombre considérable de personnes ? Et qu’au final, tandis que la culture prenait globalement, 10% de notre temps il y a 10 ans, elle récupère 20 ou 30% maintenant.
Que les diffusions classiques en aient pâti, (dans leur taux de rentabilité, pas dans les frais de coût réel) c’est une chose ; que cela occasionne une diversité de diffusions (rentables quoi qu’ils en disent) classiques ou surtout nouvelles en est une autre.
Bêtement, je me pose la question ; pour "être un artiste reconnu" faut-il nécessairement passer à la télé ... ou encore gagner x millions d’euros par an ... ou amasser les fans par millions ... ?
il me parait évident que l’idéal demeure (faussement) dans la tête que la "reconnaissance" est du genre ; "tout le monde sait qui est Johnny" ; et non pas ; "quelques uns connaissent King Crimson"
:- )
mais entre tout et rien (ou quelques uns) il existe quantité de niveaux ;
et tandis que le système de starification pour des raisons presque exclusivement comptables,(mais aussi par regroupement de foule, ou de lien social) promeut un Buzz continuel autour de quelques uns, très connus, (afin de récupérer jusqu’au dernier cent possible, par contagion),
il faut bien poser les autres structures qui sont déjà engagées ; que les publics se diversifient, donc les marchés, donc les créations, mais de même aussi les moyens de production, création ... cad non pas que tout le monde fera sa zic avec sa Wii dans son salon (! !!)
mais puisque les publics non seulement se diversifient mais aussi se perfectionnent dans leurs attentes ou exigences, de même les individualités passionnées de ceci ou de cela augmentent toutes les possibilités d’interventions, de participations.
Alors il y aura quelques élus, mais ces quelques élus seront de fait plus nombreux que l’élection pyramidale et hiérarchique et obsessionnelle des superstars (qui n’en continueront pas moins d’exister, mais récolteront moins de sous ... redistribués).