Chère Vivi,
Je n’ai nullement besoin de votre aide pour comprendre et y voir clair.
Dans votre esprit, démasquer le coupable, serait donc le boulot des seuls flics et magistrats.
Et certainement pas celui des parents et amis (amis tout court et amis politiques) d’Yvan Colonna quant bien même celui-ci serait innocent comme l’agneau (ou le cabri…) qui vient de naître.
Ni celui de ses avocats.
Ni celui des journalistes qui se sont intéressés à l’affaire.
Permettez-moi d’avoir une autre opinion.
Je me berce peut-être d’illusions mais si j’étais un membre éminent de l’éminente famille Colonna, je me serais efforcé, depuis dix ans que dure cette histoire, de recueillir le maximum d’informations susceptibles de disculper un innocent et je les aurais communiquées à qui de droit.
Pas forcément aux flics.
Pas forcément aux magistrats.
Mais peut-être aux avocats de l’innocent en question, avocats dont l’un d’eux au moins (Simeoni pour ne pas le nommer) aida Yvan Colonna pendant sa cavale et n’aurait sans doute pas hésité à abattre quelques cartes décisives s’il en avait eu en mains.
Mais peut-être aussi, aux journalistes qui ont encore quelques armes pour se faire entendre (ne serait-ce qu’Agoravox…).
Je ne peux pas croire que dans un village comme Cargèse, et pour voir plus large, dans le canton des Deux Sevi et dans celui voisin des Deux Sorru, où tout le monde sait à peu près ce que fait tout un chacun, je ne peux pas croire qu’en dix ans, rien, absolument rien, n’ait filtré sur l’implication d’un autre qu’Yvan Colonna.
Vous me répondrez sans doute qu’en Corse l’honneur etc…
Mais vous savez bien que l’honneur n’a plus cours depuis qu’un groupe de crétins a jugé bon de flinger un homme sans défense de trois balles dans la nuque.
Je vous accorde que cela n’enlève rien, évidemment, à la nullité crasse de ce procès en appel qui donne de la police et de la justice françaises l’image d’institutions aux ordres.
De ce point de vue, vous et moi sommes d’accord.