Philippe,
vous confondez logique scientifique et logique de l’expérimentation médicale selon les critères de la médecine classique.
Il s’agit de deux choses fondamentalement différentes.
La logique scientifique débute par la constatation d’un phénomène
expérimental, et non par la mise en place ex nihilo d’une théorie
concernant un tel phénomène.
De nombreuses expériences doivent tout d’abord vérifier l’universalité
du phénomène, puis il est possible d’en tirer quelques règles
d’application.
Le modèle théorique permettant d’expliquer le phénomène vient bien
après, et, très souvent, il n’en est nul besoin pour utiliser ce
phénomène de manière efficace.
Certes, la connaissance du
fonctionnement est importante, mais connaît-on vraiment le
fonctionnement des milliers de médicaments proposés aujourd’hui ? Ou plutôt ne fonctionnent-ils pas de manière différente de ce qu’on a imaginé pour eux ?
Vous savez, très souvent les explications données dans les publications
médicales restent à la surface des choses, et surtout, ne vont jamais
jusqu’au fondement de leur action, à savoir la chimie (car qu’y a-t-il
d’autre ?)
La méthodologie utilisée pour vérifier l’efficacité d’un médicament
classique est propre à leur mode d’action supposé, à savoir qu’ils sont
censé cibler une fonction particulière de l’organisme. Par exemple, on
sait qu’intervient dans la douleur la synthèse de prostaglandines, et
on fait le pari que la neutralisation de la cyclooxygénase va permettre
de diminuer ces douleurs.
C’est ainsi que l’on recherche les inhibiteurs de cette cyclooxygénase,
et pour savoir s’ils conviennent, on a mis au point cette suite de
manips qui peut amener à l’AMM. Mais cette suite de manip est propre à
la démarche qui a prévalu pour rechercher ces substances.
C’est essentiellement une démarche analytique, mais qui est entachée au tout
début par un gros handicap : pour trouver une substance qui présente peu ou prou les propriétés qu’on veut bien lui prêter, les chimistes vont en synthétiser mille, voire dix mille. C’est d’ailleurs de quoi se plaignait - en aparté - un chimsite de chez Astra Zeneca.
Vous êtes de mauvaise foi en disant que les homéopathes ne veulent se prêter à une évaluation. Ils le veulent bien, mais à la condition de respecter la méthode, qui n’est pas liée à la dilution infinitésimale, quoique vous en pensiez (mal).
Ce sont les personnes qui connaissent l’homéopathie qui seules sont capables de mettre au clair la méthodologie d’évaluation, les autres, et en particulier les médecins classiques, en étant incapables car ne connaissant pas l’homéopathie.
C’est comme si on demandait à un garagiste d’évaluer la synthèse d’un produit chimique, et encore, je crois que ce serait plus facile pour lui.