Hervé3
Au moment de l’ouverture à la
concurrence des services postaux et de sa transformation en EPIC, La
Poste a demandé à être soulagée du surcoût des retraites de ses
fonctionnaires. Son raisonnement était basé sur « l’équité
concurrentielle »
Le gouvernement a accepté cette
demande et a gelé la contribution de La Poste au financement des
retraites de ses fonctionnaires au niveau de 1997, soit environ 2
milliards € par an indexés sur l’inflation. Le surplus, en
croissance très rapide, est financé par l’État. En 2009, cette
charge prise en compte de l’état et ne figurant pas dans les comptes
de la Poste est de 1 milliard.
En 2006, La Poste a estimé que la réforme de 1997 était
insuffisante pour lui assurer« l’égalisation des
conditions de concurrence avec les nouveaux entrants ».
La « contribution libératoire » versée par
La Poste à l’État sera progressivement abaissée pour la ramener
en 4 ans à un taux identique aux taux appliqués dans le secteur
postal et le secteur bancaire privés.
En contrepartie, la charge pour l’État augmentera très
fortement, elle aura été multipliée par 2,5 de 2005 à 2010. Grâce
à cette mesure, la charge retraite de La Poste a diminué de 522
millions d’euros entre 2006 et 2007, lui permettant de faire
apparaître un résultat net progressant de 811 M€ en 2006 à 943
M€ en 2007, en augmentation de 16%. Sans ce rabais, le résultat
net aurait baissé de 35%.
Donc, quand vous voyez que la Poste affiche un résultat net
positif, n’oubliez pas ce que l’Etat prend en charge au titre des
retraites que la Poste ne financer à 100%.