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Commentaire de Inquiet

sur De l'antisyndicalisme à la syndicalophobie


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Inquiet 27 janvier 2010 11:55

Je comprends mal : vous excusez la nécessaire « prudence » des syndicats occidentaux sur le terrains par exemple lors de manifs, et vous n’hésitez pas à décrier la prudence excessive des travailleurs comparativement à ceux qui sont assemblés en syndicats dans des dictatures non démocratiques.

Vous voyez, ce que vous pointez chez ce que vous appelez les syndicalophobes c’est exactement le reproche qu’on fait au syndicats : celui de se servir des autres pour les tâches « dangereuses » et réagir suivant le résultat des actions.

Si si, je vous assure il existe exactement le même discours mais scrupuleusement inversé chez les syndicalophobes.

Ce n’est pas la première fois qu’on entend parler de « salarié protégé » quand on a un syndicaliste dans les effectifs de l’entreprise, de là à penser que la vocation syndicale n’a d’égale intérêt que celle de perdurer à son poste il n’y a qu’un pas.
Conception et attitude très humaine qui est celle de la survie.

Le fait de « savoir se mettre en danger » poser par Bourdieu n’est peut être pas étranger à ce constat.

La plupart du temps, les délégués du personnel sont aussi des délégués syndicaux.
Lors des dernières élections du personnel dans mon entreprise, il y a eu pour la première fois la création de 2 listes suite à la présence d’un 2ème syndicat.

Lorsque les délégués sont passés en catimini dans les ateliers et les bureaux, qu’ils ont voulus vendre leur soupe, je n’ai pas fait de « syndicalophobie » de base.
J’ai souhaité vraiment élire des délégués « agissant » me positionnant comme un électeur « responsable ».

Mais à vrai dire je n’ai rien eu à me mettre sous la dent. Et pourtant je ne parlait pas en terme ump-g (uniquement pour ma gueule).

Je me suis posé la question de ce que pouvais apporté un délégué volontaire.
Le clientélisme genre « une prime pour tous », « une augmentation de salaire pour tous » j’y suis naturellement sensible et c’est humain, mais j’ai opté pour une option plus fondamentale de doléance :
- lors des CE/DP plus de 90% du temps sur les sujets essentiels liés à la santé de l’entreprise, la répartition salariale, les investissements ... la plupart des informations importantes et claires sont dites en « off » avec de la part de la direction une batterie d’interdictions légalement établies empêchant leur divulgation.
- lors des entretiens individuels annuels : malgré la préparation d’un argumentaire prévoyant de demander des compensations légitimes établies autour d’écrits, de témoignages, de bilans, nous nous retrouvons heurtés par une mur indéfectible : celui du manque de données.

Comment affirmer que l’employeur « peut payer » si les délégués ont l’absolue interdiction de dévoiler des chiffres ?

N’est-il pas dans l’attribution d’un syndicat de s’entourer d’experts judiciaires pour casser des immobilismes dictés par le patron ?

N’est-il pas dans l’attribution d’un syndicat de réagir parfois avec la force (s’entend au sens syndical) lorsque le droit de parole est largement compromis ? Ne peut-il pas au moins le dénoncer FORTEMENT ?

Je crains être de plus en plus d’accord avec Bourdieu : il ne peut y avoir d’action efficace sans au moins une petite prise de risque.

En face, ils mentent, truquent, manipulent et pas forcément dans le respect de la loi.

Les cotisations, ne sont-elles pas là pour payer les frais d’avocat ? On verra après pour les pots de l’amitié non ?


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