De l’antisyndicalisme à la syndicalophobie
La notion de syndicalophobie n’a pas encore de définition suffisante. Le but de cet article est donc d’en préciser les aspect, en la distinguant notamment du traditionnel antisyndicalisme.
Une simple recherche sur Google montrera le manque de littérature spécialisée sur la question. Le terme « syndicalophobie » semble avoir été employé pour la première fois par Pierre Bourdieu dans un texte célèbre, repris par le
Monde diplomatique, intitulé « Pour un savoir engagé », publié en février 2002 (il est consultable en intégralité sur le site du journal à l’URL
http://www.monde-diplomatique.fr/2002/02/BOURDIEU/16120). S’ajoutent à Bourdieu mon récent ouvrage sur la question, et quelques interventions, sur des blogs, d’internautes pro- ou anti-syndicats, qui confondent plus ou moins syndicalophobie et antisyndicalisme. Mais, en définitive, les recherches sur « syndicalophobie » renvoient en priorité, et presque exclusivement, à ce texte célèbre du sociologue. Cependant, pour prestigieux que soit l’article, son auteur ne va pas jusqu’à la caractérisation du concept : le terme est employé, mais sans véritable définition. Pire même, l’article de Bourdieu semble tomber dans le travers qu’il dénonce... à savoir la syndicalophobie. Pour s’en rendre compte, citons le passage incriminé (c’est moi qui met en gras).
Un mouvement social européen n’a, selon moi, de chance d’être efficace que s’il réunit trois composantes : syndicats, mouvement social et chercheurs - à condition, évidemment, de les intégrer, pas seulement de les juxtaposer. Je disais hier aux syndicalistes qu’il y a entre les mouvements sociaux et les syndicats dans tous les pays d’Europe une différence profonde concernant à la fois les contenus et les moyens d’action. Les mouvements sociaux ont fait exister des objectifs politiques que les syndicats et les partis avaient abandonnés, ou oubliés, ou refoulés. D’autre part, les mouvements sociaux ont apporté des méthodes d’action que les syndicats ont peu à peu, encore une fois, oubliées, ignorées ou refoulées. Et en particulier des méthodes d’action personnelle : les actions des mouvements sociaux recourent à l’efficacité symbolique, une efficacité symbolique qui dépend, pour une part, de l’engagement personnel de ceux qui manifestent ; un engagement personnel qui est aussi un engagement corporel.
Il faut prendre des risques. Il ne s’agit pas de défiler, bras dessus bras dessous, comme le font traditionnellement les syndicalistes le 1er mai. Il faut faire des actions, des occupations de locaux, etc. Ce qui demande à la fois de l’imagination et du courage. Mais je vais dire aussi : « Attention, pas de "syndicalophobie". Il y a une logique des appareils syndicaux qu’il faut comprendre. » Pourquoi est-ce que je dis aux syndicalistes des choses qui sont proches du point de vue que les mouvements sociaux ont sur eux et pourquoi vais-je dire aux mouvements sociaux des choses qui sont proches de la vision que les syndicalistes ont d’eux ? Parce que c’est à condition que chacun des groupes se voie lui-même comme il voit les autres qu’on pourra surmonter ces divisions qui contribuent à affaiblir des groupes déjà très faibles. Le mouvement de résistance à la politique néo-libérale est globalement très faible et il est affaibli par ses divisions : c’est un moteur qui dépense 80 % de son énergie en chaleur, c’est-à-dire sous forme de tensions, de frictions, de conflits, etc. Et qui pourrait aller beaucoup plus vite et plus loin si...
Le sociologue revient sur des mouvements sociaux importants, et Bourdieu a les grandes grèves pour les retraites de 1995 en tête, si l’on en croit la présentation faite par les journalistes du
Monde diplomatique, qui précède son texte. Pour autant, il dissocie complètement la notion de « mouvement social » et de « syndicalisme », appelant malgré tout à une fraternelle quoiqu’improbable coopération entre les deux. C’est le premier point faible de cet article : on voit mal en quoi les mouvements sociaux seraient étrangers au syndicalisme, et le syndicalisme étranger aux mouvements sociaux. J’ai personnellement vécu les deux mouvements importants sur les retraites (1995 et 2003 en tant que salarié de l’Éducation Nationale, et, pour 2003, également en tant que délégué syndical SN-FO-LC) et je n’ai pas perçu une seule fois que les syndicats aient été étrangers à ces mouvements, ou à la traîne. Bien au contraire, il m’a toujours semblé qu’ils étaient, et notamment par leurs délégués, en première ligne. Second point faible : les mouvements sociaux auraient réinventé des « objectifs politiques » et des « méthodes » ignorés ou refoulés par les syndicats. De quoi s’agit-il ? Mystère. Recevoir les coups des CRS dans les manifestations (puisque Bourdieu évoque le courage physique) ? Il me semble qu’en la matière, un syndicaliste n’est ni plus ni moins épargné par la répression que n’importe quel autre manifestant (il sera peut-être simplement un peu plus prudent, car un peu plus lucide : une organisation syndicale, notamment, ne saurait appeler officiellement à des actions illégales, ne serait-ce que pour assurer sa survie, sa crédibilité et son efficacité). Il faut prendre des risques, admettons !, mais je ne sache pas que Bourdieu ait connu la prison ou simplement la garde à vue pour s’être démené dans une manifestation. Troisième point faible : Bourdieu réduit le syndicalisme à des défilés « bras dessus bras dessous » le Premier mai... De la part d’un spécialiste du social, ce résumé de l’action syndicale est un peu court, pour ne pas dire d’un vide sidéral ! Bref : notre pourfendeur de la « syndicalophobie » se complaît bel et bien dans les propos syndicalophobes, et il traite ses camarades syndicalistes comme des frères inférieurs auxquels il adresse de fortes leçons de morale et de courage politique. L’article de Bourdieu est tendancieux et ambigu, peu favorable aux syndicats dans le fond, et il se rattache ainsi à la plus pure tradition du gauchisme intellectuel, qui nous présente les syndicats comme de vieilles bureaucraties sclérosées incapables de comprendre les intérêts du prolétariat, conception d’autant plus navrante qu’elle émane en général d’idéologues reconnus et adulés, dont le train de vie n’est pas vraiment celui d’un ouvrier d’usine, ni même celui d’un modeste instituteur ou d’un petit prof du secondaire... Sur les ambiguïtés de la critique du syndicalisme par Bourdieu, on peut d’ailleurs consulter l’article de référence de Sophie Béroud à l’URL :
http://www.mouvements.info/Un-renouveau-de-la-critique.html.
Au-delà des ambiguïtés sociologiques, se pose une question plus importante encore : en admettant que les syndicats aient des reproches à se faire, peut-on pour autant dédouaner la syndicalophobie, qu’elle soit syndicalophobie de masse ou qu’elle émane de quelques intellectuels gauchistes, de sa responsabilité face à l’influence prépondérante, totalitaire même, de l’idéologie et des politiques (néo)libérales ? On me rétorquera que poser une question pareille, c’est déjà y répondre. J’ai effectivement tendance à penser que les syndicalophobes de tout poil y sont pour beaucoup dans l’avènement du capitalisme décomplexé et bling-bling actuel, et cela quand bien même ces chers camarades syndicalophobes se réclameraient haut et fort de l’émancipation du salariat. Mais, une fois de plus, il nous faut définir ce concept avant de pousser l’analyse.
La syndicalophobie n’est pas l’antisyndicalisme. L’antisyndicalisme est une pratique politique et entrepreneuriale visant soit à supprimer le syndicalisme, soit à empêcher qu’il ne se constitue réellement, soit, plus subtilement, à détourner les syndicats de leurs mandats. Cette pratique est traditionnellement celle du patronat et, pour employer un vocabulaire marxiste, celle de l’État-bourgeois à une échelle plus large. Dans le monde démocratique, où les réflexes de survie culturels sont peu compatibles avec l’idée d’une suppression pure et simple des contrepoids opposés aux pouvoirs dominants (sans compter qu’en France, cela rappellerait de trop près la politique « corporatiste » du Maréchal Pétain sous l’Occupation), le patronat, les milieux d’affaires et la finance, ainsi que le droite conservatrice tendent plutôt à entraver l’action des syndicats sans la casser complètement, tout en essayant de diviser pour mieux régner, en opposant un syndicalisme de collaboration de classes, gracieusement appelé « responsable », à un syndicalisme de résistance aux contre-réformes, taxé d’immobilisme et d’intransigeance. Le but de cet article étant moins de définir l’antisyndicalisme que la syndicalophobie, je ne m’étendrai pas trop sur le sujet. Je résumerai simplement la situation en classant les différentes formes d’antisyndicalisme que l’Histoire et la sociologie peuvent nous livrer ; en revanche, l’examen, même rapide, de la pratique antisyndicale me permettra de cerner la différence fondamentale qui distingue l’antisyndicalisme de la syndicalophobie.
On peut donc dénombrer : 1) l’antisyndicalisme patronal, à l’intérieur de l’entreprise, et plus généralement l’antisyndicalisme des actionnaires, des financiers, des banquiers, etc. ; 2) l’antisyndicalisme politique traditionnel de l’État-bourgeois, peu avare en campagnes de répression des travailleurs ; 3) l’antisyndicalisme d’État des anciennes dictatures de l’Est, oscillant entre l’interdiction pure et simple du syndicalisme et la mise en place cynique d’un « syndicat » obligatoire, entièrement voué à l’embrigadement et à la répression des travailleurs ; 4) l’antisyndicalisme des hommes politiques, de gauche comme de droite, appelés à jouer un rôle patronal en tant que chefs de service, dans une collectivité territoriale, par exemple, ou à la tête d’un ministère, face à leurs fonctionnaires, titulaires ou précaires ; 5) enfin, l’antisyndicalisme des idéologues de droite, (néo)libéraux, (néo)conservateurs ou populistes, dont les liens avec les pouvoirs économiques sont trop évidents pour qu’on ait à les démontrer. J’en oublie peut-être... Mais peu importe, cette typologie suffit à comprendre que l’antisyndicalisme émane des pouvoirs, et des hommes de pouvoir, que ces pouvoirs soit politiques ou, plus directement, économiques. En clair : l’antisyndicalisme vient d’en haut et il est le propre de gens qui ont un intérêt certain à cautionner l’exploitation et l’oppression des travailleurs. L’antisyndicalisme émane principalement de la bourgeoisie capitaliste, de ses sophistes et de ses serviteurs politiques. Dans les anciens pays de l’Est, l’antisyndicalisme fédérait, à défaut d’autre chose, tous ceux qui représentaient les intérêts supérieurs de l’État et surtout du Parti, c’est-à-dire, une fois de plus, les pouvoirs en place, ou, plus clairement encore, l’ordre établi.
La syndicalophobie n’a rien à voir avec l’antisyndicalisme, elle s’y oppose même, comme une tendance tout à fait originale et atypique ; à l’inverse de l’antisyndicalisme, elle vient d’en bas, elle est le propre de ceux qui, précisément, subissent l’oppression et l’exploitation, de ceux qui souffrent, dans leur chair et leur vie, sous le joug des pouvoirs. Au strict sens du terme, la syndicalophobie ne peut ainsi caractériser que les exploités et les opprimés, la masse, la foule, les damnés de la terre si l’on veut, et non ces mandarins gauchistes que j’évoquais plus haut, dont le style de vie est nettement plus bourgeois que prolétarien. Mais enfin, comme les gauchistes se réclament de l’émancipation du prolétariat, et comme je les crois sincères malgré tout, je classe leurs idées dans la catégorie des idées syndicalophobes plutôt qu’antisyndicales. Je viens de dire que la syndicalophobie s’oppose à l’antisyndicalisme, au sens d’une opposition conceptuelle, et non pratique. Dans la réalité des comportements collectifs, il est bien évident que la syndicalophobie et l’antisyndicalisme sont en parfaite collusion, ce qui fait d’ailleurs le désespoir de tous les militants syndicaux, à commencer par moi-même. L’antisyndicalisme souhaitait l’exténuation des syndicats ; la syndicalophobie y parvient ! Il n’est qu’à constater la chute tendancielle du taux de syndicalisation des salariés depuis trois décennies pour s’en rendre compte. C’est le prolétariat lui-même qui mène sa propre politique d’autodestruction en méprisant (et parfois en agressant) ceux qui, parmi les salariés, ont le courage de se constituer en sections syndicales et de revendiquer, pour eux-mêmes comme pour les non-syndiqués, de nécessaires améliorations de leur condition de travailleurs. La bourgeoisie capitaliste en rêvait, le prolétariat l’a fait - tout seul, et presque sans qu’on lui demande... tel est le constat tragique que n’importe quel théoricien de la syndicalophobie, moi ou un autre, peut faire en contemplant l’indifférence méprisante que ses collègues peuvent manifester à l’égard de l’engagement syndical, y compris lorsque le syndicat de base négocie et obtient un tant soit peu de choses (la mémoire des gens est, en général, assez courte).
À ce constat tragique, les idéologues antisyndicaux (droitiers) ou syndicalophobes (gauchistes) opposent cette idée, majoritairement répandue, que la détestation massive des syndicats de salariés par les salariés viendrait du fait que les syndicats, et leurs responsables, seraient fondamentalement... « mauvais » ! Les ultralibéraux assimilent les organisations syndicales à des conjurations d’immobilistes incapables de comprendre les évolutions du temps présent (ces fameuses évolutions qui justifieraient des réformes « responsables », et favorables, disent-ils, aux salariés eux-mêmes !) ; quant aux ultras de la gauche mandarine, ils présentent les syndicats comme de vieilles bureaucraties dépassées, qui passeraient leur temps à trahir les idéaux révolutionnaires, qui braderaient l’espoir d’une société sans classe et l’avènement du Grand Soir au profit de petites revendications insignifiantes. Il faut pourtant réaffirmer que le syndicalisme ne vit que du militantisme des salariés qui s’engagent et prennent des responsabilités, notamment celle, devenue bien dangereuse, de délégué syndical dans le secteur privé. Si, dans une entreprise ou dans une administration, il existe un très mauvais syndicat, c’est encore et toujours aux salariés de ce secteur d’activité qu’il incombe : ou de créer un autre syndicat, ou de secouer les puces d’un délégué dévoyé, ou encore d’éviter de voter massivement pour un syndicat ripoux aux élections professionnelles. De quelque manière qu’on tourne la chose, les mauvais syndicalistes et les mauvais syndicats, s’ils existent, ne deviennent mauvais que par la passivité et l’indifférence de masse. Les salariés n’ont que les syndicats qu’ils méritent ; il existe, il est vrai, en France comme ailleurs, des syndicats qui signent à peu près tout, y compris l’intolérable ; si les salariés avaient réellement à cœur de s’occuper de syndicalisme, ce genre de syndicats n’existeraient pas. Il n’est pas impossible d’ailleurs que ce soit ces mêmes salariés, qui affichent durant une partie de leur carrière des positions totalement syndicalophobes, et qu’on retrouve ensuite encartés, sur le tard, dans des syndicats de complaisance.
Il faut ajouter que la syndicalophobie ne serait rien encore si elle ne s’accompagnait pas très souvent de l’assistanat syndical, modalité la plus hypocrite du comportement syndicalophobe. Un syndicalophobe authentique haïrait les syndicats au point de ne jamais rien leur demander. Mais, dans le monde de l’entreprise comme parmi les salariés des administrations, ce n’est pas du tout de cette manière que les choses se passent. Le calcul du salarié syndicalophobe est en réalité très simple. a) Je ne prends pas de carte parce que c’est trop cher. b) Toutefois, j’essaie de faire intervenir le délégué syndical si j’ai un problème. c) Si le délégué réussit à résoudre mon affaire, c’est tout bénéfice, je n’ai pas déboursé un centime, et c’est le délégué syndical qui a pris les plus gros risques en allant ferrailler auprès du chef ou du patron. d) Si le délégué échoue, j’aurais le plaisir de clamer haut et fort que le syndicalisme ne sert à rien et que les syndicalistes sont tous des vendus... L’assistanat syndical, on le constate, est une forme particulièrement saisissante d’individualisme salarial et de refus de l’action collective. Syndicalophobie et individualisme sont finalement une seule et même chose, souvent couplée au harcèlement moral, aux violences... entre salariés. Le salarié syndiqué, à l’inverse, essaie de solidariser sa souffrance avec celle des autres collègues, afin que s’installe un climat de revendication collective, suffisamment déterminé, y compris par la grève, pour faire plier le chef d’entreprise ou le supérieur hiérarchique. Solidarité avec les collègues, action collective, élaboration d’un cahier de revendications précis et négociable, déterminé et rédigé en commun, voilà au contraire, dans un climat de camaraderie indispensable, l’essence même du syndicalisme de terrain.
Je terminerai cet article par une considération qui n’est pas à porter à l’honneur des « occidentaux ». La syndicalophobie est un luxe de « pauvres-privilégiés », qui vivent encore dans des pays plus ou moins démocratiques, où subsistent des libertés syndicales. Dans des dictatures sordides, où avoir une opinion est déjà un crime passible de tortures, d’incarcérations très longues, de nombreux héros de l’ombre savent pourtant, avec un courage inouï qu’ils payent parfois très cher, organiser des syndicats clandestins, faisant émerger un syndicalisme souterrain, non dénué d’efficacité pourtant, et qui mérite toute l’admiration qu’on doit à la contestation érigée en vraie résistance. Ces « pauvres-indigents » manifestent nettement plus de courage que leurs homologues des pays libres. Lorsqu’on songe, ne serait-ce qu’un instant, à tous ces responsables syndicaux qui font l’objet de la répression la plus effroyable un peu partout dans le monde, on ne peut s’empêcher de considérer avec amertume l’indifférence ou le mépris que les travailleurs occidentaux opposent à leur propres syndicats et à leurs braves délégués de base. Le travailleur des pays démocratiques, en se dé-syndicalisant à outrance, laisse en effet s’effondrer peu à peu une liberté syndicale qui disparaîtra peut-être un jour dans sa totalité ; et c’est du reste ce que désire vivement le Capital et les capitalistes. L’horreur syndicalophobe reste bel et bien le visage contemporain de la servitude volontaire, et l’on ne peut que songer à ce qu’écrivait en son temps La Boétie selon lequel, déjà, il fallait que les petits cessent un peu d’accuser les grands de ce monde pour s’accuser un peu plus eux-mêmes...
Il n’y a plus qu’à résumer tout ce qui précède par un paragraphe rédigé à la façon d’une rubrique de dictionnaire.
Syndicalophobie. N. f. Attitude de détestation, de mépris des syndicats. Particulièrement : attitude visant à discréditer, voire à entraver l’action des syndicats de salariés, et pouvant se traduire par des propos blessants, des agressions verbales ou même physiques contre les représentants syndicaux. À distinguer de l’antisyndicalisme qui émane des pouvoirs et des hiérarchies (politiques, étatiques, économiques, etc.), la syndicalophobie représente essentiellement un rejet des organisations syndicales de salariés par les salariés eux-mêmes, et, plus généralement, par la base des milieux populaires.
Luc Paul ROCHE
Professeur de philosophie, responsable syndical FO
Auteur de SYNDICALOPHOBIES, L’horreur syndicalophobe ou les nouveaux visages de la servitude volontaire
26 janvier 2010