Bonjour,
Un morceau de bravoure cet article, que je savourerai à tête reposée pour les détails. Merci.
J’aimerais juste insister sur un point :
Sur les mots : ce ne sont pas les mots que l’on nous vole, mais les mots qui nous détournent du réel en identifiant notre expérience aux représentations qu’ils permettent de véhiculer.
Ce premier détournement peut être manipulé par une conscience cynique et donner lieu au détournement des mots pour soi-disant désigner quelque chose de plus réel. Tout celà se passe dans le rêve éveillé du quotidien et s’appuie sur une illusion de réveil en manipulant nos peurs et notre culpabilité avec de fausses solutions, c’est à dire sans réel réveil, car leur seule vraie cause est le sommeil.
Le réel est une expérience qui ne peut se conjuguer qu’au présent en sortant du rêve. Les mots ne peuvent pas nous rendre cette expérience. Et cette expérience nous libère des influences destructrices des détournement des mots.
Par l’expérience, l’esprit et la matière peuvent au final coïncider en cessant de se différencier. L’expérience du présent est une insoumission totale à toutes les classifications, à toutes les autorités, à tous les espoirs chimériques. Et à l’inverse, une soumision totale à la réalité, la consécration de sa propre existence.
Ces deux aspects sont indissociables et la démarche, dans ses oscillations entre sommeil et réveil, donne accès à la connaissance de soi et des mécanismes de la conscience : comment s’endort-t-on, comment se réveille-t-on ?
Sans réponse à ces questions, on ne peut que construire des tours de babel pour atteindre les cieux.
Bonne journée à tous.