Si vous êtes curieux de l’avis d’une femme, je vais vous donner le mien. 
Je trouve que réduire tout au « besoin de sécurité des femmes » est assez simpliste. En fait, tout le monde a besoin de sécurité à un moment ou à un autre. Ce n’est pas un fantasme mais une aspiration, grosse nuance.
Car la sécurité, ça peut être aussi sacrément chiant !
Quand vous vous faites un petit day-dream dans votre tête, est-ce que vous visionnez des images respirant la sécurité ? Non, vous cherchez l’excitation. D’où l’incompatibilité, il me semble, entre les notions de sécurité et de fantasme !
Je pense que les analyses que vous avez lues confondent les aspirations raisonnables des femmes avec leurs fantasmes.
Au contraire de vous, je considère que le bad boy incarne justement le danger et que c’est en cela qu’il est excitant. Alors peut-être que, dégageant une image virile, il peut potentiellement protéger la femme mais il peut également, et surtout, l’entraîner dans des situations dangereuses et lui faire prendre des risques qu’elle n’imaginerait jamais prendre dans la vraie vie. En somme, le bad boy incarne la transgression.
Pour les adolescentes, fréquenter un bad boy signifie d’ailleurs braver l’autorité de ses parents. Pour une femme adulte, cela signifie braver les conventions, passer outre les attentes de la société (fonder une famille, avoir une belle maison, etc.) pour vivre quelque chose d’intense, sans souci des conséquences.
Voilà ma conception du bad boy.
Là où je vous suis totalement c’est lorsque vous comparez le bad boy à la femme inaccessible. Car c’est ça, un bad boy, c’est un fantasme avant tout.
Enfin presque : certaines femmes aiment les gangsters pour de vrai. Je ne sais pas si vous connaissez le film Public Enemies de Michael Mann, celui où Johnny Depp incarne Dillinger. Bref, Marion Cotillard y interprète sa compagne. Ayant été à la conférence de presse du film, je me souviens de ce qu’elle a dit sur la manière dont elle a travaillé son personnage. En effet, ce n’est pas n’importe quelle femme qui irait jusqu’à sortir avec un gangster qui vit dangereusement. C’est pourquoi elle a rencontré des femmes qui ont eu ce genre d’amants pour cerner un peu leur psychologie. D’après ce qu’elle disait, ces femmes avaient au moins une chose en commun : elles n’avaient aucune attache, pas ou plus de famille et un job qu’elles pouvaient quitter du jour au lendemain sans regret.
Bref, tout ça pour dire que le bad boy ne représente pas seulement la virilité mais aussi l’attrait du danger et, à mes yeux du moins, une rébellion des femmes contre les attentes que la société nourrit à leur égard, une envie de tout envoyer balader. Le mot transgression résume assez bien tout cela.
Enfin, j’ajouterais que nous avons tous et toutes non pas un mais plusieurs fantasmes. Et parfois des fantasmes contradictoires ! C’est ça qui fait la richesse de notre monde intérieur, non ? 