Aucune des sociétés humaines connues ne néglige ses morts.
L’incompréhension de ce néant, peut peut-être expliquer ce besoin que l’homme a
de croire.
La crémation n’est effectivement pas récente en tant qui
rite funéraire tout court : « Après un diagnostic préalable
de l’Institut national de recherche archéologique préventive, les scientifiques ont réalisé une fouille et
mis au jour une tombe et des foyers de
crémation (Carpentras).
Ceux-ci pourraient dater entre le
néolithique moyen et le néolithique récent, soit 6 000 ans avant aujourd’hui. »
(La Provence : 22/10/2008) Du néolithique et jusqu’à Constantin (4ème
s.), premier empereur romain à se convertir au christianisme et à placer le
divin au-dessus de son rôle d’Empereur, dans le « monde connu »,
crémation et inhumation se partagent le rituel funéraire chacune pour moitié
avec quelques différences selon les époques et les lieux.
Tout se radicalise sous Charlemagne dans son capitulaire aux
Saxons de 785 (De partibus Saxoniae) : "Quiconque
fait brûler un corps, suivant la coutume païenne, sera puni de mort"
où cet empereur décide, dans un bel élan mystique, que la crémation est un rite
païen et qu’il faut transformer tous ces mécréants en bons chrétiens, urbi et
orbi, et par l’épée si nécessaire.
Jusqu’aux Lumières et à la Révolution, les pasteurs de ce
troupeau, le clergé, auront la main mise sur leur corps, de la naissance à la
mort. Après, les agneaux deviendront des « individus » et devront
s’émanciper de la classe dominante, la bourgeoisie, qui verrouille, avec
l’appui sans faille de l’Eglise, toute la vie sociale du 19ème
siècle.
Ciel ! (si je puis dire…) Nous avons donc un libre
arbitre et un sens critique !? La faculté de penser par nous-même !?
De deux choses, l’une, ou Dieu nous a « livré » avec ; et alors
là, quelle erreur ! Ou, pire, Dieu n’existe pas ! Je ne me
prononcerai pas là dessus ; dans l’un comme dans l’autre cas, ce serait
faire acte de foi.
Et justement, c’est bien ce qui coince ! La foi !
Ou plutôt, la perte de la foi, d’autant que ces abominables impies de musulmans
vont incessamment dépasser en nombre les tenants de la vraie foi !
Horreur ! : « Le sacré, dans l’acte de crémation dans nos
régions, n’intervient en aucune manière. Nous sommes ici dans le domaine du
profane. »
« Sacré », nous y voilà : Qui
appartient au domaine séparé, intangible et inviolable du religieux et qui doit
inspirer crainte et respect (par opposition à profane) (Larousse)
Eh ! oui ! L’homme est à l’image
de Dieu et mettre l’accent sur l’abandon partiel de la traditionnelle
pierre tombale n’a, bien sûr, rien à voir avec la bourse du marbrier
(Cnef), ni l’organisation du « cérémonial », [par] un employé
du crématorium recruté par le biais d’une annonce Anpe/Pôle Emploi, avec le
manque à gagner (120€ en moyenne) d’un protocole spécifique dit par un
prêtre… Le marbre et le goupillon ! Même combat !
Cessons là. Cet article n’est qu’un galimatias assaisonné de poncifs mystico-foireux pour gogos en mal d’autorité. C’est tellement plus rassurant de déléguer sa décision à un « maître »...