Le projet de loi a, effectivement, été adopté, en
première lecture, par l’Assemblée Nationale. Cela n’en fait pas pour autant une
« loi ».
En effet, un texte ne devient « loi » que
s’il est adopté, de manière similaire, par les deux Chambres (a), signé par le
PM (b), promulgué par le Président de la République (c) et (dès lors qu’il est
saisi) approuvé par le Conseil Constitutionnel (d).
S’agissant de la PMA/GPA, l’Assemblée Nationale s’est
déjà prononcée pour, en validant l’article 1er du projet de loi. En
effet, en définissant le mariage civil comme l’union de deux personnes de sexes
différents ou de deux personnes de même sexe, le Législateur français a donné à
la CEDH le moyen « d’octroyer » la PMA/GPA aux couples de même sexe.
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Un statut unique de mariage « pour tous » implique
que les droits et obligations liés à ce statut sont les mêmes « pour tous ». Cela
vaut aussi pour l’accès à l’adoption et à la procréation artificielle (PMA). Il
n’y a plus de motif valable de discriminer entre les couples dès lors que le
motif sexuel a été écarté. Par ailleurs, aux yeux de la CEDH, l’infertilité
pathologique ne sera pas suffisante pour restreindre la PMA/GPA. En effet, la
CEDH trouve de plus en plus que les « considérations morales » ne peuvent pas
justifier à elles seules la limitation de la liberté et de l’épanouissement
individuels, lesquels incluent, selon la Cour, le droit d’avoir recours à la
PMA. La seule question résiduelle, pratique, vise la définition des droits des
mères porteuses.