@ Karol
Je suis sûr que la plupart des gens qui font des commentaires sur les armes à feu n’en ont aucune expérience eux même, à part l’utilisation qu’ils en voient à la télévision dans des séries américaines ?
Pour quiconque a déjà utilisé une arme à feu, les échanges de coups de feu que l’on voit dans ces séries sont totalement risibles par leur manque de réalisme.
Il se trouve que je suis d’une époque pendant laquelle il y avait encore le service militaire obligatoire.
Au cours de ce service militaire, il y avait un apprentissage du tir au pistolet.
L’arme qui nous était fournie était, si mes souvenirs sont justes, un « 9 mm parabellum », c’est à dire un relativement petit calibre( par rapport à ceux que l’on voit dans les séries américaines). Le but de l’exercice était de tenter de loger une balle dans une cible fixe à forme humaine située à 6 mètres de distance du tireur.
Déjà, à la base, ce genre d’arme est un objet en métal relativement lourd qu’il faut tenir le bras à moitié tendu, ce qui est rapidement fatiguant : il est difficile de maintenir la main fermement fixée dans une même direction, car on a rapidement la tremblotte ! Ensuite, on n’a pas la moindre idée de la force brutale et irrésistible du recul d’une telle arme : on tire et on se retrouve instantanément avec la main droite et le pistolet quasiment à la verticale, voire même bien en arrière d’un plan vertical passant par la droite reliant les deux épaules.
Il faut au moins quatre ou cinq secondes pour remettre le bras en position pour tirer une deuxième balle.
Malgré tous mes essais , je ne suis jamais parvenu à mettre aucune balle dans la cible à six mètres. Autrement dit, si j’avais essayé, comme ce bijoutier, d’arrêter un scooter en marche, la probabilité la plus importante est que j’aurais pu toucher n’importe quel passant se trouvant jusqu’à un angle de 30° à droite ou à gauche de la cible visée. On peut dire que c’est un véritable miracle que ce bijoutier, qui semble t-il n’avait pas de permis de port d’arme n’ait pas descendu un passant plutôt que son braqueur, à moins qu’il ne se soit très longtemps entraîné au préalable.
Je rejette donc l’idée émise par Blacklisted dans son premier commentaire sur la liberté du port d’arme, qui serait en réalité la liberté de mettre en péril la vie de tous les gens ayant le malheur de se retrouver à côté d’une situation de ce genre.
Il y a trois responsables principaux de la situation dans laquelle s’est retrouvée ce bijoutier :
- le cambrioleur lui même qui est quand même le principal responsable de ce qui lui est arrivé
- les juges totalement irresponsables qui ont inconsidérément laissé en liberté quelqu’un qui avait déjà plus d’une dizaine de méfaits à son actif, et qui aurait du par conséquent être mis à l’écart de la société pendant un temps suffisamment long pour le faire réfléchir à ses actes...
- et enfin, le bijoutier, qui n’aurait jamais du s’acheter d’armes pour ne pas se retrouver dans cette situation catastrophique. Mais des trois protagonistes, c’est peut-être lui le moins coupable...