Il y a un très bon article sur le réseau Voltaire
« On passe ensuite à une page plus honteuse encore : celle de la guerre
contre la Libye. Pour démanteler un État national qui, malgré d’amples
garanties et ouvertures à l’Occident, ne peut plus totalement être
contrôlé par les USA et par les puissances européennes, garde le
contrôle de ses propres réserves énergétiques en concédant aux
compagnies étrangères des marges de profit restreintes, investit à
l’étranger des fonds souverains pour plus de 150 milliards de dollars,
finance l’Union africaine pour qu’elle crée ses organismes économiques
indépendants : la Banque africaine d’investissement, la Banque centrale
africaine et le Fond monétaire africain. Grâce à un actif commercial de
27 milliards de dollars annuels et un revenu par habitant de 13 000
dollars, la Libye est avant la guerre le pays africain où le niveau de
vie est le plus élevé, malgré les disparités, et reçoit des éloges de la
Banque mondiale pour « l’utilisation optimale de la dépense publique, y compris en faveur des couches sociales pauvres ». Dans cette Libye environ un million et demi d’immigrés africains trouvent du travail.
Quand en mars
2011 commence la guerre USA/OTAN contre la Libye (avec 10 000 missions
d’attaque aérienne et de forces infiltrées), le président Napolitano
assure que « Nous ne sommes pas entrés en guerre » et Enrico Letta, vice-secrétaire du PD (Partito democratico), déclare que « Les
va-t-en-guerre sont ceux qui sont contre l’intervention internationale
en Libye, et certainement pas nous qui sommes des bâtisseurs de paix ». « Paix » dont les premières victimes sont les immigrés africains en Libye, qui, persécutés, sont contraints de s’enfuir [1].
Rien qu’au Niger 200 à 250 000 migrants reviennent dès les premiers
mois, perdant ainsi la source de revenus qui entretenait des millions de
personnes. Nombre d’entre eux, poussés par le désespoir, tentent la
traversée de la Méditerranée vers l’Europe. Ceux qui y perdent la vie
sont eux aussi des victimes de la guerre voulue par les chefs de
l‘Occident. Ces mêmes gouvernants qui aujourd’hui alimentent la guerre
en Syrie, qui a déjà provoqué plus de 2 millions de réfugiés. Parmi
lesquels certains tentent déjà la traversée de la Méditerranée. Si leur
embarcation aussi coule, il se trouve toujours un Letta prêt à proclamer
le deuil national.
Traduction
Marie-Ange Patrizio »