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Commentaire de Antenor

sur Les évangiles : un devoir de vérité


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Antenor Antenor 22 décembre 2013 17:55

@ Emile

« Un Simon Pierre que les Romains auraient fait disparaître en douce, c’est vraiment difficile à imaginer quand on sait la valeur dissuasive que les dits Romains attribuaient au crucifiement »

Pierre lui-même n’y croyait pas et pourtant : « Pierre sortit à sa suite ; il ne se rendait pas compte que l’intervention de l’ange était réelle, mais croyait avoir une vision (Ac. 12.9) »

« Ensuite, je ne vois pas ce que vous voulez dire avec votre Simon/Marc alors que dans un autre commentaire vous y voyez à juste titre un Jean (un rescapé de Jean). »

Quand Pierre et Jean commencent à prêcher (Ac.3.1), si Jean utilisait l’évangile de Jean, quel évangile utilisait alors Pierre si ce n’était pas celui de Matthieu écrit plus tard ?

« J’ai traité la question du fils de l’homme à la page 269 de mon Histoire du Christ, tome I, à savoir la définition que Jean en donne. Vous pensez que le Fils de l’homme est descendu dans Marc, point final. »

Pour résumer mon point de vue :

le Fils de l’Homme est une constellation dans laquelle le prophète Daniel voit le roi du monde à venir. Le Jésus des Evangiles est un clan convaincu que le Fils de l’Homme décrit par Daniel s’est fait chair dans un des membres du clan.

Maintenant, qui est précisément ce clan Jésus et d’où lui vient cette conviction si forte qu’il est le messie attendu ? Jésus est issu de Marie, elle-même issue de Joachim, le dernier roi de Judas. Le protévangile de Jacques veut nous faire comprendre que « Jésus » représente à ses yeux la branche légitime de la lignée de David. Voilà sans doute pourquoi Jean-Baptiste (la dynastie asmonéenne) affirme que celui qui arrive après lui était déjà là avant lui (Jn 29.30).

« Je pense que vous ne voulez pas voir que dans l’esprit des évangiles, l’esprit de Jésus ressuscite et que ceux dans lesquels cet esprit a ressuscité sont tenus, après avoir rédigé leur évangile, de monter sur la croix pour authentifier la parole qu’ils ont délivrée »

Monter sur la croix n’est pas suffisant pour authentifier leur parole. N’importe quel illuminé en était capable. Ce qui authentifie la parole de Jésus dans les Evangiles, c’est sa résurrection. Il suffit de voir dans quel état cela met les disciples qui doutaient jusqu’alors.

Idem dans l’Apocalypse, ce qui fait rend authentiques les deux témoins aux yeux de l’auteur, c’est leur résurrection.

« Vouloir réduire l’affaire à la seule crucifixion d’un individu qui aurait eu lieu sous Ponce Pilate, c’est revenir à la thèse classique que nous combattons tous deux, à savoir l’histoire banale d’un homme sage qui prêchait et dont des disciples auraient transmis, un siècle plus tard, de vagues souvenirs à des prêtres qui auraient astucieusement inventé une belle, trop belle histoire »

Crucifixion oui mais pas d’un seul homme sage. Crucifixion de tout un clan intimement persuadé d’être la branche légitime appelée à régner. Pour eux, le seul moyen de le prouver, c’était la croix et la résurrection du « Fils de l’Homme » se trouvant parmi eux. J’en suis-même à me demander si une bonne partie du Sanhédrin a fait crucifier Jésus non pas parce qu’ils le détestaient mais au contraire parce qu’ils croyaient vraiment qu’il allait ressusciter. L’hystérie a laquelle est confrontée Pilate a un côté carnavalesque et comme mise en scène.


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