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Commentaire de huxley

sur Les abus de la grande distribution


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huxley 2 juin 2014 18:15

Votre article est bien construit mais l’enquête ne va pas jusqu’au bout. La grande distribution n’est dans les faits jamais condamnée ou alors très rarement et a de très faibles montants. Effectivement les sociétés Carrefour et Intermarché ont installé des bureaux à Genève et cela depuis plus de 15 ans. Ces bureaux leur servent à facturer des prestations fictives à leur fournisseur à hauteur de quelques pourcents de leur chiffre d’affaires. Elles sont donc totalement inattaquables en France et n’ont surtout aucune taxe ni prestation sociale à verser sur ces montants. D’autre part en matière économique, les conflits avec leur fournisseur sont gérés par les tribunaux de commerce (tribunaux paritaires). Les juges n’y sont pas professionnels, ne connaissent souvent pas la loi, et comme tous les cabinets d’avocats sont mandatés dans des affaires par ces grands donneurs d’ordre pour entraver le cours de la justice. C’est avec cynisme que les acheteurs de ces grands groupes disent qu’ils n’ont aucun conflit avec leurs fournisseurs car ceux-ci disparaissent avant le terme des affaires juridiques.
Il suffit de regarder les scandales alimentaires récents aucune chaine de distribution n’a été condamnée pour avoir empoisonné des enfants avec des steacks hachés (Leclerc) ou distribué de la viande avariée (Lidl soit dit en passant sans traçabilité obligatoire depuis plus de 10 ans) trompé sa clientèle avec la viande de cheval (Picard) et même vendue de la viande bio quand il s’agissait de vache de réforme (encore Leclerc). A chaque fois ils étaient donneurs d’ordre il s’agissait de leur marque et les services vétérinaires n’ont jamais procédé à la fermeture de magasins par précaution. Par contre les PME impliquées ont elles été fermées alors même qu’elles n’avaient plus de commandes preuve encore que la distribution savait.
Le problème de la France n’est pas économique mais juridique.
L’ex dirigeant du Bayern Munich est sous les verrous pour avoir omis de déclarer 30 millions d’euros de revenus. La population allemande n’aurait pas admis qu’il en soit autrement. Ne vous demander pas alors plus pourquoi cela va un peu mieux en Allemagne qu’ici.
Chez nous c’est l’impunité la plus totale, les lois ne servent à rien puisqu’elles ne sont pas appliquées. La justice n’a de compte à rendre à personne, elle fait ce que bon lui semble quand elle fait quelque chose. On ne peut pas dire que beaucoup d’affaires aboutissent ou alors à vraiment peu de choses. Les gouvernements passent et rien ne changent, on découvre chaque jour plus d’affaires et aucune n’est résolue.
 Alors pourquoi s’en prendre à ces grands groupes, si la corruption, la fraude fiscale, le chantage... sont tolérés, elles ne peuvent s’en priver. C’est la loi de la concurrence : si vous donner des subventions à Amazon pour installer une nouvelle base alors même qu’ils sont redevables de plus de 200 millions d’euros au fisc et qu’ils pratiquent l’exode fiscal en toute impunité, il faut bien que leur concurrent en face autant pour rester compétitif. Tout le problème vient donc d’un écart de traitement des grands et des petits par la justice. Les PME sont délaissées face aux pratiques des grands donneurs d’ordre y compris l’Etat lui même et ses administrations. Elles sont même au contraire souvent la cible du mécontentement des fonctionnaires des impôts de l’Urssaf des collectivités territoriales qui tentent de ramener l’ordre en mettant en oeuvre des discours syndicaux d’un autre age. Elles ne peuvent pas installer leur siège à l’étranger car comme les petits particuliers ayant des comptes en Suisse, le fisc les en condamnerait sans justice. Et enfin elles n’ont pas accès aux médias et n’ont pas le droit de vote (bien qu’on ne puisse plus dire aujourd’hui que cela soit utile pour se faire entendre).
Patience nous n’avons pas encore touché le fond. Nous aurions pu espérer que des sanctions européennes seraient venues nous sortir de notre léthargie mais non, il faut encore attendre. C’est la France, il faut attendre que la marmite bouille, déborde pour tout remettre en cause tout casser et recommencer à zéro. Il nous faut attendre la prochaine révolution.


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