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Commentaire de soi même

sur Cérémonies du 11 novembre, avez-vous dit ?


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soi même 14 novembre 2014 18:22

Une autre boucherie passée sous silence ; La Guerre Iran-Irak (1980-1988)

L’Enlisement et les ingérences internationales

L’année 1982 voit les forces armées iraniennes briser pour un temps l’immobilisme du front. En mars 1982, elles partent à l’assaut des unités irakiennes qui occupent le Khuzestân. Trois opérations savamment coordonnées permettent aux Iraniens de libérer la province. La bataille de Khorramshahr, qui coûtera près de 25 000 hommes aux Irakiens (dont 7000 tués), illustre bien le renouveau des unités iraniennes qui compensent leur infériorité matérielle et leur inexpérience par une ardeur au combat sans faille.

Au début de l’été, les forces Irakiennes se replient sur la frontière internationale et établissent de solides positions défensives. Les attaques Iraniennes vont venir s’y briser et ce malgré le renfort de très jeunes miliciens volontaires, qui n’hésitent pas à se lancer dans des charges suicidaires. Se font alors face deux armées de près de 50 divisions chacune, qui exigent de leurs pays respectifs de grands sacrifices pour rester opérationnelles.

C’est là que l’enjeu des soutiens internationaux se révèle crucial. Il est en effet impensable pour Bagdad ou Téhéran d’alimenter seules de telles machines de guerre, que ce soit en raison de difficultés financières (les deux pays dépendent de leurs exportations d’hydrocarbures rendues difficiles par les combats) ou de la faiblesse de leur industries d’armement. L’Irak de Saddam Hussein, qui a d’emblée présenté le conflit comme une défense du monde arabe face à la révolution « perse » est soutenu non seulement par les pétromonarchies, mais aussi par le camp occidental. Les Etats-Unis, la Grande Bretagne, la France, l’Italie fournissent à Saddam Hussein de quoi renouveler constamment son arsenal.

Quant à l’Iran, initialement isolé il finit par trouver quelques fournisseurs, qu’il s’agisse de la Chine, de la Corée du Nord ou de la Lybie. Teheran parvient même à se procurer des armements cruciaux auprès des Etats-Unis, après une manipulation habile impliquant le Hezbollah et Israël (qui préfère que Saddam Hussein soit occupé face à l’Iran). L’affaire éclatera au grand jour en 1986 aux Etats-Unis, c’est le fameux « Irangate » et ternira le 2e mandat de Ronald Reagan.

Alimenté par les principaux fournisseurs d’armements de la planète, le conflit est devenu une véritable guerre totale. Outre la mobilisation idéologique de la population (surtout en Iran, où une génération est sacrifiée au feu pour compenser le déséquilibre matériel), les belligérants ne reculent devant rien pour obtenir la victoire. Les principales villes sont régulièrement bombardées et du côté Irakien on ne rechigne pas à employer des armes chimiques pour briser l’élan adverse. Enfin, à partir de 1984 Iran et Irak se livrent une véritable guerre au transport pétrolier dans le Golfe Persique, qui n’exclut pas les bâtiments neutres. Cette guerre des Tankers, fournira d’ailleurs un prétexte à Washington pour renforcer son aide à l’Irak et durcir ses sanctions à l’égard de la République Islamique.

Malgré cette escalade dans la terreur, aucun camp ne semble à même de l’emporter entre 1983 et 1988. Les offensives iraniennes successives, qui pour beaucoup se déroulent dans les marais et en direction de Bassora, sont contenues (avec difficulté) par une armée Irakienne disposant d’une plus grande puissance de feu. La révolte des Peshmergas Kurdes dans le nord de l’Irak ne constitue pas non plus la diversion escomptée et est finalement écrasée au printemps 1988 (ce qui donnera lieu au bombardement chimique d’Halabja). Cependant, saignée par les opérations iraniennes de 1984 et 1987, l’armée de Saddam Hussein manque de mordant. Sa dernière offensive en avril 1988, qui vise à favoriser une prise de pouvoir en Iran des moudjahidin du peuple (rébellion iranienne gauchiste) sera d’ailleurs un échec.

Sous la pression de l’ONU et convaincus que le champ de bataille ne pouvait plus les départager les deux belligérants se sont entendus pour signer un cessez-le feu entré en vigueur le 20 août 1988 (résolution 598 du conseil de sécurité nations-unies).


http://www.histoire-pour-tous.fr/guerres/3202-la-guerre-iran-irak-1980-1988.html


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