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Commentaire de Luc-Laurent Salvador

sur Génocide rwandais et schéma auto-victimaire


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Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 22 janvier 2015 02:53

Je ne suis pas convaincu que nos cheminements de pensée respectifs vont pouvoir se croiser ici.

1) D’abord, je n’ai pas saisi la nuance que vous voulez introduire sur le pouvoir. Je perçois bien que, comme pour la science et la technologie, on ne peut pas s’empêcher de faire « ce que l’on peut faire » dès lors qu’on a découvert qu’on pouvait le faire, peu importe les conséquences (le chercheur est moralement neutre, n’est-ce pas ?). C’est la volonté de puissance qui s’incarne à tous les étages. On peut donc, je crois, sans problème, postuler que le pouvoir est « invariant » dans sa logique d’un niveau à un autre. Dès lors, quel intérêt d’un distinguo subtil (que je n’ai pas saisi encore), je ne vois pas.

2) Tel que je le comprends (mais peut-être pourrez-vous me détromper ?), le meurtre rituel n’est pas une manipulation. Il ne relève pas du schéma auto-victimaire et forcer ici un parallèle mène à la confusion plutôt qu’à la compréhension. Je ne vois pas l’invariance dans « le déroulé des faits » comme celle des ressorts« que vous évoquez.

3) Je l’ai déjà dit mais peut-être mal, donc je le répète : tout ce que vous dites, vous diriez, je pense, exactement pareil, si je parlais simplement du mécanisme sacrificiel tel que conçu par Girard.

4) Or, je parle d’une »autre« chose : ce procédé diabolique qui consiste à réaliser l’impensable : se faire violence à soi-même puis mentir, en accusant la véritable »victime« , qui devient de fait »bouc émissaire« . Si, face à une violence qui attend son coupable (p. ex. un crime qui pourrait être rituel), on se tourne vers le premier bouc emissaire venu (un groupe de juifs ?) pour l’accuser, on est dans le schéma girardien classique dont on peut dire que l’accusateur »ne sait pas ce qu’il fait« (car il croit en l’accusation). Par contre, celui qui planifie cette violence initiale contre ses semblables afin de pouvoir accuser son bouc émissaire favori en pleine conscience de sa propre duplicité, celui-là est dans le diabolique pur sucre du schéma auto-victimaire. Il y a une énorme différence. La voyez-vous ?

5) Je m’amuse souvent à penser que je suis comme cet homme dont parlait Mark Twain lorsqu’il disait »Pour l’homme qui tient un marteau, tout ressemble à un clou« . Il me semble que vous avez votre propre marteau et vous martelez le thème de la »castration« de la »toute-puissance" à tout propos. Je pense que c’est excessif car des nuances vont vous échapper.

6) Notre organisastion psychologique étant basée sur le schème qui selon Piaget tend à s’assimiler tout l’univers (tout puissance congénitale du schème donc) il est clair que la limitation de la toute puissance est une problématique cardinale. Mais elle ne se fait pas sur le seul mode que je qualifierais d’éducatif et symbolique que vous semblez vouloir privilégier à partir de vos lectures vétérotestamentaires.


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