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Commentaire de Pascal L

sur Chronique d'un éveil citoyen – Episode 9 : La crise financière - un détonateur


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Pascal L 11 mars 2015 18:32

Votre intuition sur l’accélération des crises semble tout à fait justifiée. L’économiste australien Steve Keen l’avait déjà modélisé dans les années 90 à partir du principe d’instabilité monétaire de Minsky, ce qui lui a permis de prévoir les crises de 2000 et 2008 avec 2 ans d’avance et il nous promet bien la suivante. 

Il semble que le paramètre à surveiller comme le lait sur le feu est le rapport dette/PIB dont la croissance accélère lorsque la crise est imminente.

Le Quantitative Easing US de Ben Bernanke n’a pas créé d’inflation tout simplement parce qu’il n’a pas été utilisé par les banques. Alors que la masse monétaire M0 créé par la banque centrale pour les banques avait augmenté de 110%, les encours des particuliers et des entreprises (masse monétaire M1) n’a augmenté que de 20% et M0 a dépassé M1 alors qu’on nous explique que l’on injecte sur M0 parce que les banques peuvent multiplier cette somme par 10 dans M1. Si Obama avait été mieux conseillé, il aurait injecté cette somme directement dans les comptes des entreprises ou des particuliers et cela aurait été autrement plus efficace. Il aurait aussi pu investir directement dans la construction d’infrastructures comme pendant le New Deal.

Sur le résultat de la prochaine crise, il est difficile d’anticiper ; la nature de la dette est complètement différente de la dette de 29. A cette époque la dette était dans les entreprises alors qu’aujourd’hui, cela concerne les états et les particuliers. On ne peut pas fermer les états ou les familles en faillite ! La crise risque d’être plus durable mais avec un pic moins élevé.

La sortie de crise passe par la remise en cause du dogme de la création monétaire par la dette parce que c’est l’arme absolue des prédateurs. En Europe, les règles monétaires ont été coulées dans le béton, il ne sera pas facile de revenir dessus. Les dettes qui ne peuvent être remboursées ne seront pas remboursées et nos amis grecs pourraient cesser de payer un jour, ce qui causera la faillite de quelques banques françaises entre autres. Mais nous pouvons compter sur toute l’intelligence des dirigeants européens pour maintenir le plus longtemps possible à flot un système qui n’en peut plus.

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