• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile


Commentaire de Analis

sur Pourquoi des gens sont-ils silencieux - voire pire - à propos du 11 Septembre ? PARTIE 14 : l'impuissance acquise


Voir l'intégralité des commentaires de cet article

Analis 10 avril 2015 10:29

Suite :

http://www.psychomedia.qc.ca/societe/2011-11-23/information-et-confiance-envers-les-gouvernements

 :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: ::

De l’ignorance à la confiance envers les gouvernements

Soumis par Gestion le 23 novembre 2011 

Se sentir non informés ou incapables de comprendre des questions sociales importantes favorisent un sentiment de dépendance envers les gouvernements plutôt que de motiver à rechercher de l’information, selon une étude canado-américaine publiée dans le Journal of Personality and Social Psychology, une revue de l’American Psychological Association (APA).

Ce qui a pour conséquences, montrent Steven Shepherd de l’Université de Waterloo et Aaron C. Kay de l’Université Duke, d’augmenter la confiance dans les gouvernements, d’augmenter la tendance à les justifier et d’augmenter le désir d’éviter d’apprendre sur le sujet, surtout si l’information est négative.

Plus la situation est urgente et que les gens se sentent potentiellement menacés, moins ils veulent en savoir et préfèrent faire confiance aux gouvernements.

Les chercheurs ont mené une série de 5 études au Canada et aux États-Unis. Ils décrivent une "réaction en chaîne allant de l’ignorance concernant un sujet à la confiance envers le gouvernement et à la dépendance envers celui-ci".

Dans une étude menée avec 197 Américains, âgés en moyenne de 35 ans, les participants qui se sentaient les plus touchés par la récession économique évitaient les informations qui pouvaient remettre en question la capacité du gouvernement de gérer l’économie.

Dans une autre étude, les chercheurs fournissaient une description simple ou complexe de l’économie à un groupe de 58 Canadiens (moyenne de 42 ans). Les participants qui ont reçu la description complexe rapportaient des niveaux plus élevés de sentiment d’impuissance pour passer à travers la crise économique ainsi que de dépendance et de confiance envers le gouvernement pour gérer l’économie, et moins de désir d’en apprendre davantage sur la question.

"Ceci en dépit du fait que, toutes choses égales par ailleurs, on devrait avoir moins confiance en quelqu’un pour gérer efficacement quelque chose qui est plus complexe« , commente Aaron Kay. »Au contraire, les gens ont tendance à répondre psychologiquement en s’en remettant au gouvernement, ce qui amène à faire confiance et à se sentir plus dépendants de celui-ci."

"Finalement, ils évitent d’en apprendre sur la question parce que cela pourrait ébranler leur foi dans le gouvernement."

Dans une autre étude menée avec 163 Américains (moyenne de 32 ans), non seulement les participants qui se sentaient peu connaissants sur la question des approvisionnements en pétrole évitaient les informations négatives à ce sujet, mais devenaient encore plus réticents si la question semblait urgente.

Deux autres études montraient que les participants qui recevaient des informations complexes sur les sources d’énergie faisaient plus confiance au gouvernement que les participants qui recevaient des informations simples.

Les chercheurs recommandent de poursuivre les recherches pour déterminer comment les gens réagissent face à d’autres questions importantes comme la sécurité alimentaire, la sécurité nationale, la santé, les inégalités sociales, la pauvreté et les conflits moraux et éthiques, ainsi que dans quelles conditions ils ont tendance à répondre par une augmentation de l’engagement plutôt qu’une diminution.

Ces travaux s’insèrent dans le cadre d’un courant de recherche basé sur la théorie de la justification du système introduite en 1994 par le psychologue John. T. Jost.

Voyez également :

Pourquoi les gens défendent-ils des systèmes injustes, incompétents et corrompus ?

Lorsque des croyances sont menacées, le recours à des arguments non vérifiables augmente

La désinformation : pourquoi elle fonctionne et comment la contrer

Psychomédia avec sources : Journal of Personality and Social Psychology, APA.

 :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: ::

Sur la propagande et la désinformation, le nerf de la guerre :

http://www.psychomedia.qc.ca/societe/2012-09-21/desinformation-mecanismes-strategies-pour-la-contrer

 :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: ::

Pourquoi la désinformation fonctionne et comment la contrer

Soumis par Gestion le 21 septembre 2012

Alors que les exemples de désinformation ne manquent pas, notamment sur la scène politique, le chercheur en psychologie Stephan Lewandowsky de l’Université of Western Australia et ses collègues (1) décrivent, dans un article paru dans la revue Psychological Science in the Public Interest, les facteurs cognitifs qui font que certaines personnes adhèrent si fortement à certains éléments de désinformation.

Ils identifient certaines techniques qui peuvent être efficaces pour contrecarrer les croyances erronées.

La raison principale pour laquelle la désinformation fonctionne, estiment-ils, est que le rejet de l’information exige un effort cognitif. Évaluer la plausibilité et la source d’un message requière plus de ressources cognitives et motivationnelles que d’accepter simplement le message comme vrai. Si un sujet n’est pas très important pour une personne ou si elle a d’autres choses à l’esprit, la désinformation est plus susceptible de fonctionner.

Et, quand nous prenons effectivement le temps d’évaluer les informations reçues, nous sommes susceptibles de ne prêter attention qu’à quelques aspects : Est-ce que les informations concordent avec certaines autres croyances ? Est-ce qu’elles constituent une histoire cohérente avec ce que nous savons déjà ? Cela vient-il d’une source crédible ? Les autres croient-ils cette information ?

La désinformation fonctionne particulièrement quand elle est conforme aux points de vue politiques, religieux ou sociaux pré-existants. Pour cette raison, les visions du monde et les idéologies personnelles peuvent être des obstacles particulièrement difficiles à surmonter. Pire encore, disent les chercheurs, les efforts pour rectifier l’information n’ont souvent pour conséquence que d’amplifier l’effet de la croyance erronée.

Lewandowsky et ses collègues proposent quelques stratégies pour remettre les pendules à l’heure :

Identifier l’information manquante et fournir l’explication alternative ;

Répéter son message pour réduire l’influence de la désinformation (ce qui peut cependant avoir pour conséquence une répétition accrue de la désinformation qui la rend plus familière) ;

Mettre l’accent sur les faits à mettre en évidence plutôt que les mythes (afin d’éviter d’exposer encore davantage à ces derniers) ;

Fournir un avertissement explicite avant de mentionner un mythe pour s’assurer que les gens sont cognitivement sur leurs gardes et moins susceptibles d’être influencés par la désinformation ;

S’assurer que les informations à transmettre sont simples et brèves (si le mythe est plus simple, il est plus attirant cognitivement) ;

Considérer les croyances de l’auditoire. En cas de croyances fortement opposées, l’effet pourrait être contraire à celui souhaité. Les personnes plus réceptives sont celles dont les croyances ne sont pas fortement ancrées ;

Si les faits à présenter menacent une vision du monde de l’audience, il est possible de réduire le risque de renforcement de la désinformation en confortant cette vision (ex. en se centrant sur les opportunités et les bénéfices potentiels plutôt que sur les risques et les menaces) ;

Contourner le rôle de la vision du monde de l’audience en se centrant sur des techniques comportementales, telles que les architectures de choix, plutôt que de viser à dé-biaiser l’information explicitement.

La recherche a montré que les tentatives pour dé-biaiser l’information peuvent être efficaces lorsque basées sur des stratégies qui ont fait leurs preuves, soulignent les chercheurs.

Voyez également :

15 biais cognitifs qui nuisent à la pensée rationnelle

12 principes de la propagande

Des campagnes électorales qui misent sur illusion de compréhension chez les électeurs

De l’ignorance à la confiance envers les gouvernements

Lorsque des croyances sont menacées, le recours à des arguments non vérifiables augmente

Pourquoi les gens défendent-ils des systèmes injustes, incompétents et corrompus ?

Psychologie politique : dernières actualités

Source : Misinformation and Its Correction Continued Influence and Successful Debiasing.

(1) Ullrich Ecker, Colleen Seifert, Norbert Schwarz et John Cook.

Psychomédia avec source : Association for Psychological Science.

 :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :

Ces constatations ne lassent pas d’inquiéter. Les citoyens de régimes soit-disant démocratiques et/ou avancés n’étant pas moins vulnérables que ceux de régimes dits autoritaires, et pouvant l’être en fait plus car pensant défendre leur liberté et leur confort de vie, et tout simplement ce qu’ils ressentent comme leur « supériorité »,contre la menace d’un monde extérieur primitif et barbare. La nature même de ces sociétés avancées à défendre renforce ce problème de dépendance à l’autorité. Il est évident que moins on se sent compétent pour résoudre un problème, plus on aura tendance à le confier à des personnes qu’on considère comme compétentes. Mais cela nous mène souvent à une attitude clairement illogique, à savoir faire de plus en plus confiance à des gens dont on ne peut pas vraiment déterminer s’ils ont vraiment les qualités requises pour mener à bien les tâches que nous leur confions. Dans nos sociétés complexes et élaborées maniant des savoirs de plus en plus complexes et élaborés, on en est réduit à un sentiment d’impuissance grandissant nous conduisant à remettre nos destinées entre les mains de personnes de plus en plus lointaines et dont le degré de sincérité et de compétence nous est de plus en plus inconnu. Ce qui ouvre la porte à bien des manipulations et catastrophes en devenir. 


Voir ce commentaire dans son contexte





Palmarès