" Les autorités religieuses musulmanes doivent refonder leur
théologie..."
Le problème, c’est qu’il n’y a pas d’autorités religieuses musulmanes.
Toute personne disposant de quelque influence ne peut engager que son entourage,
et encore sans disposer de moyens de coercition pour ramener dans le troupeau,
ses propres brebis égarées.
Par ailleurs, les variantes de l’Islam sont si nombreuses qu’elles ne
parviendraient à réaliser une unanimité que dans la rédaction d’un cahier de
revendications tendant à adapter les rythmes et moeurs du pays aux exigences de
la pratique de l’Islam, et à ses interdits. Sans avoir, bien entendu, rien à
offrir en contrepartie, puisque la parole de Dieu cesserait de l’être si elle
devenait négociable.
Je comprends la démarche préconisée par M. Ghaleb Bencheikh, et si je ne
doute pas qu’il trouve des oreilles attentives parmi les musulmans instruits qu’il
fréquente au quotidien, je me demande comment il entend s’y prendre pour faire
passer le message à ces millions de musulmans qui vivent déjà dans des enclaves
islamisées, depuis plus longtemps qu’on ne croit.
C’est-à-dire dans ces territoires où le revenu net par ménage est
inférieur de 40 à 50 % par rapport à la moyenne nationale, dont on apprend
incidemment, au détour de l’interview d’une enseignante, que la population y
était déjà à forte majorité musulmane il y a une vingtaine d’années, comme ce
Saint-Etienne-du-Rouvray ,bien loin
d’être aussi « France profonde » que ne le suggéraient les champêtres
photographies diffusées par les médias.