@Emile Mourey
primo : « une thèse universitaire n’est pas forcément une référence »
J’en ai lue pas mal dans ma carrière, c’est vrai qu’elle ne sont pas toutes d’un haut niveau, mais celle d’E-M Gallez m’impressionne par la quantité et la qualité des documents analysés. Ici vous faite un raisonnement à rebours. Si une thèse n’est pas toujours bonne, que peut dire des recherches qui ne font pas l’objet d’une thèse et qui ne dispose pas d’une validation par d’autres chercheurs ? La vérité ne sort pas toujours du premier jet, mais la répétition ou la contradiction d’une recherche par une équipe indépendante permet d’améliorer la fiabilité des résultats. Mais s’il n’y a pas de thèse ou de recherche universitaire, il n’y aura jamais d’amélioration. On peut passer un doctorat à tout âge.
secondo : sur les citations, il y a un peu de tout et je ne les ai pas toutes repérées dans votre prose. Le proto-évangile de Jacques est nettement gnostique, ce qui ne peut en faire un document Chrétien.
tertio : sur les caravaniers de la Mecque, il semble improbable qu’ils aient eu le rôle qu’on leur attribue. Ils sont loin des routes commerciales, même pas sur un port et aucun document commercial antique ne les cites. Baʿhîrâ est un surnom qui peut se comprendre comme « l’élu du mal », mais ce n’est pas ainsi que le comprennent les Musulmans qui en font un personnage positif. Il est très difficile d’affirmer que Baʿhîrâ est autre chose qu’un personnage fictif, en tout cas l’association avec Saint Serge et donc la localisation à Bosra est douteuse. Quand au livre de Mme Chabbi, il ne peut mettre en pièce un document qui n’a pas encore été écrit.
« découverte récente de trois feuillets authentiques » sources et démonstrations svp. Que contiennent-ils, a-t-on pu dater autre chose que le support ? que faut-il entendre par authentique ? S’il s’agit des feuillets de Londres, l’essentiel du document est à la Bibliothèque Nationale et il est daté entre le 8ème et les 10ème siècle.
quarto : L’idée des moines esséniens a connu un beau développement entre le 18ème et le 20ème siècle, mais les sources sont fragiles. A partir du moment ou cette idée a été exprimée, on a vu des Esséniens un peu partout, y compris en Egypte, mais la comparaison des sources ne permet surtout pas de conclure à une identité de ces différents groupes qualifiés d’Esséniens. Les sectes juives se multiplient dans les premiers siècles de notre ère et les nombreuses révoltes religieuses à Jérusalem sont un indice de l’activité de ces groupes. Les Judéo-Chrétien (les Jacobites restés à Jérusalem), non messianistes, n’ont jamais participé à ces révoltes et n’ont pas eu de problèmes avec l’occupant romain dans cette zone. On leur a même permis de sortir de Jérusalem avant la destruction du temple en 70.
Sur Jean-Baptiste, je doute qu’il pouvait être Essénien, vu qu’il vivait en solitaire dans le désert. Les Esséniens vivaient en communauté et je vois mal le Christ se faire baptiser par quelqu’un qui annonce autre chose que lui-même. De plus il n’est pas probable que ce groupe ait pu exister avant la résurrection du Christ.
« Il faudrait tout de même se demander pourquoi Augustin, Grégoire de Nysse, Cassiodore, Théodore de Cyr et tant d’autres qui citent souvent Josèphe, ou encore Benoît d’Aniane et d’autres qui traitent du monachisme, me mentionnent jamais les Esséniens » E-M Gallez in « Le messie et son prophète » §1.2.1.1.
Quinto : « Nazaréen vient de nazir » oui et alors ? Nazir se traduirait plutôt par « consacré à Dieu ». Le terme de Nazaréen a été utilisé par les Chrétiens du premier siècle, mais abandonné dès la fin de ce siècle pour ne pas confondre avec la secte messianique qui se faisait officiellement appeler ainsi. Le terme de Judéonazaréen est un terme récent pour préciser la nature juive de cette secte. Les Judéonazaréens sont effectivement messianistes et attendent le retour du Christ, mais pour qu’il fonde un royaume terrestre, ce qui est bien évidement contraire à l’enseignement du Christ.
« mais un essénien réformateur, d’où les évangiles » Quel rapport entre Jean-Baptiste et les Evangiles ?
sexto : l’illumination de Saint Paul est le moment précis de sa conversion qui a été pour le moins spectaculaire. J’accompagne souvent des adultes qui demandent le baptême Catholique et j’ai des témoignages assez spectaculaires également. L’illumination n’est qu’un moment très bref de la vie de quelques Chrétiens, en aucun cas un état stable ou répétitif. Quelques Chrétiens avec une forte spiritualité vivent d’autres moments avec des signes forts (Marthe Robin ou Padre Pio par exemple), mais je n’emploierai pas le terme d’illumination.