« Le retour des néonicotinoïdes dissimule un autre
problème fondamental »
On est aussi en droit de penser que l’agriculture productiviste
à outrance (ou agro-industrielle) qui se soucie comme d’une guigne
du vivant court droit dans le mur depuis depuis des années en
mettant tous ses espoirs dans les « solutions miracles »
des multinationales chimiques…
En passant, l’usage des néonicotinoïdes détruit non seulement
les abeilles mais aussi l’ensemble des insectes sur place, qu’ils
soient considérés comme utiles ou nuisibles !
Sur ce sujet, on nage en pleine désinformation : on parle de
souveraineté alimentaire alors que 50 % de la production
betteravière est exportée et que sur les 50 % restants une
partie est employée à produire des agro-carburants. Si des
exploitations verront une importante perte de production, de l’ordre
de 40 %, on parle en moyenne d’une perte nationale de 15 %
beaucoup plus gérable au plan d’une indemnisation éventuelle qui
permettrait de ne pas remettre en cause l’ abandon des produits de
synthèse les plus nocifs.
La littérature scientifique est abondante sur le sujet et
proscrit l’usage des néonicotinoïdes en raison de ses multiples
conséquentes néfastes pour l’humanité (outre la destruction
indifférenciée des insectes et des sols) : comment peut-on
encore parler de « néonicotinoïdes plus propres » !
Alors repenser la
PAC ne serait pas suffisant sans remettre en question le mode
productif (monoculture dévastatrice), amplifier la conversion vers
l’agroécologie et abandonner la ridicule focalisation sur l’export
dérégulé (« l’agriculture française doit nourrir le
monde » quel slogan absurde) que la multiplication des traités
de libre-échange vient de surcroît amplifier.
La France paysanne a
disparu (d’ailleurs le terme « paysan » n’est plus
employé remplacé par le roboratif « chef »
d’exploitation ou « chef » d’entreprise agricole même
lorsque l’on est seul) depuis que les industriels investissent ce
secteur (ferme des mille vaches). Son retour serait effectivement une
excellente chose !