@Michel DROUET
En même temps vous partez de fausses croyances et il y en a beaucoup concernant l’agriculture. C’est un peu le même genre de phénomène qu’avec le covid.
Par exemple, une augmentation des achats de glyphosate sur une année et pour vous tout est dit ?!
https://agriculture.gouv.fr/publication-des-donnees-provisoires-des-ventes-de-produits-phytopharmaceutiques-en-2020
Il faut toujours rester logique. On ne peut pas d’un côté suggérer que les agriculteurs ont des difficultés pour trouver des revenus et de l’autre, croire qu’ils achètent des pesticides sans compter.
Quant aux agriculteurs qui s’en sortiraient mieux parce qu’ils ont adapté leur modèle de production vers ce que vous appelez le vertueux, c’est une affirmation qui ne repose sur rien. Dans la réalité les agriculteurs bio ne sont pas mieux lotis, certains s’en sortent bien, mais c’est vrai aussi de certains agriculteurs conventionnels. Pour la plupart c’est de plus en plus compliqué, bio ou pas bio. Compliqué pour avoir du revenu, ou bien un revenu suffisant, ou encore un chiffre d’affaires suffisant, ou une régularité dans le revenu ou/et le chiffre d’affaires.
Bien sûr, l’objectif de produire avec un maximum de sécurité et un minimum de dommages est une évidence.
Mais ce ne sont pas les agriculteurs qui peuvent modifier l’idéologie économique qui nous gouverne tous et qu’ils subissent comme tout le monde. Pourtant, sans modifier ce modèle, ce que vous appelez l’agriculture vertueuse restera minoritaire et en définitive aucun problème de revenu, de santé publique ou d’environnement ne sera véritablement réglé, malgré les débats, les manifs, les retraits de molécules, les incitations au bio ou autre etc. C’est pour ça aussi que les débats restent superficiels, à coups de clichés et de vérités toutes faites. Dans notre modèle économique, si on change quelque chose c’est pour que ça rapporte à certains, pas pour le bien commun. Si on avait une vraie volonté de remodeler le secteur agricole pour le bien commun, pas sûr qu’on choisirait le bio ou qu’on le verrait comme plus vertueux que le reste. On aborderait sans doute la question d’une manière très différente.