@CN46400
Les trotskistes avaient été décimés par la répression conjuguée du stalinisme et du communisme. Très peu sont rentrés vivants des camps de concentration : Jean-René Chauvin, Gérard Bloch, David Rousset... Je n’en connais pas d’autres. Leur presse était interdite. Ils étaient les seuls à ne pas être autorisés à reprendre la publication légale du journal qu’ils avaient maintenu clandestinement pendant l’occupation. Ils avaient été, proportionnellement à leur nombre, les plus touchés par la répression des nazis. A la libération, les staliniens voulaient même leur interdire de rendre hommage à leur camarades fusillés. Il y avait deux trotskistes parmi les 27 otages fusillés à Chateaubriant (Pierre Gueguin et Marc Bourhis). Le PCF voulait affirmer qu’ils étaient tous au PCF. Bien évidemment, le PCF dissimulait aussi qu’il avait fait assassiner lui-même 4 trotskistes au maquis et 1 communiste qui discutait trop, à leur gré, avec les trotskistes.
Les trotskistes très affaiblis ont engagé le combat qu’il fallait faire. Il ne s’agissait pas de reprendre le maquis. Les résistants avaient le pouvoir dans bien des villes. Il fallait qu’il le garder et refuser de le donner aux préfets envoyés par De Gaulle. Les résistants avaient libéré Paris. Ils n’avaient aucune raison d’en donner la gestion à De Gaulle. Après avoir cédé sur toutes ces questions, il n’y avait aucune raison d’accepter que le programme du CNR ne soit pas appliqué dans sa totalité. Il n’y avait aucune raison de s’opposer aux travailleurs qui, comme ce fut le cas à Renault Billancourt, refusaient que leur revendications soient sacrifiées sur l’autel de la remise en place du capitalisme. Les trotskistes ont bien évidemment participé à cette grève et se sont heurtés à l’appareil du PCF.