@chapoutier (message du 16/12 14:15)
Il me semble que c’est vous qui dédouanez l’une des parties concernées, car après tout, les voisins d’un grand pays sont libres du choix de leurs orientations politiques et alliances, et les reproches que l’on peut formuler aux USA vis à vis du Vénézuéla sont transposables à la Russie sur les pays de sa périphérie.
Le problème spécifique du cas ukrainien est qu’il s’agit d’un pays composite, la majorité ukrainiste est en désaccord sur la minorité russiste sur cette question d’allégeance.
La guerre séparatiste n’est pas unilatérale : les nationalistes ukrainiens ont créé les griefs, la Russie a instigué et entretenu le séparatisme, les victimes ont été partagées des deux bords.
Quelle est la cause la plus en amont du présent conflit ? elle est structurelle, c’est la propension suzeraine russe sur ses voisins. Et la seconde est conjoncturelle, c’est l’expansion du domaine l’influence Yankee vers l’Est dans l’ancien fief soviétique. Donc le second est provocateur vis à vis du premier, on en est d’accord.
Y avait-il un risque d’attaque du territoire russe depuis les pays voisins ? Non, puisque c’est une puissance nucléaire, donc il y a eu surréaction en lançant une opération armée contre l’ensemble de l’Ukraine.
A propos de ma phrase ’’La question de la conquête coloniale et de la dépossession
des autochtones n’est pas de même nature’’, une nouvelle fois je n’ai pas été assez clair : je n’oppose pas le colonialisme par rapport à la dépossession des autochtones, mais je veux dire que l’un et l’autre relèvent du passé, et ils ne sont pas de même nature que la tutelle étasunienne sur ses affiliés et sa propension à l’extension de sa zone d’influence.
Les USA n’ont pas tiré une seule cartouche pour faire adhérer les pays de l’Est, la liste d’attente des solliciteurs ne cesse de s’étendre (je ne m’en réjouis pas, je pense qu’il faudrait que nous nous mettions en congé de l’OTAN devenu une pétaudière qui nous met en danger plus qu’elle ne protège).
Je n’ai pas donné le premier des leçons, j’ai reçu au contraire le grief d’être en quelque sorte prêt aux compromissions avec le pire, en extrapolant fallacieusement sur ma remarque concernant le ’’juste milieu’’, qui ne signifie pas cela.
En terme idéologique, je ne considère effectivement pas que les critères de la ’’vérité objective’’ soient dictés par la théorie marxiste, mais je pense que Marx se serait défié des combats d’influence entre puissances impérialistes, aussi oligarchiques l’une que l’autre.