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Commentaire de Étirév

sur Bénévent-l'Abbaye et le mystère de l'abbé qui avait assassiné sa soeur, la poétesse Isabella Morra


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Étirév 27 mars 2023 12:54

« C’est l’époque des poètes pétrarquistes, des courtisanes et même des philosophes. Les spécialistes parlent d’un « printemps » de la culture féminine. »
Pétrarque à l’Aurore de la Renaissance (1304-1374)
Au milieu de cet âge de fer, de confusion intellectuelle et de perturbation morale, une délicieuse légende courut toute l’Italie renaissante. Elle disait qu’on avait trouvé, dans un des tombeaux antiques qui jalonnaient si mélancoliquement les premiers milles de la voie Appienne, le corps d’une jeune fille miraculeusement conservé et d’une beauté indicible. Le teint avait une fraîcheur virginale, les yeux étaient mi-clos et leur regard vivant ; la bouche entr’ouverte semblait prête à parler. Pour soustraire la merveilleuse momie aux regards des profanes, ou par suite d’une idolâtrie naissante, le pape l’aurait fait porter au Capitole, d’où elle aurait un jour mystérieusement disparu.
La légende avait raison. La vierge romaine n’était qu’endormie, et ses yeux s’entr’ouvraient aux lueurs de la Renaissance ; et, dans ce même Capitole où elle était prisonnière, Pétrarque, le jour où il y monta, la vit, et, sous le souffle ardent du chantre désespéré de Laure, elle s’éveilla et le consola, l’ayant pris pour premier amant. Et il lui fut fidèle jusqu’à la mort, qui le surprit, penché sur ses manuscrits où palpitait l’âme de son amante. Alors la beauté pure se leva sur le monde en travail du moyen âge, et dans la cave scolastique un rayon filtra, et le pédantisme s’inquiéta du goût, et le chaos aspira à l’harmonie.
C’est donc le retour à la Femme, dont Pétrarque est le premier chantre, qui est l’aurore de la Renaissance. Ce n’est pas la vierge ressuscitée de la légende qui l’inspira, c’est la Déesse vivante, c’est Laure de Noves (ou de Sade). C’était par une belle journée d’avril, elle était venue à l’église des religieuses de Sainte-Claire. Là, lui aussi était venu ; il était alors un jeune ecclésiastique de belle mine, aux cheveux frisés au petit fer, finement chaussé et fort attentif à sauver la blancheur de ses vêtements du piétinement des haquenées. Il était entré dans cette église avec tous ses vieux préjugés ; il y reçut l’étincelle d’amour qui en fit un homme nouveau, étincelle qui alluma en lui un incendie qui dura vingt ans. Ce fut la cause première de sa gloire ; il comprit dès sa jeunesse ce qu’était l’amour sacré, et, quoiqu’il traversât les orages des passions, une lueur continua à briller en lui. La flamme adoucie luit comme en une lampe fidèle au-dessus de l’autel ; dans son amour spiritualisé, il confond Laure et la Vierge, la réalité et le rêve.
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