@Eric F
En France, les étrangers — donc aussi les juifs — avaient le statut d’aubain, ils ne dépendaient pas des comtes ou seigneurs locaux, leurs propriétés étaient précaires et ne se transmettaient pas à leurs enfants à moins d’une naturalisation avant leur mort.
Il y a des ordonnance au Moyen Âge qui interdisent aux juifs l’achat en pleine propriété des biens fonciers parce qu’ils contournaient l’interdiction du pêt à intérêt en faisant des achats à réméré, c’est-à-dire des achats avec pacte de rachat majoré d’une plus value correspondant aux intérêts (pretique qui est retée avec le nom de mortgage). C’est la pratique de l’usure qui provoquait des révoltes des habitants qui se réunissaient et assaillaient la maison de Juifs pour brûler les reconnaissance de dettes. Quelques Juifs s’installaient dans un bourg, et au bout de 30 ans, ils possédaient en gage et en hypothèque la moitié des biens de la ville. A certaines époques, ces révoltes étaient tellement fréquents que les hommes du duc ou du roi étaient débordés et qu’il était décidé de les expulser du royaume.
Avant l’expulsion des juifs par Saint Louis, il y a une déclaration royale qui leur enjoint de cesser de pratiquer l’usure et de prendre des métiers dans les arts mécaniques (artisanat, bâtiment) et l’agriculture.
L’édit du duc Jean de Bretagne de 1240 est bien explicite sur le fait que l’expulsion est liée à leur pratique de l’usure, et pas du tout à des questions de religion ou de race.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Expulsion_des_Juifs#cite_note-9