*L’écriture latine était phonétique.
*Les Belges, les Canadiens, tous les francophones ont leurs mots à dire, et pas seulement les Français.
Pour Pierre Burney,
le problème orthographique actuel remonte à l’origine même de la
transcription du français, alors que l’on adopte l’alphabet latin pour
transcrire une langue plus riche en phonèmes.
Ce choix est logique puisque, après tout, le français est une forme
parlée vulgaire du latin. Cependant, en raison d’une insuffisance de
signes, naissent des artifices qu’utilisent les scribes pour pallier le
problème, ce qui n’est pas sans créer certaines ambiguïtés encore
présentes dans notre orthographe actuelle...
Les XIe et XIIe siècles voient naître une graphie
simplifiée, à cette époque où les jongleurs, qui transcrivent les
chansons de gestes, utilisent une orthographe beaucoup plus phonétique...
Une orthographe aussi approximative que celle des jongleurs ne peut subsister au XIIIe
siècle, alors que le français devient la langue des textes juridiques
et administratifs, lesquels exigent clarté et précision. Le latin
occupant encore une place privilégiée chez les élites et au sein de
l’Église, on se doit de conserver son orthographe...
C’est à partir du XVIIIe siècle que se fixe l’orthographe telle qu’on la connaît de nos jours. Depuis l’invention de l’imprimerie à la fin du XVe siècle, étymologistes et traditionalistes s’opposent...
On pourrait dire de l’orthographe française qu’elle est un compromis
entre une transcription purement phonétique et une représentation
idéographique. Ce caractère idéographique semble être la principale
source de difficulté de l’écriture du français. Le mot oiseau en est un des meilleurs exemples : ses graphèmes...
À la lumière de ces quelques données historiques, il est facile de
comprendre le pourquoi et le comment d’une complexité orthographique
qui, si on constate l’échec des tentatives de réforme, semble
aujourd’hui presque irréversible. Aux partisans d’une orthographe plus
phonétique s’opposeront toujours ceux d’un courant plus traditionaliste,
conscients de la richesse étymologique du français écrit.