Après la question juive, le problème orthodoxe ?
Il y aurait trop d'orthodoxes dans l'Union Européenne. C'est ce que nous explique l'éditorialiste du Monde Arnaud Leparmentier dans son papier du 19 novembre intitulé "Une union trop orthodoxe".
Leparmentier nous rassure d'emblée, il ne s'agit pas de critiquer l'orthodoxie économique de Saint Milton Friedmann. Dommage, ç'aurait eu de la gueule et un peu plus de panache.
Car coté panache on ne sera guère servi. Non, son propos est juste de trouver une justification idéologique à la vacuité de l'hystérie russophobe qui s'est emparée du journal le Monde depuis que Vladimir Poutine a empêché les USA de bombarder la Syrie, en septembre 2013.
Qualifier à foison le président russe, confortablement réélu et bénéficiant de sondages largement favorables, de l'épithète peu mérité de dictateur ne convainc plus grand monde dans une France où une part grandissante de l'électorat désespère de trouver un jour un chef d'état à la carrure et aux résultats qui s'approcheraient ne serait-ce qu'un petit peu de ceux dont peut s'enorgueillir Vladimir Poutine.
Il faut donc que le Monde trouve une aspérité quelconque raccrocher cette ligne éditoriale absurde que les lecteurs ne suivent pas et Leparmentier a cru l'avoir trouvé en exacerbant la chrstianophobie qui est devenu le prêt à penser d'une intelligentsia en manque d'idéologie pour justifier son allégeance atlantiste.
Haine à la carte
Pour toute analyse intellectuelle, l'éditorialiste du Monde se contente de jeter un oeil à l'atlas pour constater que la géographie de l'orthodoxie "ressemble à la carte de nos problèmes". La superficialité du propos laisse sans voix.
En balayant la frontière imaginaire du Grand Schisme d'Orient, il accuse les orthodoxes russes d'être responsables de la nouvelle guerre froide, les Roms orthodoxes de mettre en péril l'espace Schengen et les Grecs orthodoxes d'avoir sabré l'Euro. Les thuriféraires de l'UE vont pouvoir renouveler leurs éléments de langage maintenant qu'ils se sont trouvé un bouc émissaire commode pour se dédouaner des conséquences catastrophiques de leurs décisions irréalistes.
Des corromus sans corrupteurs
Or si les Grecs on été corrompus, il a bien fallu qu'il y ait des corrupteurs ; aux premiers rangs desquels on trouve la Goldman Sachs, banque occidentale, qui a truqué les finances du pays afin de lui permettre d'entrer dans l'Euro alors que son économie ne pouvait le supporter. De même c'est Siemens, compagnie allemande, qui fut le principal corrupteur des élites grecques dans le but de leur faire signer les mirifiques contrats des JO d'Athènes, contrat qui ont achevé de ruiner le pays. Opposer les prétendue morale de l'Europe judéo-protestante affairiste à une prétendue corruption orthodoxe relève de l'aveuglement le plus hypocrite et plus précisément de la stigmatisation ethnico-religieuse la plus nauséeuse.
Dieu se rie de ceux qui maudissent les effets dont ils chérissent les causes.
On s'enfonce dans la xénophobie la plus irrationnelle avec les accusations contre la Roumanie qui ne gèrerait pas correctement le "problème Rom" ; Une expression qui raisonne sinistrement comme un écho de la diatribe Nationale-Socialiste sur le "problème juif". Les Roms, nomades orthodoxes, sont des citoyens de l'Union Européenne à part entière car la Roumanie fait partie de l'espace Schengen depuis le 1er Janvier 2014. Les Roms bénéficient donc des mêmes droits de circulation et d'établissement que n'importe quel citoyen de l'UE au sein de l'espace Schengen. Comme pour l'inclusion de la Grèce dans la zone Euro, l'inclusion de la Roumanie s'est faite au vu et au su de tous. La Roumanie n'a donc aucun traitement particulier à infliger aux Roms pour restreindre leur nomadisme à son seul territoire maintenant que les frontières ont été abolies.
Il n'y a donc pas de "problème Rom" mais un problème de cohérence au niveau des partisans de l'unification européenne quand il s'agit de passer des discours altruistes de fraternité pan-européenne à la réalité. Je n'ose d'ailleurs imaginer en quoi consistrait la solution finale à la "question Rom" que l'éditorialiste du Monde aimerait que la Roumanie appliquât.
De la diatribe aux vrais nazis.
En Ukraine, l'UE ne se contente plus de diatribes nauséabondes, elle soutient ouvertement et sans vergogne un coup d'état perpetré dans le sang par des groupuscules se réclamant du National-Socialisme, et dont les premiers actes de gouvernement ont consisté à interdire la langue russe et tenter de chasser les russophones de l'est du pays par des campagnes militaires de terreur.
Le Monde s'est montré très discret sur les exactions commises par ces milices Nazis, notamment lors des atrocités de l'incendie de la maison des syndicats d'Odessa qui auraient dût révulser ces chantres des droits de l'Homme auto-proclamés. Manifestement dans leur vision du monde, les orthodoxes ne seraient pas tout à fait des Hommes et on peut les bruler vifs, abattre au pistolet ceux qui tentent d'échapper aux flammes et les achever à coup de barres de fer après qu'ils furent tombé de plusieurs étages.
Le monde ne s'est pas plus inquiété du fait que l'objectif manifeste de Kiev dans sa prétendue campagne anti-terrorise, est de nettoyer ethniquement l'est de l'Ukraine en provoquant l'exode massif des civils russophones qui sont déjà plus de 600 000 à avoir franchi les frontières russe et bellarusse. Il avait suffi de moins de 8000 réfugiés Albanais au Kosovo pour vouer Milosevic au pilori et bombarder la Serbie. Mais les Albanais n'était pas orthodoxes. Décidément la solidarité occidentale ne s'applique pas aux orthodoxes. Peut être, comme Hitler, Leparmenbtier les considère-t-il comme des untermenchen ?
Un moment bien choisi
Arnaud Leparmentier a donc bien choisis son moment pour planter un fraternel couteau dans le dos aux chrétiens orthodoxes. Il argumentera, comme lors de son passage sur France Inter, qu'il reste dans le registre de l'humour et la dérision. Un grand comique est né !
Son humeur plaisante lui a sans doute été inspirée par la situation des centaine de milliers de chrétiens orthodoxes persécutés en Irak et en Syrie qui fuient devant les troupes d'ISIS (EI) pour ne pas finir égorgés ou crucifiés.
Cette synchronicité de l'hystérie anti-chétienne des islamistes et de l'intelligentsia occidentale est saisissante et devrait nous inciter à réfléchir sur les accointances et les manipulations qui président à la déstabilitation du moyen orien et celle de l'est-européen.
Byzance, l'Atlantide des livres d'Histoire.
S'il est un piètre comique, Arnaud Lemarmentier se montre encore plus médiocre en Histoire. Qualifier l'orhodoxie d'obscurantisme c'est étaler son ignorance crasse de l'histoire Byzantine et de son rôle dans l'émergence de la période des lumières en occident.
Il faut dire qu'il a des excuses, l'Histoire byzantine est la grande absente des manuels d'Histoire de nos chères têtes blondes. Tous juste leur apprend-on que le Moyen-Age commence et fini avec Constantinople. Pourquoi ? Mystère...
On peut difficilement coller aux orthodoxes les poncifs que les christianophobes se plaisent à jeter à la face des Catholiques Romains : L'orthodoxie condamne les guerres saintes et la conversion forcée. Ni croisades ni inquisition. Les saints Pères orientaux de l'Eglise, comme le néoplatonicien Anastase d'Alexandrie, se référaient volontiers aux philosophes antiques, dans lesquels ils voyaient les annonciateurs de la sagesse divine, la sainte sophia, à laquelle l'empereur Théodose II a consacré la plus grande basilique de la chrétienté.
Sur cette fresque d'un monastère des Mètéores on peut reconnaitre Homère, Platon, Aristote...
La cause profonde du schisme d'Orient réside dans le refus de la souveraineté du pontife romain car il violait le principe de séparation de l'autorité temporelle et de l'autorité religieuse, de ce qui revient à César et ce qui revient à Dieu.
Dans le système Byzantin, la religion ne gouverne pas, mais le souverain se modère par l'influence de l'autorité morale de l'Eglise. Ainsi dès le XIe siècle l'empereur Jean Comnène abolissait les châtiments corporels et la peine de mort.
Le moyen-âge n'est pas une période obscurantiste pour Byzance. Constantinople fut au contraire, après la perte d'Alexandrie, le nouveau phare de la civilisation. Quand ses dernières heures se firent proches, les lettrés Byzantins essaimèrent dans les grandes cours d'Europe pour y enseigner la langue grecque oubliée des occidentaux et y apporter des milliers de manuscrits. S'il est vrai que certains nous sont parvenus par les Arabes, il ne faut pas oublier que la bibliothèque Nationale de France a été co-fondée par le prince impérial byzantin Jean Lascaris qui a effectué plusieurs voyages en Grèce ottomane pour en rapporter autant de livres qu'il a pu sauver.
Oui, la renaissance est largement due à ce que nous ont transmis ces "barbus" orthodoxes.
Les orthodoxes et la république
La russophobie actuelle véhicule des idées préconçues selon lesquelles les popes barbus seraient à l'opposé des valeurs républicaines et que les russes ne se complaisent que sous la botte des Tzars.
C'est ignorer que tous le nord de la Russie était au XVeme siècle gouverné par la République de Novgorod, république fondée par l'Eglise Russe, avec un premier ministre élu démocratiquement.
C'est passer sous silence le fait que le plus ancien état au sein de l'UE est la République Monastique de la Sainte Montagne, au mont Athos, devenue autonome au Xeme siècle par décision de l'empereur byzantin Jean Ier.
L'orthodoxie a donc porté avant l'occident et à bien des égards une préfiguration des valeurs progressistes du monde occidental.
Un monde occidental en plein naufrage moral qui ferait bien de chercher à se ressaisir plutôt que de faire ressurgir ses anciens démons.
Alors, non, non et non ! Le coup du "problème Juif" on ne nous le refera pas avec l'orthodoxie.
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