Au PS, réelle impasse sur l’égalité réelle

La convention du PS sur l’égalité réelle a semé le trouble, si bien que la réification de l’égalité a produit la virtualisation de l’unité. La philosophie glosera pendant longtemps sur cette fameuse idée d’égalité réelle. Parce qu’il y aurait une égalité non réelle ? Ah que Coluche nous manque, avec sa lessive lavant plus blanc que blanc, et sans doute imaginant une égalité plus réelle que l’égalité. Un plus un égale deux. Egalité parfaite ? Non, il y a mieux, l’égalité encore plus parfaite, celle proposé par le PS, l’égalité réelle. 200 auditions, cinq mois d’immersion dans la société française. Le PS a redécouvert que les gens souffrent, de la crise, ou d’autre chose. Un document de 45 pages synthétise les débats. Il ressemble à un catalogue de bonnes intentions mais à le parcourir, on comprend l’indigestion suscitée par ce texte perclus de banalités, d’évidences, de slogans et d’une batterie de mesures bureaucratiques.
Un peu de novlangue néo-communiste. Faire de l’orientation un temps d’émancipation. Donner des droits ou du moins les reconnaître. Le droit à la mobilité sécurisée, à la formation des jeunes, reconnaître le droit à l’accès au travail pour les jeunes. Etrange, comme si un décret existait, qui interdise le travail pour les jeunes. Si sortis des études, ou de l’école, les jeunes sont au chômage, c’est parce qu’il n’y a pas de travail à leur proposer. On se demande alors ce que vient faire cette clause. Ce n’est pas des droits mais du travail que réclament les jeunes, et aussi un logement et non pas un droit au logement. Vous avez remarqué sans doute la subtilité, un droit ça ne coûte rien. Car le projet du PS dans son ensemble risque de peser lourd dans le budget d’une France surendetté. C’est ce qui a été reproché au document. On se demande comment chiffrer ces mesures. A titre d’estimation, je propose que l’on compte en moyenne un milliard par page de mesures. Cela fait 45 milliards. Pour nombre de membres du comité national, le compte n’y est pas. Et au final, de décompte des votants montre que l’enthousiasme est absent, laissant entrevoir l’impasse politique du PS pour se positionner dans l’avenir politique, avec une batterie de bonnes intentions et de formules creuses.
Quelques exemples, favoriser la co-éducation. Avec les enseignants et les parents référents. Un cadre fédérateur pour favoriser les synergies, le dialogue, les échanges. S’occuper du parcours de l’enfant. Invention de services publics universels et personnalisés pour relever les nouveaux défis de l’égalité. On notera l’usage d’un vocabulaire digne d’une révolution française. Egalité, universel, convention. A se demander de quelles improbables planches récitées lors de tenues dans les loges des frères socialistes sont sorties ces fragments d’un discours lénifiant frisant l’irréalité, ce qui est un comble pour promouvoir l’égalité. Il est aussi question de tout revoir l’éducation, l’organisation des soins. On sait que la santé et l’enseignement sont déjà à la peine suites aux réformes sarkoziennes et voilà que se dessine l’imposant fardeau des réformes socialistes. Je laisse au plus courageux ou aux masochistes le soin d’étudier ce document montrant les failles d’une société qui ne cesse d’agiter des formules vides et de proposer une myriade de réformette comme si les gens attendaient du politique qu’ils viennent les border le soir. A signaler l’absence d’un référent du sommeil pour chaque français, avec la reconnaissance du droit à dormir sept heures pour tous ; ça c’est de l’égalité réelle ! Et pourquoi pas un référent nutritionniste, pour le droit à manger cinq fruits et légumes par jour ?
Le PS est dans une impasse, n’ayant pas encore abandonné les lubies des Lumières sur la fabrication du progrès, du citoyen, de la société universelle. C’est de la politique tristement et sottement moderniste aurait déclaré Leo Strauss après avoir analysé ce texte qui doit en agacer plus d’un parmi les sociaux libéraux de ce parti dont l’unité est maintenant virtuelle. Le PS n’est pas la solution mais le problème de la France. Mais ce n’est qu’un des (deux ?) problèmes, l’autre étant l’UMP. Eric Besson veut fabriquer des bons petits français et Martine Aubry veut fabriquer une bonne universelle égalité. Ces politiciens nous font perdre notre temps. Le salut n’est pas dans une réforme bureaucratique, dans un bougisme des services publics. Il serait temps de laisser les Français un peu plus libres, inventifs, de leur donner le champ libre, de les livrer à eux-même pour qu’il se prennent en charge et surtout, de les inciter à changer de mentalité. L’avenir réside dans un libéralisme politique adossé à un rétablissement de l’équité monétaire. Un bouclier fiscal pour les pauvres, voilà une solution viable.
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