Avaaz.org : la mobilisation depuis son canapé, oui mais…
Vous ne connaissez pas encore le réseau Avaaz et ses activistes des boîtes mails ? Pourtant, ce nom commence à faire du bruit jusque dans les milieux aseptisés. Le principe est simple : sur le site Avaaz.org, on trouve des dizaines de pétitions sous forme de petits articles qui se lisent très rapidement.

Syrie, Palestine, Inde, défendre la cause des Masai, de Malala la Pakistanaise, le chalutage dans nos fonds marins, se dresser contre tels OGM, tel pays qui fait la guerre, tel autre qui met untel en prison… Sur Avaaz (« la voix », en persan), toutes les causes du monde sont relayées par des citoyens engagés, et si l’une d’elle vous touche particulièrement, vous pouvez agir.
Comment ? En envoyant un mail qui ajoute votre nom à la pétition, pardi ! L’ONG Avaaz, ce n’est que ça, et c’est déjà beaucoup. S’appuyant sur un réseau mondial de millions de membres, la force de frappe du groupe est phénoménale. Certains disent même qu’elle est supérieure à celle de l’ONU, car mieux ciblée et plus démocratique !
Seulement, d’autres s’interrogent sur l’opacité de l’organisation. On sait juste que Ricken Patel, figure principale d’Avaaz, se paie grassement pour son travail (environ 130 000 euros par an), et rémunère d’ailleurs très bien toute l’équipe.
« Je défends une politique de salaires élevés car il nous faut les meilleurs professionnels. Beaucoup d’autres gens de mon équipe gagnent plus de 100 000 dollars par an » concédait Ricken au journal Libération il y a quelques mois.
On peut louer sa transparence sur le sujet mais…
Avaaz, agence de com’ opportuniste ?
Tout d’abord, Avaaz est financé en grande partie par George Soros, un financier milliardaire américain. En termes d’indépendance, on a vu mieux. De plus, on le voit sur le site, aucune réelle prise de position n’existe quand aux systèmes politiques occidentaux. La plateforme est un relais des préoccupations citoyennes, et ne s’engage pas réellement politiquement. En gros, défendre la démocratie – dans les pays du Sud surtout -, oui, critiquer le capitalisme, pas trop. En même temps, Avaaz n’est que le reflet de ce que les gens proposent via leurs pétitions…
On a aussi entendu que certaines campagnes relayées par le réseau s’apparentaient plus à une sorte de lobbying. Par exemple, l’association Kokopelli avait réagi vivement à la publication d’une pétition sur Avaaz demandant de sauver l’asso, soi-disant condamnée par la Cour Européenne de Justice… Un mensonge, mais dans quel but, si ce n’est faire du buzz et rester sur le devant de la scène « web-activiste » ?
Alors, on est en droit de rester un peu prudent. Le concept est beau, magnifique même. Mener des actions d’envergurequi pèsent sur le monde depuis son canapé, c’est quand même la grande classe ! Mais quelles sont les réelles finalités de ces actions ? Avec le web et ses millions de réseaux et de connexions à la minute, le flou demeure. L’avenir nous dira si Avaaz est bien la « voix » de la raison. En espérant que son slogan, « le Monde en Action » ne se transformera pas en un monotone (et monétaire) « Le Monde en actions »…
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