Ayez peur des loups !
Edmund Burke disait que « la seule condition au triomphe du mal, est l'inaction des gens de bien ». Ma part se résume ici à partager mes réflexions, ici dans un essai dénonçant la division de l'espèce humaine en deux catégories distinctes.
Nous n'allons pas ici retomber dans des niaiseries à opposer les noirs aux blancs, ou les rouges aux jaunes, comme la stupidité des loups l'a trop longtemps entretenu, et le manque d'ambition des autres l'a trop longtemps laissé faire. Nous allons montrer ici que rien n'est immuable, l'humanité n'a que comme seule frontière l'avidité et la stupidité.
Nous divisons ici l'humanité en deux races, les prédateurs, et les autres. Nous faisons remarquer dans un premier temps à quel point le concept de race est totalement hypocrite lorsqu'il est appliqué à l'homme. En effet, on sait distinguer deux races de chien juste à la longueur de leur poils, tandis que le mot est tabou et perd son sens dès qu'il est utlisé au sein de l'espèce humaine. Dans cet essai, nous n'hésiterons pas à appeler les choses par leur nom.
Il y a dans chaque homme deux aspects de nature contradictoire. Le premier est dominateur, égoïste, égocentrique, avide, perfide, fourbe. L'autre est humaniste, sociable, dans le partage. Nous nous laissons dominer par un côté plus que par l'autre, et cela créé deux catégories de personnes, les prédateurs, et l'autre qui privilégie la paix. Indéniablement, il y a une proportion d'inné, et il y a une proportion d'acquis. Probablement l'acquis ne fait-il que renforcer ou diminuer le contraste des proportions, et en de rares fois les inverse. Cet acquis est déterminé par plusieurs facteurs, une partie inconsciente, une autre volontaire. Notre environnement, notre situation, notre famille sont des vecteurs involontaires de notre acquis, et il y a notre esprit critique, nos réflexions, nos introspections, qui nous permettent de nous recentrer, et d'avoir un pouvoir sur la proportion des deux aspects qui façonne notre nature individuelle.
Il convient maintenant de définir à quelle catégorie une personne ou une autre appartient. Comme pour n'importe quel jugement, il vient le problème d'objectivité. Partant du principe qu'il n'y a aucun être suprême capable de dire si ce que nous pensons être bien l'est réellement, ni même capable de définir le bien lui-même, nous n'avons d'autre choix que de nous en remettre, comme toujours, à la subjectivité. Ici, contrairement aux lois de la justice, qui déterminent si une chose est légale, plutôt qu'elle devrait juger sa légitimité, nous allons recourir à un critère dit multisubjectif. La subjectivité telle que nous la connaissons, même en groupe, conclut un arrêté définitif catégorisant de manière générale, et exclut nécessairement beaucoup de cas particuliers. Notre nouveau concept apprécie et évolue en temps réel, et tout le monde a son mot à dire, mieux encore que la démocratie. C'est alors que chacun peut être capable de déterminer à quelle catégorie les autres appartiennent, et en particulier soi-même. Certains pourraient dire que cette multisubjectivité est erronée, car nous la démarrons sur un environnement initial biaisé, mais nous leur rétorquerons qu'il faut à l'évidence un début, et que le temps aidera l'appréciation générale à tendre vers l'objectivité, à un point difficilement égalable. Une certaine majorité se dégageant nécessairement, la frontière ne serait alors plus floue mais deviendrait totalement visible.
Notons que nous ne venons pas de définir le bien et le mal, car nous n'avons jugé ni la première catégorie, ni la deuxième. Remarquons cependant de façon élémentaire que ces deux catégories forment une partition de l'espèce humaine, car les deux natures sont opposées, disjointes, n'ont rien en commun, et que chaque individu est placé dans la catégorie pour laquelle sa nature s'exprime le plus. Voilà qui parvient à créer deux races humaines, et nous venons plutôt d'inventer deux définitions de bien et de mal. Chaque catégorie pose comme axiome qu'elle représente ce qui doit être bien, et que l'autre, de part sa nature opposée, représente nécessairement ce qui est mal. Un monde binaire ou exister dans les deux catégories est contradictoire, un certain yin et yang revisités.
A l'heure actuelle, il n'y a pas de communautarisme entre ces races humaines, chacun étant obligé de vivre parmi tout le monde, non sans poser certains problèmes, notamment pour ceux appartenant à la deuxième catégorie, nous le verrons tout à l'heure. Dans un premier temps, déterminons à quelle catégorie nous appartenons. Evidemment, vous noterez que les mots utilisés pour qualifier ces critères sont sans conteste subjectifs de ma part, mais définissent en contre-partie relativement bien un sentiment universel que chacun peut évaluer.
Si vous pensez qu'il y a trop d'égoïstes, que le monde se porterait bien mieux sans ce ramassis de véreux qui ralentissent la progression de l'espèce humaine et l'empêche d'accéder au bonheur auquel elle aspire, dans le partage, l'harmonie et la prospérité, si votre rêve serait d'enrayer la famine dans le monde, de voir tous les enfants du monde souriants, ou si vous n'éprouvez aucune rancoeur à l'égard de certains qui infligent tant de mal aux autres, si vous pensez que toute vie est précieuse, si malgré ce que l'on vous a toujours répété, vous pensez qu'on peut être contre la guerre, si vous pensez que nous pourrions tous vivre ensemble merveilleusement sans ces communautés qui divisent, alors vous pouvez vous considérer comme appartenant à la deuxième catégorie.
Si vous pensez que vous êtes la personne la plus importante au monde, que seul votre avis compte, qu'il est nécessaire d'utiliser les autres pour arriver à ses propres ambitions, que vous n'hésiteriez pas un instant à exploiter les autres, que l'extinction d'une vie n'est qu'une statistique, qu'il vous est impossible de vous projeter dans la souffrance ou le bonheur d'autrui, que vous méprisez les gens qui ont le pouvoir tandis que vous n'aimeriez qu'une chose, être à leur place et que vous aimeriez bien aussi en profiter, si vous aimeriez jouer à las vegas et gagner une montagne d'argent, si vous êtes jaloux, possessif, si l'avis des autres vaut largement moins que le votre, alors n'hésitez pas, vous êtes dans la première catégorie.
Nous expliquons à présent pourquoi la division entre ces races est nécessaire. Peu importe la catégorie dans laquelle on se situe, l'autre partie ne fait que nous empêcher d'accéder au bonheur. La première est totalement individualiste, les prédateurs le sont aussi pour d'autres prédateurs, c'est dans leur nature. La seule projection qu'ils ont pour le futur est le bonheur individualiste d'une seule personne, et n'ont que faire de l'espèce humaine. Les autres vivent en société, ne remettent pas en cause l'ordre établi et ne se soulèvent pas contre le système, puisqu'il est là pour le servir, et qu'il le fait de la meilleure façon possible, à quelques améliorations près. Ils sont cependant sous la menace de chaque prédateur, qui ne rêvent que de les utiliser, à leur dépens, et ont pour arme leur solidarité. Puisqu'ils aspirent à un bonheur global, qu'ils ont une vision pour leur espèce, ils ne peuvent pas ni ne doivent vivre entourés de prédateurs, le communautarisme s'impose.
Les prédateurs ont tout intérêt à ne rien changer, jusqu'à pouvoir contrôler absolument tout le monde. Nous sommes dans un monde où les prédateurs se sont toujours imposés. Le monde des despotes sanguinaires, des princes et des rois, des manipulateurs qui se couvrent sous le terme de démocratie, le monde des ambitions personnelles, des profiteurs. Toutes ces personnes n'ont que trop démontré qu'elles n'hésitent pas à manipuler ceux qui sont censés leur faire confiance, et à les trahir. Du premier chef de tribu au président avide qui part assouvir les peuples, ces tueurs, ces assassins, afin de piller des ressources, sous couvert de manipulation de l'opinion pour des vertus mensongères. Tout ce système perdure et leur va si bien, puisque l'homme est devenu une ressource à part entière.
Pour les autres, l'objectif est de se séparer des prédateurs, en s'unissant afin de libérer le monde du poison qui le gangrène. Une utilisation des ressources judicieuse, l'absence de profits, l'absence de propriété, le progrès et la prospérité, ne seront possibles que dans un monde où le mal n'existe pas. Intelligents, ces humains cultiveront et exploiteront les prédateurs, sans état d'âme, pour leur servir de main d'oeuvre en travaux forcés, une forme ancienne d'agriculture, où les prédateurs ne vaudront pas plus que de simples animaux d'élevage, utilisés pour faire prospérer cette nouvelle société. Après quelques hésitations, faut-il en arriver là, avant de se faire manger ? Ne nous prédit-on pas, depuis Malthus, qu'il y a déjà surpopulation mondiale ? Nous devons contrôler la natalité des pauvres pour que les riches puissent prospérer, idée répandue comme un leitmotiv dans tous nos médias et aristocrates. Ainsi, ne sommes nous pas déjà des animaux d'élevage ? Nous autres pauvres consommateurs, dans une course perpétuelle au profit exploitée par les avides. Alors, si trop de monde il y a, pourquoi ne pas commencer par se débarrasser des loups ?
La dernière guerre entre les hommes sera celle-là, ou ne sera pas la dernière. A chacun de choisir.
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