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Accueil du site > Tribune Libre > Cause perdue dans l’éphémère

Cause perdue dans l’éphémère

La foi en la jeunesse et son cortège de bienfaits par la fraicheur, l’esthétique, qui attirent le regard des autres. N’est-ce pas la recherche d’une maturité primaire formatée par l’éphémère ? Prêter une attention plus en rapport avec les réalités ne serait pas plus mal.


1.jpgL’émission "Vivement dimanche" de la fin de novembre dernier rassemblait les plus de quatre fois vingt ans sur le grand divan rouge.

Des paroles, des dictons caractéristiques sortaient, en cascade, lors de l’intervention de la première invitée, Line Renaud : "Qu’est-ce qu’elle bien conservée pour son âge", "Avec la chirurgie esthétique, vous ne ferez pas plus vieille, mais vous ne ferez pas plus jeune.", "Il faut s’habiller avec des vêtement de son âge, mais pas avec les vêtements qui ont son âge".

C’est vrai "Pour fêter ces octogénaires, les bougies sont devenues plus chères que le gâteau".

"Non, rien de rien, je ne regrette rien" rechantait Piaf pour l’occasion. De là où elle est, elle aurait probablement aimé en faire partie. Son co-auteur de cette chanson, Charles Dumont était présent. Une suite de "vieux de la vieille" que l’on garde au fond de sa mémoire et qui n’avaient, visiblement, pas envie de raccrocher. Charles Aznavour, présent, aussi, bissait sa présence, cette semaine, sur le même divan. Mais, c’est vrai, j’oubliais, beaucoup n’aiment pas l’émission. Elle chatouille et Drucker présente trop d’allures de croulant. Il pompe l’air de ceux qui attendent dans le couloir. Il est trop cool, trop "à la botte des gens de la haute", il n’aime pas les mauvais coups, trop consensuel... Il y a les "Trucs à Drucker," comme je l’avais écrit lors de sa visite à Bruxelles, Le souvenir de ce jour avec Madame "On ne vous dit pas tout" n’était pas loin de ce qui va suivre dans ce billet. Quoique... à y réfléchir.

Il faut avouer qu’on ne fait pas couramment long feu sur le média télévision. Du service public au privé, ce n’est pas moins clair.

Troublant, pourtant, qu’il continue à faire une audience familiale aussi importante. Un autre cas, Philippe Bouvard avait été rappelé après une courte pause.

Déjà, en 2007, "Qui a peur des ’vieux’ ?" s’insurgeait le philosophe, médiologue, Regis Debray. Dans un coup de gueule, il dénonçait la dictature de la jeunesse qui se gavait de l’image et de la forme qui prennait la place du fond des choses. Il proposait d’ "Organiser des années "mémé. Proclamer le droit d’être moche (comme Socrate l’était), poussif, vulnérable, précaire et balbutiant".

Des économistes se rendaient compte et disaient "Si l’on traite la question « vieux » comme un dossier parmi d’autres en termes utilitaires de rationalisation des coûts, sans changer notre regard sur la vie et sur la mort, on aboutit à l’infamie, à l’idée que le vieux est simplement antiéconomique. Pis, il serait antisocial, puisque notre société a pour valeurs suprêmes l’image, le corps, la vitesse, la performance.".

"En 2015, les plus de 50 ans représenteront plus de la moitié de notre population. En 2020, les plus de 60 ans seront plus nombreux en France que les moins de 20 ans.", était-il rappelé.

La crise est venue contrecarrer ces réflexions rationnelles. Les plans de pré-pensions pleuvent quand les affaires ne vont pas bien. Alors quand on met la clé sous le paillasson, en plus... En cette période d’incertitudes, la rentabilité à bas prix passe à la vitesse supérieure. Le business suit la demande.

Quel est le but à atteindre ? Produire au meilleur coût. Alors, le principe à transmettre est : il faut rester "agile" et oublier le "fragile". Le processus de rationalisation des âges de séniors bien affirmés n’est pourtant pas uniformisé. Les décideurs s’accrochent alors qu’ils dénoncent le processus.

Le poids des années écrase. C’était vrai, hier, ce l’est moins aujourd’hui.

A voir la pub, pourtant, ce qu’on a appelé jeunisme, a pris, encore plus, des allures de croisière. La jeunesse donne des ailes. En plus, en période de crise, les "vieux", ces "dino", sont devenus trop chers. A la réception des entreprises, ce n’est plus un sourire affable qui attire mais le camouflage du fard.

20080822Dalai Lama Sarkozy.jpgDu coup, il faut se grimer en jeunes, camoufler les rides, remonter les seins, amincir un ventre ou les fesses, rectifier les nez trop disgracieux comme si cela arrangerait les affaires. Mais, en parallèle, il en résulte une consommation débridante de cosmétiques et de produits de beauté de toutes sortes comme lot en réponse à la recherche de la séduction et de la place enviée dans la société. Beaucoup d’espèces sonnantes et trébuchantes tournent autour de la recherche de la beauté à tout prix. Les entreprises qui ont le fond de commerce des cosmétiques, ne connaissent pas la crise vu le nombre de magasin. Encore une histoire de l’œuf et de la poule.

"La chirurgie esthétique, une mode ?", s’interrogeait un autre auteur. A mon avis, cela dépasse le cadre d’un temps, d’un espace ou en relation directe avec la situation de fortune de son utilisateur. La beauté, c’est comme la santé, ça n’a pas de prix. Effet de mode perpétuelle, oui, pour suivre une volonté d’appartenir à l’époque de ses contemporains mais dans un "clan jeune", « people » à souhait. Qu’on ne vienne pas me dire ce que je n’ai pas dit. La chirurgie esthétique réparatrice fait des miracles dans beaucoup de cas et a son ticket de merveilles dans le modernisme. A l’heure où j’écris ces lignes, je lis "Succès d’une nouvelle greffe de visage révolutionnaire".

Les philosophes interrogés sur la préférence entre un vie de 90 ans ou trois vies de trente ans, ils préfèreraient la deuxième version. Mais ce n’est que de la fiction du rêve. On en arrive à avoir peur de vieillir. Partager la vieillesse avec la jeunesse, est-ce un rêve insensé ou un cauchemar par la seule vue d’une comparaison de surface ?

Il ne faut pas nécessairement rechercher les nouveaux adeptes de l’hédonisme parmi les populations les plus riches du globe. On pourrait même affirmer que les pays en pleine ascension dans la hiérarchie des régions en voie de développement arrivent dans le peloton de tête des Etats qui veulent faire ressortir l’esthétique de ses habitants. J’en ai déjà touché un mot dans "Que t’es beau", article qui relevait la situation des Brésiliennes qui s’adonnaient à cette course effrénée pour paraitre au mieux grâce au culte du corps et aux produits qui doivent par définition ajouter un vernis du meilleur effet dans l’hyperréalisme. Dans ces vœux d’identification, l’homme ne demeure pas en reste avec le culturisme, dans un faux rapprochement avec l’esprit du sport et dans un vrai besoin d’augmenter le degré de séduction. Adonis ou Apollon ne se conjugue indifféremment au masculin et au féminin. La course aux alouettes peut donc commencer ou continuer, rehaussée par une pub du meilleur aloi, du style "Puisque vous le valez bien".1.jpg

C’est vrai, se sentir mieux dans sa peau après une intervention chirurgicale peut changer l’humeur et donner confiance en soi pour adresser les problèmes de la vie. Si c’est pour séduire, d’accord, mais, pas pour seulement pouvoir exister.

De toutes manières, une "belle carrosserie" n’assure pas qu’il y ait, en dessous, un "moteur" qui tienne la route. N’est vieux que ceux qui le veulent bien, se défendent ceux qui ont quelques heures de vol et qui se sentent encore la vigueur d’un jeune.

Vu l’espérance de vie qui s’allonge, la période des "soucis pour faire semblant" ne va faire que s’allonger. On s’y prépare à suivre la publicité, de plus en plus jeune et on poursuit avec acharnement des artifices de plus en plus sophistiqués. Pas d’échange standard à espérer, à part, certaines "pièces" de l’équipage.

La pièce de théâtre, "Et si c’était à refaire", démontrait, par les excès, toutes les vicissitudes du processus.

Ce travail en profondeur va se poursuivre, jusqu’à la désespérance, pour vous sortir du côté "terne" d’une vie qui décroche des réalités de la vie. "Rester dans le coup", le problème majeur de nos sociétés. Continuer à être vu ou à simplement "être" se veut la préoccupation au travers d’artifices de beauté et de calcul. La petite ride, le faux pli sous un regard de braise ne font pas bon ménage devant ce miroir qui ne pardonne rien. L’eau de jouvence, dans la pharmacie, au dessus de l’évier, va avoir beaucoup de travail et entamer une lutte perdue d’avance dans la volonté de ressembler à la photo du magazine. On jouait du "bling-bling". Ca a plu à certains, déplu à beaucoup d’autres.

20090505Berlusconi et Veronica.jpgLes tops modèles, les "canons" bien connus n’auront de cesse de réveiller ces obsessions de l’absolutisme en "absurdie". Même, elles évoluent et devront sortir de la maigreur anorexique, vendue à renfort d’erreurs de jugements pour séparer ce qui était réellement nécessaire du superflu. Assumer la dégradation finale est du domaine de l’impossible. Pour suivre François de Malherbe, les roses n’auraient-elles pas une autre opportunité que d’arriver à occuper un terrain plus longtemps que l’espace d’un matin ? Les flétrissures se ressentent comme un drame dont la chute envoie la victime dans la déprime la plus amère, dans un rôle de laissé-pour-compte. Le raisonnement, la bonne parole de l’entourage ne font qu’apporter une confirmation à ce statut et en ajoute encore au trouble. Les cosmétiques n’auront malheureusement qu’un rôle très sporadique au sujet de leur efficacité. La déchéance irréversible aura fait son œuvre.

Horreur et putréfaction ? Pas de panique.

La pub "cosmétique", elle, n’a de cesse de présenter la situation de "l’après" sous le meilleur jour après un regard vers "un avant" qui n’a pas été d’office réjouissant. Des moyens d’effacer les affres du temps, pour palier à cette vie éphémère, par le seul pouvoir de la solution radicale de l’apparence ? Miroir aux alouettes.

Une parenthèse : le tatouage qui ne se retrouvait que dans des peuplades habituellement qualifiées de "primitives", s’est vu redorer d’une nouvelle jeunesse. Je n’engage que moi, mais le mot "redoré" est loin de correspondre aux dorures que l’on est en droit d’espérer dans une opération d’embellissement. L’homme veut assumer sa virilité, la femme remettre une couche de séduction. On ne s’assume plus, on se rassure même en faisant renaître le passé. Ce doit être mes lunettes qui ne sont plus adaptées à la modernité. Effacer l’éphémère par cette intermédiaire, jamais. Mais je ferme cette parenthèse en assumant une opinion personnelle sur mon appréciation partiale du "beau".

1.jpgLes mannequins d’antan prennent de l’âge comme les autres. Depuis un certain temps, l’image des séniors perce l’ombre. La cote de ces "petits vieux" grimpe même aux yeux des publicitaires. Les top-modèles de 50 ans et plus prennent place sur les podiums. Peut-être faudra-t-il penser, un jour, à une autre émission qui s’appellerait "Quand les vieux s’en mêlent", comme il en existe pour les jeunes.

L’éphémère est par définition un clin d’œil du temps qui passe. Savoir que tout change, tout passe, tout lasse, et qu’en définitive tout s’adapte à une nouvelle chance du destin est une sagesse qui aidera à comprendre sans peur ni énervement. Pas de besoin d’une guerre entre générations. Un pacte des générations ne suffirait pas non plus. On parle de carte-jeune. La carte S a trouvé son nouveau plancher à 55 ans et plus. A partir de quel âge, faudra-il , demain,sortir son passeport de "vieux" ? 50 ou moins. ? Le Nouvel Obs écrivait que "tout est possible à 50 ans" en donnant tout les ingrédients de la réussite pré-formatée par des croisades hydratantes, de la vogue des injections, de l’ode aux légumes, de l’exercice quotidien et des vertus du lien. Mais, il ajoutait "il faut à chaque époque se conformer aux stéréotypes en vigueur". Et bien, non... soyons nous mêmes, sans honte et sans reproches. Le magazine remettait le couvert plus tard en parlant des "nouvelles règles du jeu de la retraite" pour assurer les vieux jours des générations futures. L’hypocrisie du départ à 70 ans était soulevée. Le rappel des clés d’une retraite pour les nuls et des idées pour sauver le "système" terminaient. l’article Dès la page suivante, Sharon Stone, rajeunie comme première page d’un autre magazine, apparaissait avec la retouche photo dans le viseur. Êtes-vous sûr qu’on parlait de la même chose ?

Certains magazines s’en sont fait une spécialité de découvrir l’autre partie de la vie à sa "juste" valeur. Le salon à Bruxelles, curieusement appelé, Zenith, ne désemplit pas. Le magazine Plus, lui, s’intéressait, récemment, à des méthodes pour refaire sa vie et la réussir après une rupture. Une psychologue qui rappellerait Menie Grégoire rappelait des principes de raisons, tel que "pas de nouvelle relation par dépit", "du temps", "prendre des distances avec le passé", "ne pas faire de comparaison", "éviter les sujets qui fâchent"...

Plus facile dit que fait. Il reste toujours les références, les liens avec l’expérience et le passé, cela même si j’ai pu constater quelques récidives légèrement plus suspectes. Toujours, beaucoup de publicités, pour enrober le tout. La peau qui retrouve un incroyable confort, de la beauté, grâce à qui vous savez.

1.jpgIl existe pourtant une autre beauté. La beauté est intérieure, disait quelqu’un. Celle-là, il n’y a pas de chirurgien pour la changer. Cela, même si l’âge peut aigrir les caractères à force de mauvais coups d’une vie chahutée.

La clairvoyance raisonnée devrait prendre le relais et enrayer un processus inéluctable et naturel du temps qui passe. Briser la glace inter-générationnelle est bien plus importante.

Rester "in", oui, mais pas à n’importe quel pris. Pouvoir s’identifier à des modèles un peu moins neufs ou d’un autre âge reste la règle de la prudence. Ce ne seront plus, uniquement, les antirides, mais, plutôt, "vive le charisme", vive l’humour, car, dans ce milieu, on n’a rien plus à perdre.

La seule précaution à prendre : ne pas prendre exemple des "bobonnes".

Cela fera toujours rire le "Tu te laisses aller" en version masculine" en version masculine, en version féminine ou en version commune.

Le tout, c’est de se supporter et de se faire supporter.1.jpg

La philosophie du salut, disent les philosophes. Amusant. Salut de qui et pour qui ? Le consensus deviendra de plus en plus la règle pour vivre ensemble dans un monde en expansion d’idées et d’idéologie. Plus de pensée unique. Plus rien à imposer des deux côtés de la barre des âges, non plus.

Et, si on chantait ensemble ? "Si tu t’imagine",

Sexagénaire, dont je suis, ou sexe à générer ? Rien à cirer, si cela marche ou non. Du moment, que l’on se sent bien dans sa peau. Une vie, c’est long et court à la fois. Beaucoup d’histoires à raconter dans la boîte à malices des souvenirs. Un véritable réservoir pour le futur. Les uns avec la nouveauté, les autres avec l’expérience dans les bagages.

La médecine et tout ce qui l’entoure, ont prolongé la vie. Il ne faudrait pas la gâcher à la recherche d’une impossible étoile, avec ce jeunisme qui est une véritable arnaque aux réalités de la vie.

Papy, continue de boomer. Avec l’âge, les raideurs se déplacent, dirait l’observateur de l’intime.

20071024Dopping.jpgPas plus tard que dimanche, une connaissance s’étonnait de notre politique "à la belge". Aller chercher les sages de derrière les fagots, comme je l’expliquais dans le billet précédent. Cela pourrait sembler, à première vue, comme un retour aux sources très peu progressiste. La dichotomie du monde divisé entre conservateurs et progressistes, n’est pas aussi franche que cela. Vaut mieux savoir et s’en rappeler.

Pour la forme, allons nager ensemble, par exemple. Au moins, en nageant, en suivant le bon vieux principe d’Archimède, on en oublie jusqu’à son poids.

Comme tout se termine par des chansons, je laisserai les derniers mots d’humilité de la chanson, à Charles Aznavour qui résume tout :

"Le temps des uns, le temps des autres, le tien, le mien, celui que l’on veut nôtre".


L’enfoiré,


Citations :

  • "Beauté grecque : femme laide portant une amphore", Raymond Radiguet

  • "Les roses ne sont pas à plaindre... Au moins, elles ne savent pas, elles, qu’elles se faneront", Genri Duvernois

  • "Un soir, j’ai assis la Beauté sur mes genoux. - Et je l’ai trouvée amère", Arthur Rimbaud

  • "Aucune grâce extérieure n’est complète si la beauté intérieure ne la vivifie. La beauté de l’âme se répand comme une lumière mystérieuse sur la beauté du corps", Victor Hugo



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22 réactions à cet article    


  • Hengxi 9 décembre 2009 17:09

    Puisque vous parlez de chirurgie esthétique, deux points qui vont vous intéresser :

    1°) De plus en plus de chinoises se font blanchir la peau et se retrouvent avec un teint blanchâtre et livide qui les fait parfois ressembler à des zombies.

    Je ne vous parle même pas des risques futurs de cancers, etc.

    2°) Il y a quelques année, une clinique de Shanghai s’était fait une spécialité de rallonger les jambes de certaines jeunes filles qui se trouvaient trop petites et surtout qui étaient systématiquement refusées par des employeurs (souvent occidentaux), qui demandaient une taille plus « occidentale »

    De nombreuses de ces personnes se sont retrouvées infirmes à la suite de ces opérations, la clinique a été fermée et le directeur purge une peine de prison de 10 Ans.

    Cela n’empêche que encore de nos jours, il est courant de trouver des offres d’emplois avec la menstion de la taille minimum.

    Comme si la taille ou l’aspect physique avait un rapport avec la qualité du travail.


    • L'enfoiré L’enfoiré 9 décembre 2009 17:37

      Hengxi,
       Merci pour cette information de l’« autre monde ».
       L’esthétique est affaire de pays et de... monde.
       Dans l’article que je mentionnais et qui était « précurseur », j’ai essayé de comprendre ce qui était « beau ».
       Rien de plus subjectif.
       Au Japon, les femmes se retrouvaient avec des petites pieds.
       Les femmes girafes auront à souffrir toute leur vie.
       Des peuplades anciennes se scarifient pour l’être.
       Aujourd’hui, les tatouages reviennent chez nous.

       Je peux dire qu’on ne m’aura jamais.
       Aucune décoration, aucun bijoux, rien d’autre que ce qui avait au départ, mais avec quelques heures de plus et quelques bleus comme tout le monde.
       


    • Fergus Fergus 9 décembre 2009 17:30

      Salut, L’enfoiré.

      Un article très intéressant qui aborde de nombreux aspects du vieillissement. Sans doute prendrai-je le temps de le relire à tête reposée.

      Cela dit, je ne vois pas personnellement le vieillissement comme un problème, mais comme une possibilité de disposer de temps pour me livrer à mes activités favorites sans plus avoir qui que ce soit sur le dos.

      Une situation très confortable... tant que la santé est là. Car le problème du vieillissement se résume pour beaucoup à cela : pouvoir vivre ce qu’il reste de sa vie sans devenir un Tamalou !


      • L'enfoiré L’enfoiré 9 décembre 2009 17:47

        Salut Fergus,

         Les heures de vol, chacun se doit de les supporter au mieux.
         Nous sommes tous différents et cela du début jusqu’au bout. Le caractère, l’envie de tout connaitre apportent seulement un peu plus de chances que les autres.
         Certains ont de la chance que je qualifie d’« artificielle ». L’argent. Il n’apporte qu’un peu plus de « disponibilités » mais le goal est le même. Bien plus de poteaux dans la vie, que dans ce qu’on appelle le « goal ».
         Que ce soit Johnny Halliday ou tous les richards du monde, le bout du tunnel est fixé.
         Quelqu’un a dit « Un nouveau né est un condamné à mort ».
         Il y a seulement quelques « intermèdes » différents.
         En envoyant cet article sur AV, je savais qu’il n’y aurait que les plus « anciens » qui y viendraient. Jeune, cela n’effleure même pas les premiers neurones.


      • Fergus Fergus 9 décembre 2009 18:24

        Entre nous soit dit, il est plutôt sain que les jeunes ne se préoccupent ni de la vieillesse ni de la retraite...


      • L'enfoiré L’enfoiré 9 décembre 2009 19:04

        Fergus,

        « ... il est plutôt sain que les jeunes ne se préoccupent ni de la vieillesse ni de la retraite... »

        Absolument. Chacun doit se construire à son rythme.
        Cela ne veut pas dire qu’il ne faille pas essayer de casser la glace entre les générations.
        Je l’ai fait de multiples fois.
        Je l’ai fait même dans la fiction d’un article récent.
         Tiens je remarque vous n’y étiez pas venu sur AV.
         C’est amusant de se mettre en condition.
         


      • Bardamu 10 décembre 2009 06:31

        Les jeunes sont vieux très tôt, désabusés, moralisateurs, pince sans rire, frileux et calculateurs.

        Les vieux, quant à eux, font tout pour rester jeunes :

        -teintures de cheveux bariolées chez les femmes et port de lunettes excentriques qui leur donne des allures de clowns hystériques, de chouettes hilares, de perroquets dépressifs.
         
        -jeans, sportwear et vélo le week-end chez les hommes dans le culte de la performance jusqu’au dernier soupir, et qui sont désormais les seuls acheteurs de voitures de sport -Bmw Z3, coupés Mercédes ! 

        Désormais, il n’y a plus de jeunes dans des corps de jeunes !
        Plus de vieux dans des corps de vieux, non plus !
        En fait, ne restent que des cons, de tout âge... triste époque !


        • L'enfoiré L’enfoiré 10 décembre 2009 08:48

          Bardamu,

           Votre commentaire fait réfléchir pour le moins.
           Sommes-nous dans une période de clowns ou de clones ?
           Est-ce différent d’autres confrontations entre générations ?
           Si c’est le cas, d’où vient ces différences ?
           Cherchons les différences.
           La jeunesse des années 50-60 avait un avenir qui progressait devant eux.
           Les diplômes étaient un plus, mais les autodidactes pouvaient s’en sortir.
           La jeunesse n’avait pas autant de pub à se farcir pour envier les vieux.
           Elle sentait les développements et les salaires qui grimpaient autour d’elle.
           La science attirait dans les études quitte à mettre en parenthèses les religions.
           Le respect envers la génération d’avant existait.
           L’école n’était pas un rendez-vous de petites bandes.
           La peur existait vis-à-vis de l’autorité.
           Les vieux ne connaissaient pas les moyens pour se faire rajeunir.
           La chirurgie esthétique n’avait qu’à s’occuper des cas graves et des accidents.
           GSM, Internet, connait pas.
           Mai 68 a été le premier coup de semonce. Défense d’interdire.
           Les images étaient plus réelles, moins virtuelles pour faire rêver.
           Aujourd’hui, c’est un peu l’inverse.
           Dévaluation des diplômes.
           Les places sont chères.
           Il faut bac +5 pour se voir entendre en définitive qu’on est pas assez ou trop qualifié.
           Les vieux sont chers. Leur expérience, on n’en a plus rien à faire.
           Ils ne suivent pas le mouvement. Ce sont devenus des poids morts qui ayant eu un avant se rendent compte qu’on va trop vite.
           Du coup, il faut faire semblant, se sortir de soi pour seulement pouvoir avoir une chance de pouvoir exister.
           Le travail de tordus qui suit une hiérarchie de casse vitesse ou l’ANPE.
           On gueule derrière des pseudos, derrière des claviers, mais le moment d’exprimer son mal-être, il n’y a personne.
           La vidéo a remplacé les sorties. On ne se parle plus, on gueule avec la télé comme interface des rancœurs.
           La démocratie est galvaudée. On ne sait même plus ou est la gauche ou la droite.
           L’image des Mangas comme incitant.
           Le rêve qui coudoie le cauchemar en permanence.
           Les infos que l’on transmet qui ne correspondent qu’au mauvais côtés qui font vendre.
           L’une génération envie l’autre et le fossé se creuse.

           Vous en voulez plus ?
           Si oui, je reviens.
           


        • Fergus Fergus 10 décembre 2009 09:10

          Bonjour, Bardamu.

          Cette tendance est assez vraie. Cela dit, il reste de très nombreux jeunes terriblement jeunes dans leur comportement et leur mode de vie festif (j’en côtoie énormément à Rennes), et des vieux dramatiquement vieux, des vieux à l’ancienne, pas forcément très âgés mais collés aux feuilletons télé et aux seules nouvelles locales apportées par le journal. Mais ces vieux-là, vous ne les voyez pas, ils restent terrés chez eux et seuls les vieux dynamiques que vous décrivez sont dehors et se remarquent.


        • L'enfoiré L’enfoiré 10 décembre 2009 09:43

          Fergus,
           Sorry si je reprends le flambeau avant Bardamu,

           "Cela dit, il reste de très nombreux jeunes terriblement jeunes dans leur comportement et leur mode de vie festif (j’en côtoie énormément à Rennes)« 
           
          C’est absolument vrai. Je dis souvent »ouf« quand j’en découvre un ou une jeune qui veulent mordre à peine dent dans la vie. Vous vous souvenez peut-être d’une certaine Epeire sur cette antenne. Je la suis de loin avec le plus grand respect. Elle était à Lille et est descendue à Paris récemment. Nous nous tenons au courant mutuellement sur les progrès et les échecs. 40 ans de différences peut-être. 

           », et des vieux dramatiquement vieux"

          Je ne sais où vous pouvez me situer. J’ai toujours été un modérateur dans l’âme. J’ai toujours brisé la glace entre générations ou tenté de le faire.
          Pourquoi croyez-vous que j’écrive mes bafouilles sur un site que l’on sait être très jeune de moyenne ?


        • Fergus Fergus 10 décembre 2009 09:59

          Bonjour, L’enfoiré.

          Je suis sur la même ligne : tout faire pour mixer les populations, jeunes et vieux le plus proche possible les uns des autres. Rien de pire que ces rassemblements de vieux qui ne sortent jamais de leur cercle de joueurs de belote ou de pétanque. Cela me déprime.

          A Morlaix, où j’habitais avant, la municipalité a installé une crèche juste à côté d’une maison de retraite, et cela a changé la vie des pensionnaires. Car ils côtoient désormais les jeunes parents de ces bambins et les petits eux-mêmes lors de fêtes organisées conjointement.

          Mais ce n’est pas encore assez, et sans doute faudrait-il que cette proximité soit élargie à des adolescents. Un frein toutefois : il risque de se poser des problèmes de nuisance sonore....

          Bonne journée.


        • Bardamu 10 décembre 2009 12:48

          De fait, c’est toujours la même histoire : les suiveurs et les autres !

          Parmi ces autres, peu nombreux, certes, des jeunes qui lisent autre chose que des bédés, militent, savent rire, s’amuser tout en étant réellement mûrs !

          Et aussi, des vieux qui se sentent forts de toutes ses expériences accumulées le long d’une vie, comme d’une sagesse rudement acquise.
          Oui, et qui acceptent leur âge tout en gardant leur âme d’enfant !

          Et puis, il y a des rencontres entre ces deux catégories, mêlant apprentissages, initiations même, comme partage de la spontanéité, envie d’idéaux et d’utopies.

          L’être se mesure à sa qualité, et là encore, elle s’oppose à la quantité.
          Une petite histoire qui ne finira jamais de se répéter celle-ci, car elle est celle de l’homme !


        • L'enfoiré L’enfoiré 10 décembre 2009 13:54

          Bonjour Fergus,

           J’aime de plus en plus vos commentaires.
           De très jeunes enfants et des papys et des mamys, voilà, la formule magique pour les deux bords.
           Beaucoup d’expériences ont lieu aussi par ici.
           Ma belle mère a eu un jour une visite de ce genre dans le home où elle était.
           Après, sa petite préférée lui a envoyé des nouvelles et des voeux jusqu’à sa mort.
           Je les ai lus. C’était vraiment touchant.
           Cela marche ainsi jusqu’à la grande école, vers les 12 ans. Après tout change. Tout se durcit et il faut casser la glace qui s’installe. Une fausse concurrence creuse les générations. Chacun se regarde en victime et chien de faïence comme des ennemis en guerre.
          Quelle connerie... la guerre.

          Bonne journée


        • Bardamu 10 décembre 2009 12:50

          Merci pour l’article de qualité !


          • L'enfoiré L’enfoiré 10 décembre 2009 14:06

            Bardamu,

             Avec le plus grand plaisir.

             J’ai des habitudes d’aller à un Cora, une fois par semaine. Pas pour acheter, mais pour lire des bouquins, que je n’achèterais jamais mais qui me permettent de passer à autre chose. Je suis un consommateur qui marche au coup de cœur. Il y a même deux fauteuils prévus pour ce genre d’exercice. Alors je regarde qui vient s’installer en face de moi et ce qui les intéresse.
             Figurez-vous que l’âge n’entre pas en compte et on ne retrouve pas des lectures pour les uns et pour les autres, elles se partagent le mêmes.
             Ce sont des BD (il faut dire que nous en sommes spécialistes chez nous), des images, des journaux de sports, des magazines, Paris Match & Co.
             Des bouquins sérieux, c’est très rares.
             Les utopies, il faut en avoir. Ils ne sont que les continuations du rêve.
             Dilemme entre qualité et quantité.
             Exact, on ne peut avoir les deux. Il faut choisir. Et la qualité coute plus cher. rien n’est plus vrai. De nos jours, dans les grandes entreprises, on veut le beurre et l’argent du beurre et espérer le sourire de la crémière. Rien de plus con. On n’attire pas les mouches avec du vinaigre. Je n’ai fait que le hurler dans mes écrits.


          • Suldhrun Coyotin 10 décembre 2009 15:42

            http://www.lepharmacien.fr/decembre-2007/recherche-maladies-rares-d-utilite-publique.html

            Bonjour L enfoiré

            Et si la vieillesse n était n était qu une maladie comme les autres , engluée dans le mimétisme social .

            Un lien donc au dessus .

            D ailleurs , le temps biologique et physiologique ont quelques fois des dysfonctionnement

            http://www.axolot.info/?p=449 ,très révélateurs


            • L'enfoiré L’enfoiré 10 décembre 2009 16:10

              Coyotin,
               En tout cas, les mutuelles ne font déjà pas de distinction entre les maladies et la vieillesse.
               C’est déjà ça. La gériatrie n’est qu’un section appropriée.
               On explique la vieillesse par l’oxydation.
               Ce fameux oxygène qui nous fait vivre et mourir.
               Les radicaux libres seraient le problème
               Le temps est une dimension uniquement pour l’homme. Il lui a donné cette dimension à son échelle.
               A l’échelle des animaux, elle est complètement différente.
               Un article qui parle du sujet
               Rendez-vous dans mille ans ou plus, l’évolution aura peut-être rendu l’homme plus adapté à sa condition.
               Merci pour le lien. Cela prouve que l’évolution a rendu l’homme unique et qu’elle cherche encore sa voie.
               


            • L'enfoiré L’enfoiré 10 décembre 2009 16:27

              Coyotin,
               un film de Robin Wiliams sur le sujet que j’aimerais revoir « Jack »


            • L'enfoiré L’enfoiré 10 décembre 2009 16:29

              Enfin « pas de » mais « avec Robin Wiliams »
              Le film est réalisé par Coppola.


            • Suldhrun Coyotin 10 décembre 2009 16:46

              Merci pour votre réponse L enfoiré a vous lire encore .


            • olivier cabanel olivier cabanel 12 décembre 2009 18:59

              Guy,
              j’ai abordé la question sous un autre angle,
              le problème n’est pas de vieillir, mais de vivre.
              moi j’ai arrêté le compteur à 28 ans,
              et je vis chaque seconde qui passe quelle que soit l’année.
              l’age c’est d’abord dans la tête.
              a mes débuts de pianiste de jazz, à 16 ans, il y avait dans ma famille deux réactions :
              ma mère criait « ferme la porte ! »
              et ma grand mère, lorsque nous répétions avec les copains, descendait d’un étage pour être avec nous...
              tout est dit.


              • L'enfoiré L’enfoiré 12 décembre 2009 19:06

                Olivier, salut,

                 Moi, aussi, sois en sûr.
                 Rester dans le coup est une question de s’intéresser à son présent.
                 Un bouquin que je viens de survoler et que j’ai bien aimé surtout en sachant de qui il vient :
                « Je suis mort, et alors... » de Philippe Bouvard
                 Lui, qui venait de fêter son 80ème anniversaire aurait pu être présent chez Drucker.
                 J’espère un jour sortir mon autobiographie romancée et ce ne sera triste que lors d’une petite partie. Par certains points, en dehors du jazz, cela correspond.

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