Clivage, euro-libéralisme et vaseline
Pour de plus en plus de consciences, la dichotomie droite gauche est clairement stérile.
A l'instar de la fuite des capitaux autorisés par l'UE, de plus en plus de têtes fuient vers le FN ou le FDG.
Le contre-engouement pour la bureaucratie Bruxelloise taboue ne fait que croître, et je me risque à affirmer que sa chute est inscrite dans la course du temps.
Car c'est bien à cause de cette Désunion Européenne que plus aucun candidat ne tient ses promesses.
Je m'amuse souvent sur les pages Facebook de l'UMP ou du PS.
Quand l'une critique l'autre (le jeu de la baballe dont une majorité de Français semble ne pas se lasser), je prends, il est vrai, plaisir à demander à ces gens si pleins d'énergie envers ceux "qui ne pensent qu'aux riches" ou ceux "qui sont trop laxistes" en quoi les politiques de gauche ou de droite seraient différentes actuellement.
Ce n'est même pas une question rhétorique d'un frontiste convaincu, c'est une démarche intellectuelle logique, mature et pacifiste, visant à démêler le vrai du faux, à confronter des points de vues.
Fi du bénéfice du doute que je me trouve souvent bien seul à leur accorder, je me vois, vous l'auriez deviné, qualifié de fasciste, de LePeniste.
En ces temps de technocratie, on le sait, s'émanciper de la pensée dominante revient à être partisan de feu le régime Mussoliniste.
Du coup, ce besoin de partage de point de vue me pousse à écrire ce billet, de façon cette fois à recevoir des réponses pouvant me contredire factuellement ou asseoir la véracité de mon analyse personnelle.
Ce texte reflète donc une opinion basée sur quelques faits, ne prétend pas à la justesse indéniable et appelle au débat le plus mature possible.
Interdisons-nous donc d'entrée les "gaucho", "bobo", et essayons d'inscrire dans le terme "débat" une idée de partages de points de vue, et non plus une envie viscérale de cogner sur le premier contradicteur.
J'ai effectivement la candeur de croire en la bonté et la remise en question du Souverain lambda.
Voici donc MON analyse.
Les différences entre la droite et la gauche sont-elles réellement visibles ?
Sont-elles visibles sur des sujets importants ou des sujets secondaires ?
La croissance de la dette a-t-elle été stoppée ces 40 dernières années par les gouvernements successivement de droite ou de gauche ?
Ma grand-mère m'a en effet avoué avoir été déçu par François Mitterrand.
Il y a trente ans, en 1983, la gauche basculait à droite. En dix jours, au mois de mars, se déroule un thriller politique : le 13 mars encore, François Mitterrand souhaite une « autre politique ». Le 23 mars, c’est plié : ce sera le « tournant de la rigueur » et l’Europe de l’austérité.
S’ouvre alors la « parenthèse libérale ».
Cet abandon, François Hollande ne le subit pas : il en tire une fierté. D’une oraison à Pierre Mauroy à un hommage à Pierre Bérégovoy, en passant par une génuflexion à Jacques Delors, l’actuel président glorifie les héros de ce virage gestionnaire. Se veut leur continuateur dans le reniement des espérances. Et il y parvient.
1. Similitudes droite-gauche.
Hollande et Sarkozy ne critiquent pas le pouvoir technocratique en place. Tout comme les privatisations des services publics, le dumping social ou les délocalisations qui sont autorisées par les articles 32, 63 et 106 du traité de Lisbonne, dont ils se sont aussi faits les apôtres.
Mais s'ils sont du même avis tout les deux, j'imagine que leur politique n'a pas été très différente, si ?
Etudions.
La différence du clivage droite-gauche aujourd'hui se résume à des questions dont on se lustre allègrement l'asperge, comme la mariage gay par exemple, un des sujets où seul le peuple devrait avoir son mot à dire via référendums d'ailleurs ; sujets où l'UE a daigné laisser du pouvoir aux "dirigeants".
Hollande n'a pas modifié d'un yota le traité Merkozy. Il n'a pas empeché de voter la règle d'or. Il n'a pas dépoussiéré le Pacte Budgétaire.
En ne tenant pas ses promesses, il poursuit donc la politique sarkozyste. Une politique de droite, une politique libérale, une politique européiste.
Attention à jouer le jeu des médias, il n'y a de différence que si l'on veut en voir une.
Je rappelle que l'euro est adossé à la luthérienne Allemagne et que l'UE est un copié collé du modèle capitaliste américain sur bien des domaines.
On peut donc poser :
UE = capitalisme libéral
Tout parti politique non-hostile à la construction européenne est donc un parti libéraliste. Et par parti, j'entends tête dirigeante. Pas les crédules militants que nous sommes.
Je ris donc assez souvent des Mélenchonnistes (pour citer les plus récurrents) me prétendant que la sortie de l'UE serait une idée d'extrême droite, quand je la considère comme principalement anarcho-communiste.
Ces gens sont des purs non-sens à eux-seuls.
Et j'attends qu'on me déclare que l'UE favorise le protectionnisme ou l'interventionnisme.
La gauche française sera morte tant qu'elle ne s'opposera à l'euro-libéralisme, tant qu'elle ne dénoncera pas le traité de Lisbonne qui a violé le référendum du 29 mai 2005, tant qu'elle ne dénoncera pas les délocalisations ou la décentralisation dû à l'UE et ses traités.
Citons Wikipédia :
"Le tournant socio-démocrate entamé par des partis comme le PS ou le SPD a réduit le clivage droite/gauche sur les questions économiques et sociales autour de l’acceptation du capitalisme, l’Union européenne, l’insécurité ou le désendettement."
Traditionnellement, les valeurs suivantes sont considérées comme étant caractéristiques de la gauche : égalitarisme, fraternité, solidarité, progrès, insoumission.
Personnellement je ne retrouve aucune de ces valeurs en France ou en Europe.
La future mesure égalitariste sera sûrement de réduire les salaires français au niveau hongrois, par soucis de compétitivité. Car le libéralisme, c'est le manque de règle.
Incarné par l'UE, le libre-échange planche donc vers la destruction des acquis sociaux français.
La prochaine vois que vous allez sur la tombe de papa ou de papy, oubliez pas de lui dire qu'il est mort au front pour rien. Il appréciera.
Non seulement le Parti Socialiste a entièrement fait sien le prétendu impératif de la construction européenne inventé et voulu par Washington depuis 1949, mais il en a même été le fer de lance :
-c’est le socialiste Jacques Delors qui a imposé l’Acte unique européen en 1986 ;
-ce sont les socialistes François Mitterrand et Roland Dumas qui ont négocié, signé puis fait ratifier le traité de Maastricht en 1991-92 ;
-c’est le socialiste Pierre Bérégovoy qui a décidé la déréglementation des marchés financiers et des flux de capitaux au début des années 90 ;
-c’est le Premier ministre Lionel Jospin qui a confirmé les critères de Maastricht en 1997 après s’être fait élire pour les modifier,
-en parfaite complicité avec les médias, les « socialistes » avaient prévu de se ranger unanimement pour soutenir la candidature de M. Strauss-Kahn à la présidence de la République française en 2012. Il s’agissait pourtant du directeur général du FMI, et donc du premier responsable des sempiternelles politiques de rigueur imposées à la France.
Rose sur le gâteau, ce sont les dirigeants socialistes qui ont permis la forfaiture du traité de Lisbonne. Ils pouvaient fort bien l’empêcher et contraindre Nicolas Sarkozy à avoir recours à un nouveau référendum. Ils ne l’ont pas fait.
Dans l’esprit de ses concepteurs de 1972, la rose au poing symbolisait une "stratégie de rupture avec le capitalisme".
Elle symbolise désormais une stratégie d’asservissement complet au capitalisme le plus outrancier et le moins contrôlé.
Le PS, la nouvelle droite ?
L'ennemi d'Hollande, c'est la finance, ou le peuple ?
En attendant, on peut toujours se rassurer en constatant que la Gauche interdit le trading à haute fréquence, sépare les banques de dépôts et de spéculation, bloque les prix des loyers...
Hein, ça non plus ? Merde.
2. Différences gauche-droite.
Demandons-nous donc maintenant si les sujets sur lesquels l'UMPS s'oppose sont majeurs ou mineurs ; prioritaires ou subalternes.
En réalité l'opposition PS-UMP se positionne essentiellement sur la question de la fiscalité et du remboursement de la dette.
François Hollande, sur les recommandations de ses conseillers économiques (Thomas Piketty, Camille Landais, Emmanuel Saez) préconise des réformes profondes sur la fiscalité (fusion de l'impôt sur le revenu et de la CSG, limitation des niches fiscales, réforme du quotient familial, instauration d'une nouvelle tranche marginale d'imposition) afin de faire en sorte que les plus hauts revenus soient réellement les plus imposés ce qui n'est pas le cas actuellement.
La seconde différence majeure entre les visions de l'UMP et du PS concerne les moyens de lutter contre la dette. L'UMP est partisane d'une solution visant à compresser les dépenses alors que le PS préconise plus largement une augmentation des recettes. En résumé, l'UMP souhaite réduire le niveau des services publics alors que le PS préfère augmenter les impôts.
Dans les deux cas il s'agit d'une réduction de pouvoir d'achat pour les français. La solution du PS est plus conforme à celle de l'Etat providence qui assure une plus grande égalité entre les citoyens en permettant à tous de bénéficier par exemple d'un système de santé et d'une éducation de qualité. La vision de l'UMP se rapproche, quant à elle, d'une vision à l'américaine où l'Etat se désengage et où chaque citoyen doit subvenir à ses besoins avec inévitablement des fortes inégalités en matière de prestations.
Autre élément de poids, gauche et droite au Parlement Européen votent de la même manière dans 97% des cas, autant dire quasiment systématiquement.
C’est l’Observatoire de l’Europe qui l’a révélé en mai 2009 :
"L'étude porte sur l’année 2008 et fait apparaître que le groupe du PPE-DE, majoritaire, qui rassemble les partis de centre-droit en Europe (dont l’UMP pour la France) et le groupe PSE (socialistes) ont voté dans le même sens sur 97% des votes finaux par appel nominal (rapports, résolutions) examinés par le Parlement Européen.
Un score digne de la Douma de l'ex Union soviétique. Sur 535 votes finaux avec appel nominal (votes électroniques, les seuls qui soient enregistrés et donc traçables) les groupes PPE et PSE n’ont voté différemment que dans 18 cas.
Et sur ces 18 votes par appel nominal où ils ont divergé,ça n’était pas forcément pour s’opposer puisque l'un des deux groupes à choisi l'abstention 8 fois.
C'est à dire que droite et gauche au Parlement Européen ne se sont opposées que dans 10 cas sur 535 votes. Sur ces dix votes qui les ont vus s’opposer, un seul était un texte de nature législative.
La convergence des votes du PPE et du PSE exprimées en pourcentages est donc de 97%."
En fin de compte, le clivage droite-gauche se résume à la façon de rembourser la dette et au choix de la catégorie de la population à qui l'effort fiscal le plus important sera demandé. Mais en réalité aucun des deux partis ne remet en cause le système économique dans lequel ils évoluent. Les deux soutiennent l'UE dans sa forme actuelle et la mondialisation de l'économie. Aucune différence donc, hormis quelques nuances sur l’enseignement, la recherche et la justice.
Ce qui les distingue ne sont que des postures au grand théâtre de la politique spectacle. Les uns jouent à être de gauche, les autres à ne pas aimer la gauche, mais tous chantent en chœur la rengaine thatchérienne « il n’y a pas d’alternative ».
Sur le gros du gros de la politique, a savoir l'économie, je pense que les différences sont absolument inexistantes, comme on le remarque dernièrement avec François Hollande qui met en place un plan de rigueur bien plus violent que celui de Sarkozy, et qui défiscalise bons nombres d'entreprise bien plus que Sarko ne l'avait fait avec le bouclier fiscal, comme quoi les notions de gauche ou de droite n'ont pas grand sens.
Personne ne peut avoir oublié cette une stupéfiante de Paris Match où François Hollande et Nicolas Sarkozy posaient côte à côte, dans le même costume, la même attitude, défendant à l’unisson le "oui" au référendum. Des jumeaux sortis du même œuf libéral, affichant le même mépris des citoyens, dont le vote n’était organisé que pour amuser la galerie. Pendant ce temps les questions essentielles ont été passées sous silence et le néo-libéralisme a pu continuer son travail de sape jusqu'à ce que ses trop nombreux excès finissent pas nous ramener à la réalité. La crise. Le chômage de masse. La pauvreté généralisée.
Le clivage droite-gauche est stérile lorsque les représentants officiels de la « gauche » et de la « droite » sont tous soit européistes, soit alter-européistes, et qu’ils approuvent par conséquent la disparition de la souveraineté populaire, de l’indépendance nationale et de la démocratie.
Le PS et l'UMP ne sont donc ni opposés sur les traités, sur l'UE, ou sur le modèle économique à suivre.
A cause de l'Union Européenne, la gauche comme la droite ne peuvent qu'appliquer la même politique, le social-libéralisme ou le libéralisme-social.
Il est raisonnable de signifier que plus de quarante années de dérégulations clairement d'inspiration libérales, n'ont pas amené un mieux, mais bien un moins disant social. Ce n'est pas moi qui ait inventé le terme des "trente piteuses" faisant suite aux trente glorieuses. Trente glorieuses que les Français ont vécu sous l'égide du plan Marshall d'inspiration Keynésienne, avec le pouvoir centralisateur fort, incarné par De Gaulle, et le programme du Conseil National de la Résistance clairement d'inspiration communiste.
Conclusion
Quels que soient les aléas de conjoncture, ce clivage divise et nous amène dans le mur et on ne voit pas comment, ayant conduit au naufrage, il pourrait conduire au sauvetage.
Le clivage d'un Etat-membre de l'Union Européenne n'est que fumée, désillusion, et perte de temps. La droite croit disposer du monopole de la raison alors que la gauche croit détenir le monopole du cœur. Tout ça pour alimenter un climat social déjà bien chaud grâce aux frasques de l'UMP et du FN.
Le clivage désunit. Or la Dictature Européenne nous impose une hiérarchisation de priorité. Accuser le voisin de tout les maux, ou partager la fourche à brandir ?
L'UMP et le PS affirment un volontarisme du changement mais dénient l'impuissance liée à une situation d'insouveraineté.
Sortir de l'Union Européenne, c'est également redonner un sens au clivage droite-gauche.
C'est aussi donner à la vraie gauche (M'PEP et PRCF) une chance qu'elle n'a jamais eu. Hollande et Mitterrand étant tout deux libéraux, on ne peut pas vraiment dire que la Ve République ait connu la gauche.
« Ils se sont dit oui ! », titrait la couverture d’un livre de l’association altermondialiste ATTAC, répondant aux deux chefs de partis qui s’étaient prononcés favorable à la constitution européenne en 2005, gommant ainsi tout repère idéologique entre les deux partis sur l'avenir de l'Union européenne.
Pourtant en mai 2005, les Français n'avaient pas écouté les deux chefs. Ils les ont contredit, à 54,78%
Et c'est là que la prise de conscience doit se faire, enfants de la patrie.
Le français ne veut pas de droite ou de gauche.
Le français, même désinformé par son gourou et ses médias, à lutté inconsciemment pour faire valoir une certaine idée de la France.
Le français est fier, le français ne se déracine pas.
Le français est gaulliste, le français est Résistant, car le français veut ses nouvelles 30 glorieuses, il veut un Etat fort, un Etat centralisateur d'inspiration sociale.
Le français est souverain, le français est démocrate, le français veut décider de son avenir, le français s'oppose au mariage forcé euro-atlantique, il ne veut donc pas de l'Union Européenne.
Le français n'a pas peur des puissants.
Ils viennent jusque dans vos bras, égorger vos fils et vos compagnes.
Ne les laissons plus faire.
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