Découverte US : les talibans n’ont rien à voir avec Al-Qaida !
C’est en effet l’incroyable conclusion à laquelle sont arrivés des chercheurs américains, dans une longue étude visible ici, pour qui l’engagement américain sur le terrain n’est au final qu’une suite d’erreurs. Les talibans afghans n’avaient aucun lien au départ avec Al-Qaida, et de n’avoir eu de cesse de taper dans le tas, par les bombardements intensifs notamment, les a plus rapprochés qu’autre chose. Toute la conduite aberrante de cette guerre repose sur cette erreur de base : que ce soit avec le général McCrystal ou avec son successeur Petraeus, on a fabriqué des talibans supplémentaires au lieu d’en réduire l’influence dans le pays. Le principal visé dans cette stratégie catastrophique étant bien entendu Petraeus, principal responsable de décisions iniques qu’il ne prendra jamais la peine d’assumer, préférant se couvrir le plastron de décorations, au point de ressembler à un arbre de Noël en goguette. Donald Rumsfeld, son donneur d’ordre ne valant guère mieux : le livre qu’il vient de sortir ne contient aucun regret de sa part. Pour lui, c’est la faute à Condoleezza Rice, à Colin Powell et à G.W.Bush, bien sûr...

Les responsables militaires et politiques US se sont donc trompés sur toute la ligne sur le sujet afghan, comme McNamara s'était trompé sur toute la ligne sur le cas vietnamien, nous expliquent Alex Strick van Linschoten et Felix Kuehn, du "Center On International Cooperation", basés à Kandahar. Qu'est-ce qui a bien pu pousser ces généraux sans cervelle à reproduire les mêmes échecs patents, c'est ce que fait découvrir cette étonnante étude, justement. Les mêmes échecs, mais aussi les mêmes tentatives de destabilisation de l'adversaire par des opérations "spéciales" d'espionnage caractérisée : au Viet-Nam, le plus beau fleuron en avait été Air America, à propos de laquelle je reviendrai ici-même bientôt. C'est ce qui se passe notamment depuis des années aux frontières du Pakistan, à la frontière de l'Afghanistan.
"Lorsque les États-Unis ont lancé leur offensive le 7 Octobre 2001, l'organisation des talibans s'est désintégrée sous la la pression de la campagne militaire. De nombreux talibans sont retournés dans leurs villages et ont attendu de voir ce qui se passerait. Bientôt ils ont été eux-mêmes la cible des forces spéciales américaines et des nouvelles élites afghanes. Ces actions ont été dictés en matière de politique par le président Bush, celles de ne faire aucune distinction entre membres des talibans, dont le régime avait hébergé al-Qaida, et Al-Qaïda elle-même. Ceux qui échappèrent à la mort ou la capture et la détention à Guantanamo ou à Bagram ont fui vers le Pakistan" nous content les deux auteurs. On sait qu'Al-Qaida et les talibans ne filaient pas le parfait amour... car pour beaucoup de talibans, Ben Laden était aussi un envoyé de la CIA, ce que le gouvernement Bush a toujours minimisé bien sûr, via un contrôle des médias très strict. Selon les auteurs, par exemple, les Talibans n'avaient rien su des préparatifs du 11 septembre, qui les a beaucoup surpris.
Le pays a été laissé aux mains de factions rivales : "le vide politique qui a suivi le renversement des Talibans à offert suffisamment de place pour les conflits anciens et de nouveaux qui ont fait éruption. À Kandahar, l'allié des Etats-Unis, Shirzai s'est déplacé pour consolider son pouvoir et de régler les anciens et les nouveaux problèmes. Le frère du président Karzaï Ahmed Wali, à alors tardivement mis au point une base de pouvoir pour contrer celle de la famille de ce rival, en utilisant les mêmes méthodes, mais en attirant beaucoup plus la critique du public. Les États-Unis sont devenus l'instrument de querelles locales et de luttes de pouvoir, à des moments manipulés par les informations dénaturées des services secrets afghans fournis par des partenaires extérieurs (on songe bien sûr à la CIA !). Des tribus entières - les Eshaqzai de Maiwand, par exemple, à l'ouest du district de la ville de Kandahar- ont été systématiquement pris pour cibles et dénoncés comme étant des talibanes. La famille et les membres des tribus des hauts dirigeants talibans ont été harcelés et privés de l'accès au gouvernement, et on été marginalisés. La tribu Noorzai, dont les membres avaient déjà occupé des postes dans de nombreux gouvernements dans le district frontalier de Spin Boldak, a été complètement mis à l'écart par une autre tribu - celle de l'Achekzai - avec l'aide de Shirzai, conduisant à la montée du Colonel Raziq, commandant de la police des frontières. Aujourd'hui Raziq dirige une milice qui est un partenaire important des forces internationales dans la campagne pour arracher la province de Kandahar province du contrôle des talibans" assènent les auteurs : or on sait aussi qui est Raziq. C'est un des plus gros trafiquants d'opium du pays !
Mieux encore : très tôt, les talibans, selon les deux auteurs, auraient pris contact avec les nouveaux vainqueurs.... pour participer à des discussions de réconciliation ! "En Novembre 2002, des personnalités Talibanes se sont réunies au Pakistan et ont envisagé la possibilité de s'engager dans une politique de réconciliation avec le nouveau gouvernement afghan. Un participant a décrit plus tard la réunion : "Mollah Mohammad Omar n'était pas là, mais tout le monde y est allé, tous les ministres de haut rang et des membres du cabinet des Talibans. Nous avons discuté de savoir s'il fallait ou non rejoindre le processus politique en Afghanistan et nous avons pris une décision qui, disait : oui, nous devont rejoindre le processus" citent les auteurs du rapport. Or, tout sera fait pour que ça ne se produise pas. Qui a bien pu faire avorter le projet ? Al-Qaida bien entendu... et l'ISI pakistanaise.
Sont quand même particuliers ces américains, en effet, à jouer à cache-cache depuis plus de trente ans maintenant avec l'ISI pakistanaise : le récent incident grave à Lahore d'un employé de l'ambassade US, Raymond Davis, ayant froidement refroidi en pleine rue deux pakistanais trop curieux, visiblement, et en ayant écrasé un troisième en fuyant est symptomatique d'une présence connue depuis des lustres : les employés des ambassades US sont avant tout des espions, et rien d'autre, ça tout le monde s'en doute aujourd'hui. Le cas est encore patent est flagrant, Washington ayant tout fait au début de l'affaire pour faire échapper son ressortissant des griffes de la police locale, comme à son habitude, ou presque. Un employé d'ambassade criminel, pour les Etats-Unis, bénéficie toujours de l'immunité diplomatique : même James Bond n'avait pas imaginé ce permis de tuer là ! Sauf que cette fois, ça n'a pas été totalement le cas... et que Davis s'est lui-même senti abandonné... "quelle sorte de diplomate se promène donc avec un revolver chargé", se demandait The Telegraph.... selon le journal, il travaillerait pour Hyperion Protective Consultants, LLC une entreprise de "consultants" d'Orlando en Floride, en fait de mercenaires... au site internet calamiteux... selon l'enquête, Davis ne serait peut-être pas son nom, et il aurait visité déjà à dix reprises le Pakistan... en voilà un qui nous en rappelle un certain.... Michael Headley et ses fructueux contacts avec le Lashkar-e-Taiba...
Car pour lui, il semble bien se poser un autre problème : l''histoire semble sortir tout droit d'un roman de John Le Carré. Et c'est sans doute bien d'espionnage qu'il s'agit, même si les Etats-Unis restent pour le moins discrets sur l'identité et les activités de Raymond Davis. Que faisait-il aux abords de la vieille ville de Lahore en ce beau matin de janvier ? Tout le monde le sait, le personnel diplomatique américain déployé au Pakistan a des consignes de sécurité draconiennes, et Davis n'aurait sans doute pas dû se trouver dans un tel quartier ce jour-là. A moins que..." nous racontait Le Figaro, tout emballé par le côté hollywoodien de l'affaire... "La thèse la plus plausible est que l'homme ait eu rendez-vous avec un ou plusieurs "contacts" et que l'affaire ait mal tournée. La théorie selon laquelle il aurait été agressé et se serait défendu en tirant - et tuant - deux jeunes hommes est moins vraisemblable. Davis serait donc un espion travaillant pour le compte de la CIA. Une thèse largement partagée par les Pakistanais. Mais pourquoi ne pas lui reconnaître l'immunité diplomatique ? Parce qu'il n'appartient pas au corps diplomatique mais à la compagnie de sécurité Blackwater, rebaptisée Xe, clament les autorités de la Province du Pendjab, ce qui est loin d'être avéré"... mais qui est plus que probable, un autre Xe ayant déjà eu maille à partir il y a quelque temps déjà... En 2007, à Ghulam Khan, au noirs Waziristan, les habitants avaient retrouvé un corps décapité d'un dénommé Ghafoor, venu du village de Tanai situé en Afghanistan, près de la vallée de Khost : l'homme avait été accusé par les talibans pakistanais d'espionner au profit des USA. En 2008, Blackwater était entré au pakistan d'une autre façon : en devenant le service d'ordre de Benazir Bhutto et d'Asif Zardari. Et l'un des mercenaires du coin avait été l'objet lui aussi d'accusations d'espionnage. Bhutto, tuée par défaut de protection de ses services de sécurité, justement : elle avait bien reçu trois coups de feu en pleine tête, contrairement à la thèse officielle ou une explosion (survenue après) l'avait projetée sur le montant de son toit ouvrant. Elle avait été une des rares auparavant à affirmer que Ben Laden était mort depuis longtemps... tué selon elle par un agent... de l'ISI, membre du mouvement islamiste Jaish-e-Mohammed !
Déjà en effet on avait eu droit à un sérieux incident en mai 2008 : celui de l'ONG Creative Associates International (ce qui fait un anagramme de CIA !), ou CAI, réputé est un autre paravent de la CIA, dont les mercenaires de Blackwater étaient censés assurer la sécurité de leur gâchette facile réputée. "À Peshawar, ACI, a ouvert un bureau travaillant sur des projets dans les agences tribales du Pakistan voisin. Toutes ces projets, fait intéressant, sont liés au gouvernement des États-Unis . D'autres projets CAI à l'extérieur du Pakistan sont également liée au gouvernement américain. En bref, cette ONG n' est pas une ONG. Elle est étroitement liée au gouvernementaméricain" concluait Ahmed Quraishi, journaliste spécialiste de la question : encore une intervention type USAID en quelque sorte.
Or, qui était déjà ce fameux garde de Blackwater jugé comme étant un espion ? Ne cherchez pas plus loin : il s'appelait déjà Davis, mais Craig, cette fois-là ! Craig serait-il devenu Raymond, ça semble plausible : "les responsables de la sécurité pakistanaise, ont apparemment pris peur avec les rapports comme quoi Blackwater était employé au bureau de CAI sur Chinar Road, à l'Université de la ville de Peshawar. L'homme en charge du bureau, qui serait un Américain du nom de Craig Davis selon le rapport de Jang, le premier quotidien en langue ourdou du Pakistan est a été arrêté et accusé d'établir des contacts avec « Les ennemis du Pakistan" dans les régions avoisinantes de l'Afghanistan. Son visa a été annulé, le bureau scellé, et M. Davis aurait expulsé vers les États-Unis" : à deux années d'intervalle, aurait-on eu droit au même fameux Davis ? Tout le laisse croire en effet !
Qu'avaient découvert les pakistanais ? Des choses bien particulières : "en mai, un diplomate américain a été pris sur le fait d'organiser une réunion entre un espion indien soupçonné et des fonctionnaires pakistanais, des seniors, dans l'intimité de sa maison. En juin, lorsque les fonctionnaires pakistanais ont fait face à Washington avec des preuves que les terroristes au Pakistan possédaient des armes américaines sophistiquées, les médias américains ont rapidement répondu en laissant sortir des histoires sur l' absence d'armes américaines dans des centres de formation des États-Unis en Afghanistan. Et maintenant, les rapports confirment que le sale bras du gouvernement des États-Unis - les mercenaires de Blackwater - se sont infiltrés dans les régions sensibles du Pakistan" notait le même Quraishi. C'était quoi ces armes "sopshistiquées" ? Des bombes au cyclotriméthylènetrinitramine, plus connu sous le nom de RDX, ou T4, un composant militaire comme celles ayant explosé... en Inde le 29 septembre 2008 à Malegaon et où était impliqué un officier de haut rang indien, le Lt Col Srikant Purohit. Arrêté, ce dernier avouera avoir fourni la bombe au RDX de l'attentat de 2007 du Samjhauta Express, qui avait tué 68 personnes, en majorité Pakistanaises... Headley n'est vraiment pas loin !!! Pas loin du tout !
Notre spectre de fantôme (un fantôme mort qui aurait ressuscité !) vient tout juste de refaire la une des journaux, sortant de sa léthargie habituelle (ou de l'hiver afghan, qui sait) pour nous annoncer qu'il était rentré à l'hôpital, contraint et forcé par une crise cardiaque. D'apprendre que la Tunisie ne finirait pas islamiste a dû lui faire un choc, c'est sûr ! Non, trêve de plaisanterie : l'annonce, fort sérieuse vient d'être faite par un Think Thank US, le groupe Eclipse, dont tout le monde connaît les liens étroits avec la CIA. Son dirigeant-fondateur s'appelant Duane "Dewy" Clarridge. Et ses collaborateurs proches Kim Stevens, diplomate en retraite qui a servi en Bolivie et en Italie, et aussi Brad A. Patty, un conseiller civil de la 30th Heavy Brigade Combat Team en Iraq de 2007 à 2009.On remercie le gouvernement US de se soucier autant de la santé de ses ennemis, et on décrypte le message : que vient donc faire cette annonce aujourd'hui dans le concert international, voilà bien toute la question...
D'autant plus que Clarridge est loin d'être blanc comme neige : "Ses dépêches - un amalgame de faits, de rumeurs, d'analyses et de rapports non confirmés - ont été envoyées aux militaires qui, jusqu'au printemps dernier au moins, ont trouvé quelques éléments suffisamment crédibles pour être utilisés dans la planification des frappes contre des militants en Afghanistan. Elles ont également alimenté les commentateurs conservateurs y compris Oliver L. North, un compatriote de la période Iran-Contras, devenu maintenant analyste, chez Fox News et Brad Thor, un auteur de thrillers militaires et un invité fréquent de Glenn Beck"... assure Mark Mazzetti du New York Times, pour qui Clarridge est avant tout un désinformateur, un manipulateur et un faiseur de haine.
Un sacré phénomène en effet que le dénommé Omar : présenté dans la presse comme le taliban suprême, et monté en épingle par ses propres adversaires " « La cible primordiale pour les Etats-Unis est le mollah Omar… C’est sous sa férule que les talibans ont rebondi de leur défaite presque totale en 2001 et se retrouvent aujourd’hui en position de menacer la survie de l’opération de l’Otan en Afghanistan et, au-delà, l’avenir même de l’Alliance », disait de lui "Bruce Riedel, un expert de l’institut Brookings" (en fait lui aussi un ancien de la CIA...). Omar, en mesure de menacer l'armada américaine avec ses lance-pierres, ses kalashnikovs et ses RPG... on y a cru dur comme fer, pour sûr. Comme on a cru à son histoire rocambolesque et à sa biographie, racontée partout dans la presse américaine avec moult emphase hollywoodienne. A la lecture actuelle du rapport des spécialistes US, tout ce fatras idéologique s'effondre : Omar , c'est un Ben Laden puissance dix, le gars en réserve si la marionnette Ben Laden ne marche plus, surtout si ces fils ont été cassés par...Wikileaks en particulier.
Faut dire qu'on l'avait un peu chargée, sa biographie, côté américain : "L’ex-numéro 1 afghan tiendrait son autorité de sa piété et de ses faits d’armes contre l’occupant soviétique. Durant ce conflit (1979-1989), il a été blessé au moins trois fois au combat et a perdu un œil. Il était toutefois totalement inconnu jusqu’en 1994. Révolté par les pillages, les meurtres et les viols perpétrés par les moudjahidin dans un Afghanistan aux prises avec une guerre civile sans fin, il aurait alors réuni une trentaine de combattants pour sauver deux fillettes kidnappées et violées par deux commandants locaux. Son action, applaudie par les étudiants des écoles coraniques (les « talibans » - d’où le nom du mouvement) s’est étendu à toute la province, puis au-delà". Il faudra que Disney songe un jour à en faire un dessin animé, un tel scénario battrait Shrek pour sûr ou le dernier Raiponce : suffit de remplacer la chevelure de l'héroïne par un turban, et les viols de fillette par des vols de jouets. L'imagination des scénaristes US étant sans limites, on peut leur faire confiance. Personnellement, je recommanderai celui de Docteur House, dont les deux frangins sont bien connus, aujourd'hui, un peu grâce à moi, je l'avoue. Ce n'est pas tous les jours qu'un scénariste d'Hollywod possède deux frères ayant la chance d'être des rabbins auteurs de la réalisation d'un DVD à la Geert Wilders...
Avec ça comme CV, avouez qu'il y a de quoi devenir un beau spectre. Et si on ne croyait pas encore assez, une petite interview à Voice of America, une radio islamiste comme chacun sait, allait parfaire l'image du fantôme le plus célèbre de la planète. Interview dans laquelle il se payait royalement la tête de G.W.Bush "qui dit qu’il peut nous trouver où que nous nous cachions sur cette terre… nous verrons bien qui a raison », avait-il asssuré : une telle défiance face à l'armée la plus puissante de la terre, avouez que ce fantôme là était d'une autre stature que celle de Casper ! Un Mollah rappelant discrètement comment se terminent les derniers conflits US, à savoir la défaite Viet-namienne après les bombardements intensifs de régions entières où les viet-congs étaient enterrés à 15 m de profondeur, parfois, avouez qu'il y a de quoi titiller les chefs de l'armée US, toujours aussi disposés à utiliser la méthode Curtis le May ; à savoir le tapis de bombes visant aussi bien les civils que les miltaires, afin de "casser" chez les premiers l'idée de tout soutien à la résistance. Omar aurait-il prêché dans le désert ? Certes pas, à lire le rapport qui conclut par l'effet inverse produit par les tapis de bombes : à savoir des générations entières de jeunes talibans révolté par les massacres de civils ou les exactions délibérées... quant à savoir comment un des hommes les plus recherchés de la planète a réussi à se faire interviewer dans les studios de la radio de propagande US. Il aurait fallu songer à le demander au père de Michael Headley, peut-être aujourd'hui décédé hélas (je n'ai pu le vérifier) car il y a travaillé longtemps... au Pakistan.
Je l'avais aussi écrit : "les visites d’Headley mènent également directement au mouvement des Indian Mujhahideen, issu du "Azamgarh Group", les poseurs de bombes dont le leader est Riyaz Bhatkal (Roshan Khan), qu’Headleyaurait rencontré : la constitution de la deuxième équipe d’assassin de Karkare s’explique grâce à ce contact. Le 13 février 2010, quand sautera la boulangerie de Pune, haut lieu touristique, l’attentat sera attribué à Bhatkal, mais les repérages avaient été menés par Headley". Et derrrière le système bancaire de l'Azamgarh Group, nous apprend Indian Times, il y avait... l'ISI , comme l'avait été le réseau du politicien Shahabuddin, surnommé Shahabu-AK 47, il y a quelques années, à Rampur. L'homme avait été condamné à vie en 2007, pour 302 tentatives de meurtre et 364 enlèvements : chez lui on avait trouvé un arsenal composé de dizaines d'AK-47, toutes numérotées comme ayant été fabriquées au Pakistan. En avril 2004, alors qu'il était déjà emprisonné, on avait trouvé dans sa cellule des téléphones portables, avec lesquels il continuait à communiquer avec l'extérieur.
On a donc fabriqué des marionnettes, purement et simplement et celui qui le dit aujourd'hui est... un juge français, Marc Trévidic, qui déclarait récemment dans l'Express : "Al-Qaida est un mot commode. Il désigne en fait un mouvement intégriste prônant le recours à la violence dans le monde. Et en terre d'islam, sa propagande touche une population pauvre et qui vit sous un régime rarement démocratique. Il faut comprendre que c'est de la dictature que naît l'islamisme. Une fois que ce mouvement s'est développé dans une semi-clandestinité, les démocraties occidentales cherchent à tout prix à maintenir le dictateur au pouvoir. Ce n'est pas le seul paradoxe de notre diplomatie. L'Arabie saoudite est l'un des vecteurs de propagation du wahhabisme, qui prône un islam radical, mais elle est aussi notre alliée. Nous lui vendons des armes. Nous lui achetons du pétrole. L'Occident, pour des raisons mercantiles, soutient des alliés dangereux (*). Et nous en payons le prix. C'est nous qui avons fabriqué l'islamisme. " On ne peut être plus clair sur la question de qui a fait quoi, et de qui a créé qui... et d'où sortent les marionnettes !
(*) je ne m'imaginais pas avoir ce juge comme lecteur...
"Depuis que Dubaï s’est effondré comme un château de cartes, on s’est aperçu (enfin) qu’il reposait véritablement sur du sable, et sur aussi pas mal de mensonges. En Arabie Saoudite, idem : la société présente deux côtés radicalement opposés : d’une part une jeunesse avide de vivre au XXIeme siècle, de l’autre un pouvoir tentant de la juguler avec des lois d’un autre âge. L’implosion est proche, tant cette disparité entre nouveauté et réaction devient flagrante. Le creuset de ruptures sociales prochaines existe dans ces pays, et il est navrant de constater aujourd’hui que ce tour de vis réactionnaire est récent : dans les années 90, tout le monde s’attendait à un affaiblissement de ce genre de gouvernement, reposant sur une surdité totale face aux aspirations individuelles. C’est un dernier sursaut, sans nul doute. Place à la future débâcle de ces sociétés féodales hors du temps".
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