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Accueil du site > Tribune Libre > Et la rupture ? Bordel !

Et la rupture ? Bordel !

Avec un journaliste posté à toutes les intersections de l’infini politique, qui peut encore échapper au formidable tam-tam médiatique de notre omni président ? Divorce avec Cécilia, matelots de l’Arche de Zoé en goguette au Tchad, menaces à l’Iran, dérapages en direct sur CNN, au Guilvinec, augmentation de salaire, fastes et splendeurs d’un conseil des ministres en Corse, standing ovation au Sénat américain, évacuation de pas-logés, facs et trains bloqués... Tant de formidables coups de gong scandent si fort le rythme de notre actualité hexagonale qu’on ne perçoit plus grand-chose de la véritable information. Des bribes... A peine... Peu à peu, la réalité s’estompe derrière un paravent d’images sensationnelles, de témoignages poignants, de rumeurs stridulantes, de déclarations sans importance et de faits non vérifiés.

Rien n’incite, dans cette dictature de l’instant et du zapping, à prendre du recul sur les six premiers mois du quinquennat de Nicolas Sarkozy, à revenir sur l’espoir qu’il avait suscité, sur les promesses simples et poignantes de l’homme qui psalmodiait : « Je dis ce que je ferai et je ferai ce que je dis.  » Que sont-elles advenues ces réformes profondes de notre société pour plus de justice, d’équité, de bien-être ?

Qui se souvient de la réforme des universités, annoncée par François Fillon comme la loi «  la plus importante de la mandature  » ? La loi n° 2007-1199 du 10 août 2007 (JO n° 185 du 11 août 2007, page 13468) relative aux libertés et responsabilités des universités a été adoptée le 1er août 2007 par le Parlement.
La principale disposition du texte reposait sur la généralisation de l’autonomie à toutes les universités dans un délai de 5 ans. Seul hic, par crainte d’une mobilisation étudiante à la rentrée, Nicolas Sarkozy fit disparaître du texte de loi les mentions concernant l’introduction d’une sélection entre les cycles et l’autonomie des universités sur les frais d’inscription, principales revendications du camp libéral et pierres angulaires de cette réforme. On a voulu faire plaisir à l’UNEF ? C’est raté !

Qui se souvient de la promesse de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ? Je cite Nicolas Sarkozy : « Je fais mien l’objectif de ne pas remplacer le départ à la retraite d’un fonctionnaire sur deux. La moitié de la productivité ainsi gagnée doit servir à réduire les déficits, l’autre à augmenter le pouvoir d’achat des fonctionnaires.  » Et de François Fillon, penaud, annonçant que sur les 70 000 fonctionnaires partant à la retraite en 2008 seuls 22 700 ne seront pas remplacés, en bafouillant bien à propos que le tonitruant «  un sur deux  » présidentiel était finalement un « objectif de la fin du quinquennat  ». Espérons qu’il s’agisse du quinquennat en cours !
Si nous sommes jugés assez matures pour comprendre aujourd’hui qu’une telle mesure exige un certain nombre de restructurations et prend du temps, pourquoi diable, monsieur Sarkozy, ne pas nous l’avoir dit clairement lors de votre campagne ? Il ne s’agissait donc que d’une simple question de « timing  » ? « Dura lex sed Rolex  » comme dit le législateur en chef... Acceptons-en l’augure !

Qui se souvient encore du non catégorique à l’ouverture de négociations avec la Turquie dans le cadre de son adhésion à l’Union européenne ? De ce «  la Turquie n’a pas vocation à être dans l’Union européenne  » claquant à la face des infidèles comme un foc en pleine tempête. Et du virement de bord lof pour lof de l’impayable président Sarkozy, s’adressant aux ambassadeurs de France dès le 27 août 2007, pour leur signifier qu’il était prêt à renoncer au blocage des négociations. A la plus grande stupeur, certes mâtinée de soulagement, de nos partenaires européens et (plus vite néo-européens) turcs. Et pire, puisqu’on apprenait le 14 septembre 2007 (par le Figaro) que le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, Jean-Pierre Jouyet, avait suggéré, après avoir obtenu le feu vert de l’Élysée, la suppression de l’article 88-5 de la Constitution. Cet article oblige de soumettre à référendum tout futur élargissement de l’Union européenne. Au cas où !
«  Est-ce qu’il y a des opinions, aujourd’hui, il n’y a plus que des intérêts  » (Splendeurs et misères des courtisanes, Balzac, 1847).

Qui se souvient des promesses sur le service minimum ? Le 24 avril 2007, Nicolas Sarkozy s’engageait à nous « garantir trois heures de transport en continu pour se rendre à son travail en cas de grève et trois heures pour en revenir  », promesse soutenue par 74 % des Français, dont 70 % de salariés du secteur public et 51 % d’électeurs communistes. Bigre ! La loi n°2007-1224 du 21 août 2007 « sur le dialogue social et la continuité du service public dans les transports terrestres réguliers de voyageurs » (JO, 22 août 2007, p. 13956) a été adoptée le 2 août 2007 par le Parlement et entrera en vigueur (le mot est probablement un peu fort) au 1er janvier 2008. Elle instaure principalement l’obligation pour les salariés d’indiquer quarante-huit heures à l’avance qu’ils ont l’intention de faire grève. La mise en oeuvre de l’obligation de service minimum aux heures de pointe est laissée aux accords entre syndicats et autorités organisatrices des transports.
Si j’en crois les grèves qui foisonnent à la régie des autobus, les impeccables accords sont loin d’être signés et on n’est pas près de voir la couleur du service minimum de six heures par jour. Oui, le Vélib’ a encore de beaux jours devant lui !

Mais peut être verra-t-on François Fillon revenir nous expliquer qu’instaurer un service minimum de six heures par jour dans les transports, comme le souhaite Nicolas Sarkozy, n’est pas techniquement réaliste car cela conduirait les personnels réquisitionnés à bosser plus en temps de grève qu’en temps normal. L’idée me paraît si suave que j’en esquisserais presque un sourire !

Certes, restent des entreprises courageuses tels le Grenelle de l’environnement, la fin des régimes spéciaux ou la vente de Rafale aux Marocains. Mais le Grenelle de l’environnement n’a ouvert, pour l’instant, que sur des discussions entre personnes qui ne se parlaient pas jusqu’à lors. On a créé des commissions et on en créera d’autres. On a fait beaucoup d’annonces et on en fera d’autres.
Mais quid des mesures concrètes (je ne parle même pas de la taxe carbone, résurgence à peine déguisée de la TVA sociale renvoyée aux calendes grecques) ? Le budget 2008 de la mission Ecologie (un peu plus de 10 milliards d’euros) a certes été adopté par les députés vendredi 9 novembre. Mais il n’y a rien sur les moyens de sa mise en oeuvre, à tel point que la commission des finances du Sénat se dit « préoccupée par l’absence de traduction financière et budgétaire du Grenelle de l’environnement ».
Alors ? Un peu plus de contraintes sur les grosses cylindrées, moins de dragsters et de boules de gomme sur nos routes... Rien sur le diesel, lucrative et archi-polluante niche française ? On peut se poser la question du « bilan carbone » (14 ?) de ces quatre mois de tables rondes...

Quant à la fin des régimes spéciaux, la mobilisation sociale et les récentes déclarations du mentor présidentiel Henri Guaino sur l’existence de «  marges de négociations  » font redouter (loin de moi le procès d’intention, on en reparlera) un parfait filage de quenouille syndicale, l’aurore quasi boréale d’une vaste pantalonnade. Et je ne parle même pas du Rafale, ça me gâcherait le couscous...

Mais tout cela n’est pas très grave, car au fond les hommes politiques sont toujours sans reproches. C’est un privilège qu’ils ont en commun avec les femmes et le chevalier Bayard.

Ah me disais-je ! Il n’y a décidément rien de plus beau à admirer que la régularité métronomique avec laquelle Nicolas Sarkozy enfile les perles de son histoire, si ce n’est l’unanimité de ses cancres étalons de supposés opposants à ne jamais rien proposer, et leur application sans faille à ne jamais s’opposer.

C’est à se demander quels châtiments ont été promis à ces bougres en cas d’insoumission. Sans parler de ceux, nombreux, qui après l’avoir compissé d’outrages pendant des années, ont fini par accepter bassement son aumône. Ah ! Que la franche inimitié, même teintée de perfidie, paraît noble et rafraîchissante en comparaison de tels ralliements. Et que la trahison la plus vile paraît suave et honorable en regard de tels tripotages.

Moi même, après un premier mouvement de révolte, je me sens comme hypnotisé par ce grand cobra politique qui ondule à pleines images, du matin au soir sur tous les médias. Les occasions de vraie mélancolie sont si rares aujourd’hui. C’est à peine si je peux me souvenir des circonstances exactes qui ont entouré l’élection inouïe de cet homme venu nous secourir très utilement, un certain jour de mai 2007.
Il habitait alors sa fonction avec la rage du matelot qui s’active au service des pompes sur un navire exposé au péril de la mer. «  Je ne vous mentirai pas, je ne vous trahirai pas, je ne me déroberai pas, je vous demande votre confiance pour qu’ensemble tout devienne possible  » (j’ai recopié la phrase parce qu’elle me pénètre de consolation mieux que cent baumes du Tigre et la lecture d’une année de Charlie Hebdo réunis).
Cet homme-là semble avoir bel et bien disparu dans les profondeurs de l’océan politique, happé par cette exigence de « realpolitik » qu’il se faisait si fort de contourner. Il a cédé sa place à une marionnette sur vitaminée qui agite ses ficelles à la une des gazettes, tête de gondole des plateaux télévisés, des JT, des 20H, des déjeuners chez les Bush... Véloce comme cent guépards, cabrioleur d’une estrade l’autre, agile comme mouflon, mais plus prompt à s’emporter...

Désormais, l’actualité est devenue fiction, kaléidoscope d’émotions, peur, joie, tristesse, colère, compassion... Un grand barnum impeccablement mis en scène autour du même personnage central, Nicolas Sarkozy. Derrière lui Henri Guaino, mystagogue et grand prêtre des symboles, brandit les signes et met l’émotion « à la portée des caniches ». Au bout de la laisse présidentielle, la presse, soumise ou démise... Canards laquais (et même pas pékinois)...
Puis Claude Guéant, Mazarin et grand inquisiteur, pour arbitrer et faire respecter l’ordre dans la confrérie. Et les autres, l’évêque Fillon en tête, et ses ouailles... Les fidèles prédicateurs de la première heure... Trépignants corybantes de l’UMP... Paritaires prêtresses fardées et saboulées comme poupées Barbie... Guignes ! Et les autres encore, derrière.... Les ralliés tardifs et de tous bords... Talapoins du Siam socialiste... Marabouts du modem... Lévites et muftis... Moines maraudeurs, derviches tourneurs de toutes vestes, gyrovagues sortis du néant politique... Et mille... Et cent mille prestolets, curaillons... Toujours plus nombreux ! Pour alimenter les grand-messes, les commissions, les « hautes autorités », les Grenelles... A en déraciner des Himalayas entiers... Quelle ratichonnière ! Quelle liturgie ! Et nous ? Et la rupture ? Bordel !


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32 réactions à cet article    


  • Roland Verhille Roland Verhille 12 novembre 2007 11:40

    Tous mes compliments. Le dernier mot aurait pu être évité.


    • Argo Argo 12 novembre 2007 12:29

      Probablement, car nous avions plus besoin de rupture que de tendresse.


    • thirqual 12 novembre 2007 12:24

      « Certes, restent des entreprises courageuses tels le Grenelle de l’environnement, la fin des régimes spéciaux ou la vente de Rafale aux Marocains. »

      Savoureux.


      • tvargentine.com lerma 12 novembre 2007 12:59

        Nous avons la chance d’avoir un président ouvert sur les autres afin de moderniser la France.

        Il aura constitué un gouvernement que personne n’attendait et chaque jour qui passe ,nous améne un renouveau de la fonction de président de la République,qui se détache d’un fonction monarchiste pratiquée par le passé et qui amené ces présidents à ne plus rien comprendre des problèmes des citoyens

        Oui,nous avons la chance de vivre un grand moment d’histoire avec un grand président


        • Gazi BORAT 12 novembre 2007 16:01

          @ lerma

          « ..Oui,nous avons la chance de vivre un grand moment d’histoire avec un grand président... »

          Et oui...

          Et sous les ponts de nos cités coulent désormais des fleuves de lait et de miel.. sous la géniale direction du grand Nicolas Sarkozy, tout devient possible !

          gAZi bORAt


        • Zalka Zalka 12 novembre 2007 17:20

          Lorsque Lerma parle de Sarko, j’ai l’impression d’entendre le présentateur du 20h nord coréen parlant de Kim Jong-Il !

          Je ne suis visiblement pas le seul ! ^^


        • Argo Argo 12 novembre 2007 18:15

          @Lerma. J’admire votre foi mais permettez moi encore un exemple. Parmi d’autres. Récent (cet après midi).

          26/10/2007 : Jean-Michel Charpin, DG de l’INSEE et réputé de gauche (il avait quand même été nommé pour 5 ans en 2003 par le gouvernement Raffarin) est débarqué sans préavis avant le terme de son mandat (une première à l’INSEE). Il s’était rendu coupable en 2004 de prises de bec concernant le calcul des prix à la consommation avec Michel-Edouard Leclerc et le ministre de l’Economie de l’époque... Nicolas sarkozy. Il avait plus récemment (janvier 2007) refusé de publier l’enquête annuelle sur le chômage, basée sur un nouveau « mode de calcul » plus favorable à l’action gouvernementale, alimentant ainsi les soupçons d’intervention politique sur la statistique nationale et la colère noire du candidat UMP. Jean-Michel Charpin est remplacé par le « même pas statisticien » mais très souple Jean-Philippe Cotis.

          12/11/2007 donc aujourd’hui : L’INSEE adopte le « nouveau mode de calcul » et publie une épatante enquête annuelle, claquant un formidable taux de chômage (8,1%) qui « confirme l’action du gouvernement » comme s’empresse de le souligner Madame Lagarde. Mieux, la décrue du chômage, initialement datée de fin 2005, est à présent repoussée à mi 2006, une date qui colle mieux avec l’idée présidentielle selon laquelle Villepin n’y est pour rien.

          On apprend au passage que l’ancien mode de calcul était basé sur une « extrapolation fragile des données de l’ANPE » selon M Lollivier directeur des statistiques démographiques et sociales à l’INSEE. Bref, depuis des années on avait tout faux mais à présent on va dans le bon sens. Ouf ! Des années à s’étriper sur un chiffre fantaisiste.

          Et demain ? Aurons nous la délicate surprise d’apprendre que 90% des métros circulaient lors de la grève du 14 novembre, que le prix de l’essence est passé sous la barre de 1 euro, que le pouvoir d’achat augmente régulièrement et que 98% des Français soutiennent l’action du président quand les 2% restants ne sont qu’une « extrapolation fragile » des lecteurs du Canard Enchaîné ?

          C’est embêtant tout ça... Ces finesses, ces nuances subtiles... Lerma, j’admire votre foi ! Mais les nouveaux contours d’une presse et d’organismes (théoriquement) indépendants séparés des latrines présidentielles par une cloison chaque jour plus mince... Ce parfum préoccupant... Non ?


        • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 13 novembre 2007 07:23

          Les pires rumeurs apparaissent saugrenues, mais des gens sont tués par des météorites. Imaginez Prinzip, au café, à Sarajevo, en « 14, gueulant au garçon :  » Je vais vous en foutre, moi, des millions et des millions de morts .. !" Et ni le garçon, ni les buveurs de slivovitc ne s’inquiètent. Quand la densité de Lerma atteint un seuil critique...

          http://nouvellesociete.org/5171.html

          Pierre JC Allard


        • faxtronic faxtronic 13 novembre 2007 10:29

          Lerma : Tudieu, sarko ce nain un personnage historique !!!!!!! Waaaaaaaaaaaaaaaaaaaa..... C’est un bouffon ignare, un bruit blanc, un mouvement brownien, oui. Sarko est un con, et j’ai voté blanc au second tour.


        • Francis, agnotologue JL 12 novembre 2007 13:11

          Il y a des talents à droite, ce n’est pas ce texte me fera le nier.

          Vous écrivez Argo : «  »Et du virement de bord lof pour lof de l’impayable président Sarkozy«  ».

          Pour ma part, ce serait plutôt un empannage puisque la direction reste la même, seul le discours change. Nicolas Sarkozy ne prendra jamais le risque de naviguer contre vents ni courants dans l’univers des maîtres du monde.

          Entre l’intérêt de ses idoles et la populace, son choix est fait depuis longtemps, il est président pour ça et par ça. Dans cette affaire n’ayant aucun pouvoir ou n’en voulant pas, il applique le principe énoncé par Cocteau :

          « Ces choses là nous dépassent, feignons d’en être l’organisateur ».


          • Argo Argo 12 novembre 2007 13:37

            Je réalise en vous lisant que je me suis égaré. Soit on empanne ou on vire lof pour lof (par vent arrière) soit on vire de bord (par vent debout).

            L’expression « virement de bord lof pour lof » est donc aussi absurde que la célèbre citation d’Edgar Faure « l’immobilisme est en marche et rien ne pourra l’arrêter ».

            Mille pardons aux amateurs de voile. Même si comme disait Pierre Dac "Tout est dans tout et réciproquement.


          • Francis, agnotologue JL 12 novembre 2007 14:13

            Non non Argo, vous ne vous êtes pas trompé : virer lof pour lof signifie bien lofer mais en changeant d’amure et est équivalent à virer de bord. Un empannage n’est pas nécessairement un virement. smiley


          • Le péripate Le péripate 12 novembre 2007 13:51

            César n’attends plus que son Brutus.


            • Philou017 Philou017 12 novembre 2007 14:18

              « Tant de formidables coups de gong scandent si fort le rythme de notre actualité hexagonale qu’on ne perçoit plus grand-chose de la véritable information. Des bribes... A peine... »

              Est-il utile d’en rajouter en multipliant les articles sur Sarkosy dans Agoravox ? Parlons de la véritable information plutôt.


              • Philou017 Philou017 12 novembre 2007 14:32

                En matiere d’infos intéressantes, j’ai noté :

                Selon l’enquête de l’Observatoire national de la délinquance, près de 2 millions de Français disent avoir été agressés au cours des années 2005 et 2006.

                Mouvement étudiant : la tension monte à Nanterre

                Ségolène Royal « travaille pour être prête le moment venu »

                La Garde des Sceaux a présenté, lors d’une visite à Montpellier, la suppression de 19 tribunaux d’instance dans le sud de la France.

                Réunion du Giec à Valence pour faire le point sur le climat

                En juin 2007, le taux de chômage était de 8,1% soit un point de moins que selon l’ancienne méthode de calcul.

                Les marées noires en mer noire (sans jeu de mots) et en Californie

                Algérie : Deux millions d’Algériens nécessitent des soins psychiatriques...

                [Sommet ibero-americain] Tension entre Juan Carlos et Hugo Chavez... Ou Chavez accuse le gouvernement d’Aznar d’avoir appuyé le coup d’etat contre lui

                L’ancien diplomate Danilo Turk, soutenu par la gauche, a remporté, dimanche 11 novembre, le second tour de l’élection présidentielle slovène.

                >>> trouvées sur Google News


                • snoopy86 12 novembre 2007 14:32

                  @ l’auteur

                  C’est un régal de vous lire, particulièrement pour quelqu’un qui ayant voté Sarkozy (par défaut) partage vos interrogations.

                  Continuez d’explorer ainsi les deux sujets qui si j’en crois votre brève biographie vous intéressent le plus ; j’envie votre talent.


                  • Argo Argo 12 novembre 2007 16:45

                    Merci. Ayant moi même fantasmé/espéré/soutenu/idéalisé/auréolé/louangé, mentions à présent toutes inutiles et donc à rayer(en ce qui me concerne) Nicolas Sarkozy, je me pose effectivement pas mal de questions sur la politique intérieure.

                    Quant à la politique internationale, j’ai été sidéré par la nomination de Kouchner et ensuite par la ligne diplomatique (naturellement) adoptée, que ce soit notre position au Tchad, certains discours au Maroc ou pire ceux tout à fait belliqueux envers l’Iran...

                    Aujourd’hui, je suis épouvanté par le puzzle qui s’assemble lentement, la logique qui apparaît chaque jour plus clairement derrière chaque prise de position, chaque acte, chaque surréaction, le cap qui se dessine derrière chaque embardée présidentielle... Au bout de la route, je ne vois rien de bon.

                    C’est bien sûr un sentiment personnel et j’espère sincèrement me tromper. Mais sans être paranoaïque (pas facile dans cette république d’émotions), je préfère rester critique... Et vigilant.


                  • snoopy86 12 novembre 2007 17:18

                    Ma désillusion est curieusement inverse de la vôtre ; je n’arrive pas à trouver de logique à tout celà si ce n’est une politique de communication forcenée...

                    Et un côté « sentier, la vérité si je mens » pas trés compatible avec la dignité de la fonction.


                  • Emile Red Emile Red 12 novembre 2007 16:02

                    Joli article finement ciselé, il témoigne parfaitement de l’incurie d’Ottokar.

                    Il a du confondre France et Syldavie, ce qui me console c’est que même ses partisans commencent à découvrir la supercherie.


                    • Marsupilami Marsupilami 12 novembre 2007 16:14

                      @ L’auteur

                      Super article superbement écrit. C’est exactement ça. Quand je pense qu’au 2e tour de la présidentielle j’ai voté Ségo en espérant qu’elle ne serait pas élue tant elle est nulle, tout en flippant à l’idée que Sarko devienne président... quelle misère citoyenne. Ces temps çi je me console un peu en voyant qu’il y a pas mal de gens qui ont voté Sarko pour éviter Ségo et qui s’en mordent déjà les doigts.

                      Amis de la droite républicaine pas bling-bling, croyez en toute ma commisération, moi qui ne suis pas de votre bord...


                      • snoopy86 12 novembre 2007 16:21

                        @ Marsu

                        On ne s’en mord les doigts que quand on a voté POUR lui

                        Moi et beaucoup d’autres ont voté CONTRE l’autre et malheureusement tout laisse à penser que dans 5 ans et dans 10 il faudra recommencer...


                      • Marsupilami Marsupilami 12 novembre 2007 16:51

                        @ Snoopy86

                        J’ai écouté Ségo ce matin sur France-Inter. Une horreur d’anguillerie louvoyante et d’évitements flous. Avec Sarko on ne sait pas où on va, mais au moins c’est clair : on y va dans le tintamarre émotionnel. Ça aurait probablement été pareil si Ségo avait été élue. Pourvu qu’il ne la nomme pas premier ministre d’ouverture après les municipales ! Bon, il ne le ferait pas (il se priverait ainsi d’un superbe punching-ball et la vierge du Poitou c’est pas Million Dollars baby) et elle ne le voudrait pas vu qu’elle se perçoit comme une sainte missionnée pour faire on ne sait trop quoi de gôche...

                        On est mal.

                        Heureusement que les forêts d’automne sont toujours aussi belles et qu’elles ne sont ni de droite ni de gauche.


                      • Gazi BORAT 13 novembre 2007 08:44

                        @ marsupilami

                        « Ça aurait probablement été pareil si Ségo avait été élue... »

                        Probablement oui.. et c’est ce qui est inqiétant..

                        gAZi bORAt


                      • Francis, agnotologue JL 13 novembre 2007 09:09

                        Inquiétant mais révélateur de l’état de notre démocratie.


                      • faxtronic faxtronic 13 novembre 2007 10:32

                        a JL : pas de notre democratie, mais de la democratie en general. Il n’y a pas un seul putain de pays qui est un gouvernement intelligent, a moins d’etre un pays anecdotique, tel l’islande...


                      • Gilles Gilles 12 novembre 2007 16:51

                        A méditer

                        « Ce n’est pas forcément celui qui s’agite le plus qui commande »

                        N’a t-on pas déjà un Bush, qui lui aussi agite en tout sens et avec assiduité sa menace terroriste ? Et presque tout le monde s’accorde à dire que c’est une marionnettes manipulée par une sorte de lobby ultra conservateur et va t-en guerre.

                        Alors, Sarko n’a t-il pas lui aussi des conseillers de l’ombre, une âme damnée ? Celui qui écrit tous ces discours, celui dont l’intelligence et l’habileté est reconnue par tous ? Un homme de l’ombre, inconnu du public avant la présidentielle mais qui a bon an mal an, a déterminé toute la campagne en inventant slogans, discours emblématiques (Bercy par ex avec la stigmatisation de mai 68), thèmes à privilégier car touchant à l’émotionnel du pékin moyen peu ou pas informé ?

                        Ne serait-ce pas à cet homme qu’il faudrait aussi demander des comptes ? Car si vous courrez derrière Sarko, je peux vous jurer que jamais vous ne le rattraperez.

                        Descendez (politiquement s’entend) cet homme et l’édifice gouvernemental s’écroulera peut être. Fillon, qui le déteste à mort, en profitera pour s’affirmer violemment, Sarko perdra en autorité sans son pitbull, les ministres s’assassineront entre eux pour obtenir la place..... un gouvernement normal, quoi !


                        • Argo Argo 12 novembre 2007 18:20

                          @Lerma. J’admire votre foi mais permettez moi encore un exemple. Parmi d’autres. Récent (cet après midi).

                          26/10/2007 : Jean-Michel Charpin, DG de l’INSEE et réputé de gauche (il avait quand même été nommé pour 5 ans en 2003 par le gouvernement Raffarin) est débarqué sans préavis avant le terme de son mandat (une première à l’INSEE). Il s’était rendu coupable en 2004 de prises de bec concernant le calcul des prix à la consommation avec Michel-Edouard Leclerc et le ministre de l’Economie de l’époque... Nicolas sarkozy. Il avait plus récemment (janvier 2007) refusé de publier l’enquête annuelle sur le chômage, basée sur un nouveau « mode de calcul » plus favorable à l’action gouvernementale, alimentant ainsi les soupçons d’intervention politique sur la statistique nationale et la colère noire du candidat UMP. Jean-Michel Charpin est remplacé par le « même pas statisticien » mais très souple Jean-Philippe Cotis.

                          12/11/2007 donc aujourd’hui : L’INSEE adopte le « nouveau mode de calcul » et publie une épatante enquête annuelle, claquant un formidable taux de chômage (8,1%) qui « confirme l’action du gouvernement » comme s’empresse de le souligner Madame Lagarde. Mieux, la décrue du chômage, initialement datée de fin 2005, est à présent repoussée à mi 2006, une date qui colle mieux avec l’idée présidentielle selon laquelle Villepin n’y est pour rien.

                          On apprend au passage que l’ancien mode de calcul était basé sur une « extrapolation fragile des données de l’ANPE » selon M Lollivier directeur des statistiques démographiques et sociales à l’INSEE. Bref, depuis des années on avait tout faux mais à présent on va dans le bon sens. Ouf ! Des années à s’étriper sur un chiffre fantaisiste.

                          Et demain ? Aurons nous la délicate surprise d’apprendre que 90% des métros circulaient lors de la grève du 14 novembre, que le prix de l’essence est passé sous la barre de 1 euro, que le pouvoir d’achat augmente régulièrement et que 98% des Français soutiennent l’action du président quand les 2% restants ne sont qu’une « extrapolation fragile » des lecteurs du Canard Enchaîné ?

                          C’est embêtant tout ça... Ces finesses, ces nuances subtiles... Lerma, j’admire votre foi ! Mais les nouveaux contours d’une presse et d’organismes (théoriquement) indépendants séparés des latrines présidentielles par une cloison chaque jour plus mince... Ce parfum préoccupant...Non ?


                          • ric la bouse 12 novembre 2007 18:38

                            Courage , il vous reste plus que 4 ans 1/2 à discuter de nicolas sarkosy alimentant la seule chose que ce gars maitrise à mort : la communication

                            < s’allume un gros bedot >

                            t’es le meilleur nicolas ! tu les as tous nickés


                            • grangeoisi grangeoisi 12 novembre 2007 19:03

                               smiley pour y aller de mon grain de sel (marin) le virement lof pour lof est un empannage contrôlé ( enfin le plus souvent mais à partir de force 8 sur un petit croiseur on contrôle... ce qu’on peut).

                              Ce virement et cette appellation faisait principalement partie des manoeuvres et du vocabulaire de la marine en bois, les allures de près n’étant guère usitées, joyeuse époque où l’on se fendait la gueule à grand coup de bôme, sinon de hache d’abordage.

                              Très bon article mais hélas on commence à rire jaune aussi.


                              • Francis, agnotologue JL 12 novembre 2007 20:18

                                Grangeoisi vous avez raison. Le Merrien précise : « virer lof pour lof de façon que le mouvement d’arriver, continué, devienne lofer, donc faire passer le vent par son arrière en empannant ».

                                lofer : rapprocher l’étrave du lit du vent.

                                On emploie cette technique quand on fait du près mais que l’on ne peut ou ne veut pas virer de bord vent devant. Je ne voulais pas faire étalage de science mais rebondir sur la métaphore d’Argo pour dire :

                                «  » Pour ma part, ce serait plutôt un empannage puisque la direction reste la même, seul le discours change. Nicolas Sarkozy ne prendra jamais le risque de naviguer contre vents ni courants dans l’univers des maîtres du monde«  ».


                              • La Taverne des Poètes 12 novembre 2007 19:34

                                Et la poésie ? Bordel de merde !


                                • Mohammed MADJOUR (Dit Arezki MADJOUR) Mohammed 13 novembre 2007 17:12

                                  @L’Auteur

                                  En classe, quand un élève persiste dans les mauvaises notes mais ne décourage pas pour autant l’instituteur, ce dernier l’encourage par la mention « Peut mieux faire » !

                                  Sarkozy ne peut mieux faire, il peut tout au moins « mieux dire » si cela doit rassurer certains ; tous les experts de la République sont à l’œuvre pour apprendre à Nicolas l’Art de la désinformation ! On peut avoir la parlotte facile mais le geste utile impossible, c’est en l’occurrence le cas de Sarkozy ! Ce n’est pas ce que le sorcier Chirac appelait l’immobilisme car on gesticule sans arrêt, on tourne en rond, on bavarde, on se montre un peu trop pour mieux se dissimuler !

                                  Parachuté au sommet de l’Etat par une coalition obscure qui amalgame les hommes et les idées, il échappe ainsi à l’influence de la base populaire !

                                  La rupture a donc eu lieu, l’Etat français s’est métamorphosé en un système politique libre de tout engagement, il croit et fait croire qu’il avait sauvé la Nation française de son « étroit » nationalisme en 2001 ; il se débarrasse librement de son opposition et de ses opposants en diabolisant certains et en dévaluant les autres, l’UMP est un système totalitaire qui avait enterré les derniers espoirs démocratiques !

                                  Sarkozy ne peut mieux faire !

                                  MOHAMMED.

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