Françafrique : Toumba, bras armé de la France en Guinée ?
Aboubacar Sidiki Diakité dit « Toumba » éclaire enfin notre lanterne. En effet, le 03 novembre dernier, tout était flou. Aujourd’hui donc, sur RFI (Radio France Internationale) il s’explique sur les tristes évènements qui ont eu lieu à Conakry, capitale de la Guinée où, il a tenté de mettre fin aux jours du chef de la junte au pouvoir, Moussa “Dadis” Camara, président du CNDD (Conseil national pour la démocratie et le développement). Actuellement en soin à Rabat au Maroc, sa santé semble-t-il, s’améliore. Les premiers communiqués parlaient d’une blessure à la tête. Son agresseur, très courageux, parle d’une blessure à la nuque. Ce qui montre bien qu’il a eu le toupet de tirer sur un homme qui était de dos, une lâcheté incroyable. Il reste donc, de nombreuses questions en suspens. La France accuse la junte de propager un sentiment anti-français en Guinée mais, qui cache Toumba ? Qui se cache derrière le massacre du 28 septembre ? Pourquoi accuse-t-il Moussa “Dadis” Camara ?

Qui cache Toumba ?
Une véritable chasse à l’homme est organisée mais, le lieutenant et ex aide de camp du chef de la junte guinéenne est introuvable. Ses fidèles ont été éradiqués. Ses proches embastillés. Tout porte donc à croire qu’il se cache dans une mission diplomatique, sachant que ces dernières bénéficient de l’extraterritorialité. Visiblement, il ne parle qu’aux médias français. Etonnant, disent les fidèles de Moussa "Dadis" Camara. N’y a-t-il pas là des soupçons justifiés de la part de la junte qui pense qu’il est certainement dans l’Ambassade française en attendant éventuellement son exfiltration vers...la France ? Comment ne pas croire en cette assertion vu les charges contre ce régime par la bouche du gaffeur en chef selon L’Express, Bernard Kouchner, choisi par ses pairs d’ailleurs pour être incontrôlable ? Quant à Alain Joyandet, ses mots aussi ne sont pas là pour rassurer. On a plutôt l’impression qu’il souhaite que Moussa "Dadis" Camara reste au Maroc et que le pouvoir change de main.
Qui se cache derrière le massacre du 28 septembre ?
Le 28 septembre 2009, l’opposition guinéenne organisait contre l’avis du pouvoir en place, une manifestation d’envergure au stade de Conakry. Là, il n’y a pas vraiment de doute possible, quelque chose de grave s’est passé, avec le massacre de plus de 150 civils. "C’est probablement une grande puissance avec l’aval des pays africains qui a financé les opposants, malgré le jeu de bons offices exercés par le Burkina Faso de Blaise Compaoré". C’est ce que pensent les membres de la junte qui soupçonne en filigrane, la France. Dans son entretien hier sur RFI, Toumba Diakité affirme qu’il n’est pas l’instigateur ou l’organisateur de la répression du stade contre l’opposition. Selon lui, ce sont les Bérets rouges, l’armée, la police, la gendarmerie ainsi que des centaines de jeunes éléments infiltrés parmi les manifestants sur ordre du chef de la junte qui sont auteurs du massacre. Étrangement, il précise que ce sont ses adjoints qui ont mené les opérations à son insu. Difficilement crédible comme propos.
Pourquoi accuse-t-il Moussa "Dadis" Camara ?
Il aurait été retourné par les autorités françaises qui veulent la tête de Moussa "Dadis" Camara et ne s’en cacheraient même pas. Apparemment donc, il fait le jeu de la Françafrique et de l’opposition guinéenne. En accusant le leader de la junte, il rejoint l’avis de l’opposition alors qu’en réalité, sa présence au stade ne fait pas de doute. Pour lui, ne pouvant nier ce fait, il argue qu’il n’était que là pour sauver les....leaders de l’opposition que voulait tuer les Bérets rouges. Un mensonge à peine voilé dans la mesure où, si c’était effectivement le cas, son chef allait simplement le désavouer depuis des lustres. En réalité, il se croyait à l’abri. Mais, lorsque le chef de la junte accepta qu’il y ait une enquête indépendante, sa crainte fut visible. Est-ce que, tuer Moussa "Dadis" Camara allait le sauver ? Apparemment, non.
(Crédits photo/AFP)
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