Il n’y aura jamais de rêve chinois, faute de rêveurs

C’est en lisant cet article de Valérie Niquet, qui est à la connaissance de la Chine ce que le hamburger est à la gastronomie française, que je me suis posé cette question : « Comment des gens apparemment instruits, ce qui certes ne veut pas dire intelligents, peuvent-ils tenir des discours aussi affligeants par leur franchouillardise souvent poussée à son paroxysme.
Dans le cas de Valérie Niquet, il ne s’agit que de se donner une raison d’exister au travers de son emploi de chercheur qui ne trouve jamais rien et qui donc interprète pour être dans le sens du vent, mais il en est tout autrement d’une partie de l’opinion publique. Il suffit en effet de lire les divers commentaires suivant les articles quotidiens sur la Chine pour constater un sentiment souvent caché pour des raisons de convenances et qui se dénomme racisme. Si la xénophobie est un élément commun à pratiquement chaque nation, il ne peut être employé dans ce cas, car bien en dessous de ce que révèlent ces divers écrits. Si j’emploie ce mot de racisme, c’est en pleine connaissance de son sens premier, celui-ci mettant en avant la supériorité supposée d’une origine raciale sur une autre.
Si certains pensent que ce sentiment courant, et largement entretenu durant des siècles a disparu de par la simple volonté d’un humanisme de façade, ils se trompent lourdement. Les Français et d’autres peuples ont encore dans leur sein ce gène colonialiste qui leur fait penser qu’ils sont la race élue, naissant en ayant acquis durant leur gestation le savoir lui-même hérité par leurs parents. Si vous désirez constater par vous-mêmes ces faits, il vous suffit de vous rendre sur certains blogs ou sites et vous y lirez à quelque chose près sur la Chine les mêmes discours à connotation racistes que ceux qui étaient tenus par les adeptes d’une race africaine sous-développée et que nous occidentaux devions éduquer tout en se servant au passage pour ces services rendus.
Manque d’innovation, pauvreté chronique, manque d’intelligence constructive, hygiène douteuse tels sont les principaux griefs faits par la race supérieure blanche qui a passé le plus clair de son temps à piller les autres nations, à leur faire la guerre, à ramener de ces lieux lointains de quoi nourrir leur population. L’alphabet, les chiffres, le maïs, la pomme de terre, le compas, la boussole et tant d’autres sont ces bases qui ont ensuite servi à faire des nations dites aujourd’hui développées ce qu’elles sont, mais qui en seraient très loin sans ce pillage en règle. Même nos musées ne sont que le reflet de cette organisation criminelle qui a régné durant des siècles visant à ramener d’ailleurs ce que les autres populations avaient comme joyaux. Il est dès lors facile de s’enorgueillir d’une certaine culture tout en faisant abstraction de son histoire la plus noire, ne mettant en lumière que les aspects positifs. Même la religion, ou plutôt surtout la religion, a été l’instrument de ces débarquements guerriers dans des contrées dont les peuples ne demandaient rien, sinon à vivre en paix.
La France et ses DOM-TOM a réellement bonne mine de venir donner des leçons de morale a posteriori à la Chine, les « Tibet » français étant devenus de nos jours des destinations touristiques privilégiées pour colonialistes en mal d’un passé révolu. Que sont devenues les langues, les cultures de ses autochtones ? Rien, si ce n’est ce que le continent en a fait, à coup de subventions visant à assumer sa présence devenue indispensable après avoir ruiné toute économie locale.
Certains Français, et ce, dans toutes les couches sociales ou professionnelles, ont toujours eu du mal à accepter qu’un ancien serviteur réussisse à se hisser au dessus de la moyenne qui leur a été imposée, et c’est ce phénomène qui s’applique aujourd’hui à la Chine. Tant que ce pays était considéré comme une réserve humaine de main d’œuvre à bas coût, tout allait pour le mieux. Nous avions même en France dans les années 70 des adeptes du régime dur de Mao, alors que le peuple crevait de faim. On était alors maoïste par effet de mode comme l’on est antichinois aujourd’hui. Le pire, ou le plus amusant, c’est que les plus virulents de ceux-ci sont dans bien des cas les mêmes qui ne trouvaient que des bons côtés dans la révolution culturelle et qui rêvaient de l’importer dans leur propre pays.
Que la Chine soit un atelier pour le monde ou un réservoir visant à écouler les produits que les Occidentaux ne peuvent plus se payer, cela passe sans problème. Pas question par contre que ce pays évolue par lui-même, surtout au travers d’un système politique ou économique différent de celui qui nous a été imposé de force. Que les US inventent la présence d’ armes de destruction massive en Irak, qu’il nous fasse part de leur crainte d’un Iran nucléarisé en ayant pour objectif d’aller y faire la seule chose qu’ils savent faire soit la guerre, cela passe très bien. On sait en effet qu’en bout de ligne quelques miettes économiques seront « généreusement » distribuées, poursuivant ainsi un plan Marshall datant d’après la Seconde Guerre mondiale. Par contre, qu’un pays comme la Chine tente de rendre son peuple plus heureux tout en étant moins dépendant des occidentaux, cela est inacceptable de la part de cette race autrefois supérieure.
En ayant perdu bien de sa force à trop se regarder le nombril, cette position a de plus empêché bon nombre d’Occidentaux de voir que l’époque colonialiste était définitivement terminée. Plutôt que de lutter économiquement sur le même terrain, il est donc de bon ton de dénigrer, de se moquer, telle cette bourgeoisie sur le déclin s’amusait de voir le peuple descendre dans les rues lors de la révolution de 1789. Dans bien des cas, ce sont leurs descendants qui ont collaboré avec l’occupant nazi avant de devenir de farouches résistants fin 1945. Ce sont aujourd’hui leurs enfants idéologiques que l’on trouve aux premiers rangs des antichinois primates, tentant de faire vivre encore un instant cette flamme raciste que l’on cache parfois derrière un paravent donné par une éducation.
S’il y a eu un rêve américain à une époque où beaucoup de choses allaient déjà mal en Europe, il n’y aura sans doute jamais de rêve chinois. La raison principale réside sans doute dans le fait qu’il ne s’agit pas, ou plus, d’échafauder l’espoir de coloniser la Chine, mais d’affronter un concurrent ou de faire sa place dans ce pays en se battant, ce qui paraît difficile pour certains qui n’ont jamais eu à livrer la moindre bataille dans leur vie.
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