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Accueil du site > Tribune Libre > Industrie automobile : quelle stratégie pour la décennie à venir (...)

Industrie automobile : quelle stratégie pour la décennie à venir ?

Le salon de Genève du mois de mars est un des grands rendez-vous mondial de l'évolution de l'automobile. Il permet de faire le point sur les choix des constructeurs face aux incertitudes de l'avenir.

 Certains ont choisi de continuer de creuser le sillon de l'automobile classique en travaillant son image (Citroën par exemple), d'autres misent sur le tout électrique (Renault), Toyota développant son concept de voiture hybride. En ses temps d'incertitudes, chacun se garde bien de trancher entre différentes stratégies, conscient des inconvénients de chacune d'entre elles.

Or, ce qui manque le plus aux constructeurs, c'est une démarche marketing globale qui dépasse le concept séculaire de "voiture individuelle". A l'heure de la crise économique et du développement des systèmes d'auto-partage et de co-voiturage, il faut revoir le système fordiste où un particulier achète une voiture à essence et se débrouille avec.

La voiture de demain devra répondre à quatre caractéristiques :

-elle sera hybride, pour utiliser la souplesse et les avantages des différentes énergies, pour utiliser l'énergie cinétique perdue dans le freinage et les descentes.

-elle sera électrique, c'est la meilleure démarche pour la très grande majorité des trajets courts et intra-urbains. Mais son rayon d'action, en propulsion électrique, sera limité à une trentaine de kilomètres, pour des vitesses ne dépassant pas les 50km/h, elle ne sera pas utilisé dans les montées. Au-delà de ces limites, le poids et le coût des batteries explosent.

-elle utilisera le moteur à explosion pour les autres types de trajets mais un moteur à explosion utilisant comme carburant le gaz. En effet, c'est le seul carburant qui ne dépend pas des hydrocarbures et qui peut être produit à partir des surplus électriques. C'est donc le carburant de l'avenir alors que les prix à la pompe des carburants d'origine fossile sont condamnés à augmenter dans les années à venir.

-elle sera vendue sous la forme classique de l'achat individuel mais sera surtout commercialisé sous la forme de stations collectives en partage local. Comment cela fonctionne-t-il ? Deux voisins, ou les membres d'un copropriété, s'engagent sur une station d'accueil et signent un contrat de leasing. Le constructeur leur fournit le-ou les véhicules-, les bornes de recharge électrique, et un système internet de gestion et de réservation des voitures.

Le constructeur ne vend plus une voiture, avec le risque de voir l'acheteur aller voir ailleurs, il vend un système global, reste propriétaire des véhicules, mais fidèlise ses clients.

Le client profite de véhicules, sans avoir à gèrer le coûteux entretien de sa propre voiture, il peut récupérer les voitures de sa station d'accueil mais aussi, ponctuellement, celle d'une autre station du même constructeur. La seule contrainte sera de ramener à la station de départ le véhicule (ou un véhicule équivalent).

Les pouvoirs publics seront gagnants en favorisant ce concept qui limitera les problèmes de stationnement et de pollution. Le constructeur, restant propriétaire, devra entièrement recycler les constituants de son véhicule. Il limitera ainsi ses achats de matériaux. Il aura aussi intérêt à sa fiabilité et limitera ainsi ses coûts d'entretien.

Les stations collectives auront des formes très différentes. Il pourra s'agir de deux voisins à la retraite préférant partager un seul véhicule. Cela pourra être une copropriété dont les habitants décident de partager deux ou ... dix voitures. le concept pourra alors comprendre des véhicules de types différents (2 places pour les déplacements courants, 4 places pour les autres, gros monoespace pour les déplacements exceptionnels). Dans cette situation, on pourra adjoindre à la station d'accueil, une centrale à énergie, équipée, par exemple, d'une pile à combustible pour restituer l'électricité aux véhicules.

Il pourra aussi s'agir de stations municipales en auto-partage sur le modèle des systèmes vélib' ouvert alors à tous les usagers.

La réservation se fera par téléphone portable 3G ou par internet, l'usager ayant une tracabilité et une transparence, en temps réel, du coût et de l'entretien du véhicule qu'il utilise.

 Les constructeurs qui auront fait les premiers ces choix industriels et marketing seront les gagnants à terme de la compétition automobile entre industriels du secteur. 


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13 réactions à cet article    


  • jymb 13 mars 2012 12:16

    Elle sera surtout....non achetée 


    - Une voiture neuve coûte très cher en dehors des produits d’appel et du low-cost
    - Investir pour l’instrument de notre pressurage ( radars, péages, parkings à prix exorbitants, essence au prix du Shalimar, bouchonnage organisé etc ) quel intérêt ? 
    - Les constructeurs, notamment français, n’ont pas dit un mot lorsque la folie répressive s’est abattue sur les français, espérant bien continuer à leur fourguer quand même leurs produits en multipliant les spots de pubs. Tant pis pour eux. 
    -De sous traitance en revente de chassis, moteurs ou accessoires, délocalisations, fusions une marque automobile ne signifie plus rien sauf un logo de com’

    Résistons, gardons notre vieille charrette

    • musashi 13 mars 2012 13:18

      La voiture de demain effectivement, hybride ou tout éclectique et surtout connectée. 


      • focalix focalix 13 mars 2012 13:49

        La voiture de nos enfants sera :

        - Electrique.
        - Le plus souvent à deux places.
        - Conçue pour les petits trajets. Une autonomie de 100 km devrait suffire.
        - En vente, en location, en copropriété.

        Et surtout, entièrement automatique. Elle n’aura ni volant, ni commande d’accélération ou de freinage.
        L’utilisateur programmera le lieu de destination, et la voiture le conduira automatiquement. Pour des longs trajets, elle mettra la voiture sur un plateau ferroviaire sans intervention manuelle. Un très jeune (12 ans), un aveugle, un nonagénaire pourront l’utiliser.

        Toutes les technologies nécessaires à ce système existent aujourd’hui.
        Les problèmes de poids, de coût et d’autonomie des batteries se résolvent progressivement.
        Finis les hydrocarbures qui puent, et d’ailleurs il y en aura de moins en moins.
        La vitesse, on s’en tape. Pas besoin d’aller à 100 km/heure pour faire un trajet de 15 km ou rejoindre la prochaine gare.


        • PapaDop PapaDop 13 mars 2012 14:13

          Et d’ou viendrait toute cette électricité Focalix ?


        • focalix focalix 14 mars 2012 12:48

          « Et d’ou viendrait toute cette électricité ? »
          A cette bonne question, je vais tenter d’apporter quelques bonnes réponses :

          1 - Réponses de Normand :

          Et d’où vient l’énergie qui permet à tout un chacun (ou presque) de déplacer 1500 kg de ferraille à 180 km/heure ?
          Et comment vivent les Etats-Uniens avec 80% d’électricité non-nucléaire, contre 26% seulement en France ?

          2 - Réponse plus construite :
          Les énergies renouvelables : le vent, les marées, la biosphère, l’eau des montagnes.

          3 - Réponse plus technique et surtout plus politique :
          Le photovoltaïque et la maison autosuffisante : celle qui tirera du soleil assez d’énergie pour s’éclairer, faire fonctionner les différents outils électriques, se chauffer les fesses et charger la batterie de la voiture électrique. Déplacer un véhicule de 500 kg à 50 km/heure requiert moins d’énergie que déplacer un véhicule de 1500 kg disons à 130 (physiciens et aérodynamiciens smiley, à vos calculs.
          Nous savons aujourd’hui construire une telle maison. Encore cher, mais l’abaissement des coûts est une question de temps.
          Nous savons également, depuis un bon quart de siècle, faire voler des avions avec la seule énergie solaire.

          J’insiste sur le troisième point.

          Pour y parvenir, il faut foutre sur le cul :
          - les puissances industrielles qui contrôlent l’énergie.
          Ces puissances auront du mal à admettre que l’on puisse directement tirer son énergie du soleil sans dépendre de leurs centrales, câbles, pylones, transfos, compteurs.
          On connaît la capacité de nuisance du lobby nucléaire.
          Après Tchernobyl et Fukushima, ils n’ont pas encore voulu comprendre. Il faudra encore leur expliquer, avec une pédagogie encore plus couillue.
          - le dogme libéral.
          Ce merveilleux système qui établit l’équilibre entre l’offre et de la demande par l’intermédiaire du marché nous a conduits au désastre.
          Sachant que les ressources de la planète sont limitées, l’accumulation de richesses pour une infime minorité ne peut pas être illimitée. On aboutit à la situation actuelle, à savoir que la vie de quelques milliards de gens dépend de quelques milliers d’individus. Pour ne donner qu’un exemple, pour maintenir les prix des médicaments, on fait l’impasse sur la santé des habitants des pays les plus pauvres.

          Pour en revenir à la voiture, le XXème siècle aura été celui de la bagnole, le XXIème siècle sera je l’espère celui du transport intelligent.
          Petit rappel historique, la première voiture à avoir atteint la vitesse de 100 km/heure, en 1899, était électrique.


        • PapaDop PapaDop 14 mars 2012 13:01

          C’est ce que je voulais vous entendre dire ,entre autres ;

           Le photovoltaïque demande des matières premières qui s épuisent comme le pétrole et toutes les matières tirée du sol .

          Ces matières ont une quantité finie ,notre croissance et exponentielle .

          Houton nous avons un problème ...


        • HELIOS HELIOS 13 mars 2012 15:55

          hmmmmmm, interressant.... mais ce scenario n’arrivera JAMAIS !!!

          1) le cadre Vehicule Personnel

          Pourquoi cela n’arrivera jamais ? parce que tout le monde n’est pas parisien, mais surtout, surtout, c’est que le concept de « voiture individuelle » n’est pas partageable.

          Qu’est-ce qui fait qu’une voiture est individuelle ?

          - C’est qu’elle vous attend devant votre porte, a la maison... et pas une autre.
          - Que, lorsque vous vous deplacez, elle restera la ou vous la laissez, au plus pres, pour continuer ou rentrer ensuite.
          - Qu’elle contient dans son coffre et quelquefois à l’interieur, un tas de chose personnelle que vous souhaitez y voir.
          - Que vous decidez vous même de son entretien, de la maniere dont vous la traitez... bref de ce que vous en faites

          ... et qu’enfin, elle est a vous, c’est la votre, vous l’avez choisie, son modele, sa couleur, elle a votre odeur et vous vous connaissez ses usages, ses defauts etc.... et vous n’etes pas partageur.


          • HELIOS HELIOS 13 mars 2012 16:07

            Suite :

            2) le cadre Technique

            A l’evidence, le meilleur compromis de fonctionnement d’un vehicule est l’electricite.

            Aujourd’hui, nous nous heurtons a un probleme evident de stockage de l’energie electrique, alors nous tentons de creer des vehicules plus ou moins hybrides, a essences, diesel, gaz etc, peu importe la souce d’energie complementaire.

            Il est fort probable qu’un jour, le compromis Capacité/Poids des batteries sera plus favorable en regard des usages et surtout des infrastructures de rechargement ou de regeneration... a moins que n’apparaisse une source d’electricité acceptable et terme de cout et de securité embarquable dans un vehicule - je ne pense pas a l’hydrogene specialement, ni a des unités nucleaires de tres petites tailles - mais il existe d’autres options physiques actuellement laissées sur le coté.


            TOUS les autres elements cités dans l’article sont des details independants du concept d’automobile, comme le nombre de place, la connectivité par exemple, et bien entendu la conduite automatique citée pour nous faire peur. Ce dernier point restera encore tres longtemps soumis a la volonté du conducteur, même si par ailleurs de nombreux elements d’assistances vont voir le jour, ou, pour ceux qui existent deja, se generaliser.


          • HELIOS HELIOS 13 mars 2012 16:22

            Suite ...

            3) le cadre administratif ou legal

            Comme pour internet, la periode de grace va passer.

            Nous le voyons deja avec les reglementations qui tendent d’une part a forcer la circulation, non pas pour l’interet du deplacement mais pour le seul objet d’ordonancement administratif - donc restriction de la liberté individuelle -

            Nous le voyons aussi dans l’approche technique des vehicules, avec une reglementation techique orientée vers la commercialisation a outrance plutòt que le respect des ressources naturelles et des coûts de fabrication, de maintenance - donc gaspillage -

            Nous le voyons enfin par l’activisme de certains, associations ou particuliers, qui rêvent d’appliquer et d’imposer aux autres leur perception - obligatoirement contextuelle - qui sous de fallacieux pretextes tentent de faire croire au bienfait direct ou indirect de la depersonnalisation des vehicules, des deplacements et de cet element fondamental qu’est la decision personnelle - donc dictature de la pensée -

            Tout cela fait que la pression contre le vehicule individuel va se renforcer creant un rejet et une radicalisation citoyenne en faveur de l’automobile, car comme je l’ai ecrit plus haut, tout le monde n’est pas parisien, et l’effort collectif pour que le niveau d’acceptation du deplacement en commun n’atteindra jamais la qualité de service et de confort d’une voiture personnelle. ( ne revez pas, le meilleurs des bus ne vaut pas les sieges avachis de ma voiture a moi)

            Pour tuer la voiture individuelle, il faut l’interdire et cela n’arrivera JAMAIS - du moins je l’esper e- car nous serions en une dictature des plus dures jamais connue.


          • HELIOS HELIOS 13 mars 2012 16:25

            Enfin ....

            Une strategie pour la decennie á venir :

            Favoriser la voiture individuelle dans le respect de tous...

            Par une etude serieuse des déplacements, une amelioration des axes, un assouplissement des reglementations techinques (hors securite), une recherche effective sur les energies etc... il y a du travail.

            Bonne soirée a tous


          • carolucem 13 mars 2012 16:35

            La voiture de demain aurait été comme vous dites si la croissance avait continué... Or nos politiques preferent verser des milliards aux milliardaires, par le truchement de la fameuse dette, plutot que de nous donner du pouvoir d’achat et du niveau de vie. 

            La voiture de demain devra donc etre bon marché, et facile a entretenir, donc simple. Regardez l’explosion des ventes de Dacia. Elle devra aussi etre capable d’avaler les nids poules qui se multiplient depuis que l’etat et les régions jouent a qui paiera le moins. 
             La pollution c’est un souci de riche ! Dans le 1/3 monde on roule avec des vieilles Mercedes ou des vieilles jap, ou des jap neuves faites spécialement pour. 
             Une 504 qui consomme 4L / 100km voila l’avenir ! 
             

            • velosolex velosolex 13 mars 2012 18:53

              Vive la voiture à pédales !


              • Ptetmai 13 mars 2012 20:26

                Au bout des voitures électriques, il y a une centrale nucléaire


                Si nos irresponsables politiques l’avaient imposé, les voitures de Monsieur Toutlemonde consommeraient moins depuis longtemps

                Mais ça rapporte très gros la TIPP

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